‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 166 sur 197 · La guerre de 1870-71 Villers-Bretonneux, p. 30. Testelin · texte numérisé non relu

La guerre de 1870-71 Villers-Bretonneux, p. 30. Testelin

télégraphiait, le 13 novembre, à Gambetta : « Lardière, notre excellent

préfet de la Somme, vient de proposer à Bourbaki une expédition impor-

tante et facile. S’il ne l’a pas exécutée d’ici quarante-huit heures, il sera

jugé. Je viendrai à Tours m’expliquer sur l’état du Nord, où l'on ne fait

rien et où l’on pourrait faire beaucoup. »

aisément raison du général Briant, après avoir battu le général Farre.

M. Henry Daussy a exposé les opérations exécutées par les armées française et prussienne sur la ligne de la Somme avec une exactitude et une précision auxquelles les officiers les plus distingués se sont plus à rendre justice. M. Daussy s’est attaché à démontrer que la campagne de l’armée du Nord n’a point été l’épisode le moins émouvant du combat inégal dans lequel la France, surprise par la soudaineté de revers sans exemple et abattue du premier choc, se releva, mutilée mais encore fière, un tronçon d’épée à la main, pour recommencer la lutte, étonner l’ennemi et forcer son admiration.

L’ordre de concentrer les troupes dans la vallée de la Somme fut donné le 21. Elles se mirent en marche le 22 l.

La brigade Derroja fut établie, partie dans la vallée de l’Avre jusqu’à Boves et Fouencamps, partie dans la vallée de l’Hallue, à Querrieu, Pont-Noyelles, Daours, et le surplus dans une position intermédiaire sur la Somme, à Saint- Acheul, Gagny, Longueau, Gamon, Lamotte-Brebière, Glisy, Blangy.

La brigade du Bessol occupa Corbie, Villers-Bretonneux, Gentelles, Cachy.

La brigade Lecointe formait réserve à Amiens où elle arriva le 23. La ville était couverte, au Sud, par le 2e bataillon de la Marne, à Poix ; le 1er bataillon de marche du 2e chasseurs, à Quevauvillers ; le 4e bataillon des mobiles de la Somme, à Dury, Hébécourt, Sains, Saint-Fuscien, Bumigny.

La division de cavalerie prussienne, chargée d’éclairer entre Péronne et Amiens, poussait des reconnaissances à travers le Santerre. Le 14e lanciers atteignit, le 22, le village

1. La guerre de 1870-7 1 Villers-Bretonneux , pp. 69, 70, 71. Composition et emplacements des troupes du 22e corps d’armée au 26 novembre.

de Beaucoup et quelques cavaliers s’avançant jusqu’au bois de Gentelles, situé à douze kilomètres d’Amiens, connurent l’arrivée de l’armée du Nord dans ces parages. Manteuffel attendait ce renseignement pour accomplir les instructions d’après lesquelles il devait s’opposer à la jonction du général Farre et du général Briant, s’emparer d’Amiens, puis marcher sur Rouen. Le 23 il dictait les ordres que voici :

Le 8e corps (von Gœben) se trouvera le 25 à Montdidier et aux environs et se reliera, par des détachements de cavalerie cantonnés à Saint-Just, Breteuil et Marseille-le- Petit, aux troupes qui occupent Clermont et Beauvais.

Le Ier corps, dans le commandement duquel le général von Bentheim venait de remplacer Manteuffel appelé à diriger l’ensemble des opérations, s’échelonnera de Roye à Noyon, ayant son quartier général à Montdidier.

La troisième division de cavalerie (von der Grœben) occupera llam, éclairera le pays du côté de Péronne et de Saint-Quentin dans la direction d’Amiens et s’efforcera de couper les voies ferrées autour de cette ville L

La soudaine apparition des uhlans dans ces contrées, où Ton se souvenait encore des cosaques de 1815, produisit un indicible effroi. Dès le 23, quelques-uns furent attaqués par une compagnie de francs-tireurs embusqués à Yillersaux-Erables. Le lendemain, une reconnaissance offensive, partie de Villers-Bretonneux avant le jour et que le colonel du Bessol menait en personne rencontra, à la sortie de

1, La guerre franco-allemande de 1870-7 1 , rédigée par la section historique du grand Etat-Major prussien . Traduction par le chef d’escadron Costa de Serda. Paris, Dumaine, 1878. 14e livraison, p. 5G0. — Voir : L. Faidherbe. Campagne de l’armée du Nord en 1 870-187 1 . Paris, Dentu, 1872. — Pierre Lehautcourt. Campagne du Nord en 1870-187 1 . Histoire de la défense nationale dans le Nord de la France. Paris et Limoges, Lâvauzélle, 1888. — Carl Bleibtreu. Amiens, Saint-Quentin. Stuttgard. Cari Krabbe.

Démuin, une avant-garde prussienne qu’elle refoula dans Mézières où un engagement très meurtrier se termina par la déroute de l’ennemi.

Protégé par des avant-postes disposés sur la rive gauche de la Luce, le front de déploiement des Prussiens s’étendait sur une ligne presque parallèle à la Somme, d’Essertaux à Ailly-sur-Noye, Moreuil, Mézières et Rosières.

Il suffit de mettre en regard la composition des armées en présence pour être frappé de l’inégalité excessive de la lutte qui allait s’engager :

Du côté des Prussiens : 50 bataillons, 32 escadrons, 29 batteries d’artillerie ; une infanterie solide, une cavalerie d’élite, une artillerie formidable, des officiers connus de leurs troupes, exerçant sur le soldat le double ascendant de la confiance et du commandement ï.

Du côté des Français : 22 bataillons, 2 escadrons, 7 batteries d’artillerie; des régiments de formation toute récente, sans esprit de corps; des armes insuffisantes, des uniformes disparates, des officiers échappés de Sedan, que le soldat ne connaissait pas, ou improvisés, et qui lui étaient suspects 2 !

La journée du 23 amena une première rencontre, près du Quesnel, entre une colonne ennemie et quelques francstireurs. Celle du 24 fut signalée par un combat autour de Mézières ; celle du 26 par un second plus important entre Gentelles et Fouencamps.

Ces engagements, prélude de l’action générale prochaine, entraînèrent une modification notable dans l’ordre de bataille des Français. La brigade Lecointe, rappelée d’Amiens, vint renforcer la brigade du Bessol, entre Gentelles et la rivière d’Avre; la brigade Derroja se porta sur Boves et Fouencamps. Deux escadrons de cavalerie, les seuls que nous

\ . la guerre franco-allemande par le grand Etat-Major prussien.

Suppl, xcviu.

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