‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 168 sur 197 · DOL TL LE N S P A3 ARH AS · texte numérisé non relu

DOL TL LE N S P A3 ARH AS

Théâtre des opérations militaires autour de la Ville d’Amiens.

LfâERT PÈRONNE ST QUENTIN ROSIÈRES HAM ROYE

‘la guerre de 1870-1871.

troupes, il dévia quelque peu de sa direction et s’éloigna du 8e corps, dont l’extrême droite avait pour objectif le village de Fouencamps, occasionnant ainsi une trouée au centre des deux fractions de son armée qui ne reprirent pas le contact de toute la journée.

Bentheim avait ordonné à l’avant-garde de prendre position entre Marcelcave et Gentelles. Son aile gauche débouche donc sur Gentelles, après s’être emparée du bois de Domart, mais elle se voit repoussée par le 20e bataillon de chasseurs et par un bataillon du 43e de ligne, renforcés d’une partie de la brigade Lecointe. Cachy est incendié par les obus prussiens. Chassées de Gentelles, nos troupes y rentrent bientôt, mais le brave commandant Roslin périt dans la mêlée L

Tout l’effort de l’aile droite prussienne se porte entre le bois de Morgemont et Villers-Bretonneux. Il y a là, près de la ligne du chemin de fer de Tergnier, un épaulement et, un peu plus loin, des buttes de déblai autour desquelles on se bat avec rage. Ces positions, cinq fois prises et reprises, deux fois enlevées à la baïonnette dans un furieux corps à corps par les soldats du colonel du Bessol, demeurent finalement à l’ennemi à la chute du jour.

Les Français épuisés avaient manqué de cartouches, leur artillerie s’était trouvée réduite au silence ; le brave du Bessol, grièvement blessé, avait dû quitter le champ de bataille. Quelques détachements d’infanterie de marine défendirent encore les rues de Villers-Bretonneux que les Prussiens ne tardèrent point à occuper, tandis que les nôtres battaient en retraite sur Corbie et sur Amiens1 2.

Pendant que le 1er corps prussien se heurtait à une résis-

1. J. -B. Jouancoux. Souvenirs du combat de Cachy (27 novembre 1870). Amiens, T. Jeunet, 1871.

2. La guerre franco-allemande par le grand Etat-Major prussien,

14e livraison, pp. 566 et suiv. — Pécourt. Relation du combat de Villers- Bretonneux. Chez l’auteur, à Villers-Bretonneux, s. d.

lance opiniâtre, sur la rive droite de l’Avre, le 8e n’éprouvait pas des difficultés moindres sur la rive gauche. Entre les deux, dans la trouée pratiquée le matin par la marche divergente de Bentheim, Manteuffel suit les péripéties de la double action, d’abord placé à la hauteur de Thennes, puis au sud de Gentelles, réduit à échelonner les cavaliers de son escorte sur les routes, afin d’entretenir une liaison peu efficace entre les deux corps d’armée.

Le général von Gœben avait prescrit à la 1 oe division (von Kummer) de masser une de ses brigades entre Fouencamps et Estrées et l’autre dans le village de Sains. La 16e division (von Barnekow) devait occuper la zone limitée au nord par Bumigny et Plachy, avec faculté de s’étendre jusqu’à Dury, suivant les circonstances. Un détachement latéral était chargéde couvrir le flanc gauche du côtéde Conty. L’artillerie était cantonnée à Grattepanche et à Oresmaux L

Conformément à ces ordres, la brigade von Strubberg, de la quinzième division, marchait sur Fouencamps et la brigade von Bock sur Sains, quand une compagnie, lancée en exploration au delà de Fouencamps, se trouva en présence des bataillons français qui occupaient le Paraclet et les bois environnants. Une batterie d’artillerie aussitôt installée sur la hauteur, entre Thésy et Cottenchy, obligea ces derniers à se replier sur Boves.

Attentif au bruit du canon qui gronde, von Bock, comprenant que von Strubberg rencontre quelque obstacle, s’empresse de le rejoindre. Leurs forces réunies enlèvent aisément les ruines très dominantes situées à la lisière sud du village de Boves et, vigoureusement attaqués par deux batteries, les troupes de la brigade Derroja s’enfuient dans la direction d’Amiens 1 2.

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