‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 17 sur 197 · Arch. nat. AF IV. Plaquette 854. N · texte numérisé non relu

Arch. nat. AF IV. Plaquette 854. N

4. Arch. mun. Délib. du conseil municipal du 28 germinal an XIII (18 avril 1805).

Les fortifications de la ville contiennent 4,396 ares 92 centiares, divisés en trois portions :

1° Les parties de remparts cédées en exécution du décret impérial du 26 brumaire an XII, et d’autres dépendances précédemment accordées à la ville, sont de 2,042 ares 82 centiares.

2° Celles à acquérir sont de 1,852 ares 52 centiares.

3° Celles accensées à divers particuliers sont de 501 ares 58 centiares.

LE CONSULAT A VIE

L’ancien régime scolaire, frappé aux sources mêmes de son existence, avait été profondément atteint. « Du milieu des décombres révolutionnaires, sous lesquels elle resta longtemps ensevelie avec les institutions dégénérées de la monarchie, l’instruction publique ne fit d’abord pour se relever que des efforts impuissants. Sa tardive et laborieuse renaissance ne fut ensuite signalée que par des essais informes et par une marche toujours incertaine. » Ainsi parlait Nicolas Quinette, le jour de l’inauguration du lycée d’Amiens b Cette constatation, émanant d’un personnage non suspect d’hostilité préconçue pour l’œuvre de la Révolution, appelle quelques détails rétrospectifs.

L’enseignement primaire et l’enseignement secondaire existaient, avant 1789, sur des bases sérieuses. Les enfants appartenant à la classe aisée recevaient l’instruction primaire : les garçons, chez des maîtres d’école placés sous la surveillance de la municipalité; les filles, dans les pensionnats des dames Ursulines et des sœurs de la Providence. Les enfants pauvres étaient reçus gratuitement dans les écoles de charité dirigées par les frères de la Doctrine chrétienne ou par les sœurs de la Providence2. Quant à l’enseignement secondaire, si le collège, réorganisé après la dispersion de la Compagnie de Jésus, n’avait pas retrouvé la prospérité d’autrefois, il subsistait en dépit de vicissitudes diverses, et le bureau d’administration chargé de le diriger se préoccupait de réaliser des innovations qui l’auraient peutêtre vivifié 3.

1. Procès-verbal de U installât ion du lycée d'Amiens. Imp. Maisnel fils, 1806.

2. Darsy. Répertoire et appendice des histoires locales de Picardie. Les écoles et collèges du diocèse d'Amiens, pp. 182 et suiv.

3. S. Lenel. Histoire du collège d’Amiens , 1219-1795. Amiens, Impr. Yvert et Tellier, 1904, pp. 145 et suiv.

L’Assemblée nationale constituante porta un premier coup funeste à l’organisation scolaire par l’abolition des dîmes, qui formaient l’une des principales ressources de la dotation des collèges et des écoles (13 août 1789). La Constitution civile du clergé (12-26 juillet 1790) et l’obligation du serment civique, étendue à tous les citoyens en fonction dans les établissements d’instruction publique jetèrent la perturbation parmi les professeurs et les maîtres d’école (15-17 avril 1791). Vinrent ensuite la dispersion des congrégations religieuses et la confiscation de leurs biens (18 août 1792), enfin la mainmise, au profit de la Nation, sur la dotation de tous les établissements d’enseignement (mars 1793).

En résumé, le collège ruiné et privé de ses professeurs les plus distingués b les communautés religieuses ruinées et dispersées, les écoles de charité laïcisées au profit d’un personnel enseignant recruté par un comité municipal très zélé 2, mais incapable de lui procurer les moyens d’existence, telle était la situation faite à notre régime scolaire, lorsque la loi du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) fut promulguée. Cette loi régla le sort des maîtres de l’enseignement primaire et institua des écoles centrales d’enseignement secondaire. Elle n’accordait à l’instituteur d’autre traitement que la rétribution scolaire consentie par les familles avec le droit au logement, et encore à la condition d’instruire gratuitement le cinquième des élèves.

Le collège moribond, — le mot est de son historien — banni depuis quelques mois de son antique demeure transformée en prison, fit place à l’école centrale, inaugurée le 26 pluviôse an IV (15 février 1796), dans les bâtiments de la ci-devant abbaye de Saint-Jean. Des professeurs, qui

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