Mémorial d’Amiens, 14 janvier
LE SECOND EMPIRE
occupée, sous l’influence d’une paix assurée pour toujours. Or, la guerre d’Orient survenait au printemps de cette année calamiteuse l.
Tandis que les préparatifs militaires se font, d’un bout à l’autre de l’Empire, avec une activité à laquelle le pays et l’administration concourent sans relâche, les Amiénois donnent aux démonstrations patriotiques éclatant de toutes parts un assentiment qui se traduit par la plus éloquente des manifestations : celle qui ouvre les bourses pour venir en aide à nos soldats de l’armée de Crimée 2.
Le 18 août 1855, la reine d’Angleterre, se rendant à Paris, s’arrête quelques instants à Amiens. Les notabilités de la ville et du département, ainsi que trois cents dames, qui avaient été admises sur les quais de la gare, reçoivent la souveraine avec enthousiasme. M. Allart célèbre, dans les paroles de bienvenue qu’il lui adresse, « la noble et martiale alliance cimentée par le sang de nos soldats », ainsi que « l’étendard victorieux des bataillons amis qui, précédés des trophées remportés à l’Alma et à Inkermann, ne tarderont point à flotter sur les murs de Sébastopol, rappelant au monde entier qu’on ne viole pas impunément les lois de la justice et de l’humanité 3. »
Quelques jours après, les événements justifiaient le langage prophétique du maire d’Amiens. La prise de Sébastopol couronnait les efforts de nos armes et provoquait dans la ville les réjouissances et les illuminations, expression ordinaire de l’allégresse publique.