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La guerre de 1870-71 Villers-Bretonneux, p

avions, tenaient le passage de la Somme, à Corbie. A la première alerte, le général Paulze d’Ivoy masserait les troupes de la garnison d’Amiens derrière les retranchements dont nous avons parlé.

Amiens tremble pour sa sécurité. M. Lardière télégraphie au général Farre :

« Votre présence est indispensable. 11 faut de l’unité dans le commandement et nous ne l’avons pas en ce moment. L’ennemi avance et peut attaquer la ville dès demain L »

Le général en chef arriva le 25. Il fut généralement reconnu que le dispositif adopté par lui,deVillers-Bretonneux au Pont-de-Metz, sur une étendue de 25 kilomètres, était hors de proportion avec le nombre d’hommes dont il disposait, mais que faire dans l’impossibilité où il se trouvait, devant l’offensive des Prussiens, de choisir le moment et le lieu de l’inévitable rencontre? Il avait le triple devoir de défendre Amiens, de maintenir, en gardant Corbie, la clef de la voie ferrée d’Amiens à Arras, c’est-à-dire notre ligne de retraite, de maintenir la communication avec Rouen et le reste de la France !

Le général Manteuffel commanda la marche en avant le dimanche 27 au matin, afin de resserrer le front de ses troupes et de se rapprocher de nos positions. Il pensait n’attaquer que le lundi. Ce fut contrairement à ses prévisions que s’engagea la longue ligne de bataille faite des quatre combats de Villers-Bretonneux, de Cachy-Gentelles, de Boves et de Dury qui constituent la bataille d’Amiens.

On avait eu la précaution de couper tous les ponts de la Somme. Le passage entre Corbie et Péronne était gardé.

1. La guerre de 1810-71 Villers-Bretonneux , p. 49. — Daussy.

La ligne de la Somme , p. 4G.

La lutte ne pouvait donc s’engager, de ce côté, qu’entre la Somme et l’Avre.

Les premières clartés du jour trouvèrent les Français sous les armes. Le général Farre, instruit des mouvements des Prussiens, avait effectivement donné l’ordre de barrer les routes qui convergent vers Amiens L Le colonel du Bessol avec sa brigade était chargé d’arrêter l’ennemi, soit qu’il arrivât par la route de Péronne sur Villers-Bretonrieux, soit qu’il arrivât par la route de Roye sur Gentelles. La brigade Derroja devait occuper la position importante de Boves, qui commande la route de Montdidier et le chemin de fer de Paris, au débouché de la vallée de l’Avre dans celle de la Somme. Derroja devait encore relier sa droite aux retranchements d’Amiens.

Une brume froide et épaisse enveloppait la campagne lorsque nos bataillons s’ébranlèrent. Sur le visage des soldats, la plupart novices aux choses de la guerre, apparaissait une mobilité fiévreuse qui trahissait l’inquiétude 2. Cette mobilité des physionomies préoccupait les chefs et les rassurait à la fois : chez des hommes trop impressionnables pour garder leur sang-froid, elle pouvait se changer sous le feu en enthousiasme ou en panique et faire de ces masses inexpérimentées des bandes de fuyards ou des bataillons de héros ! Ils furent des héros !

L’évolution de l’armée prussienne commença vers l’Est. Il était dix heures du matin et le brouillard se dissipait. Bentheim, quittant les cantonnements du Quesnel et de Bouchoir, s’avança dans l’intention d’occuper les positions de la rive droite de la Luce entre Thésy et Démuin. Il trouva les bois de Domart et de Hangard occupés par les Français. Dans la crainte d’une attaque contre le flanc droit de ses

d. Daussy. La ligne de la Somme, pp. 57 et suiv.

2. L. Gensoul. Un bataillon de mobiles pendant la guerre de 1870-71. Nîmes, Jouve, 1879, p. 15.

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Histoire de la Ville d’Amiens au xixc siècle.

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