Ephémérides picardes. 7 avril
b. Ibidem à cette date.
ï/empire.
succès, et qu’après les triomphes les revers pourraient venir. Le peuple, saturé de gloire, se montrait avide rie repos. Une hostilité sourde se manifestait. Bien que le Journal de la Somme', le seul que le décret du 3 août 1810 eût autorisé dans le département, dût s’abstenir de politique et même de littérature, l’opinion publique se montrait moins docile. Le collège électoral départemental venait de s’assembler sous la présidence du comte de Ségur, grand maître des cérémonies de la Cour impériale, afin de désigner deux candidats au corps législatif. Ses votes impliquaient un blâme à l’adresse du gouvernement, coupable de gaspiller le sang et l’argent de la France.
Deux anciens émigrés étaient élus : Antoine Joseph Le Marchand de Gomicourt, président du bureau des finances de la généralité d’Amiens avant 1789, et Charles François de Galonné, qui avait fait à l’armée de Condé les campagnes de 1794 et de 1795
Malgré ou peut-être en raison de cet acte d’indépendance, le collège départemental délégua plusieurs de ses membres afin de porter à l’Empereur l’assurance de son dévouement. Alexandre de Gomer, maire de Quevauvillers, parlant en leur nom, exprima le souhait que « les désirs de Sa Majesté fussent bientôt remplis par la naissance d’un prince que l’antique cité des Césars réclamait comme leur successeur1 2 3».
Le prince naquit un mois après et reçut le titre fastueux
1. Le Journal de la Somme parut après le décret du 3 août 1810 qui instituait un seul journal dans chaque département. C’était une feuille d’annonces « ne pouvant contenir aucun article de nouvelles politiques ou de littérature ». Impr. Maisnel fils, rue Saint-Jacques, 67. Abonnement : 10 francs. Paraît une fois par semaine.
2. Moniteur universel. 26 janvier et 26 février 1811, pp. 103, 222. — Le Marchand de Gomicourt fut choisi par l’Empereur pour compléter la députation de la Somme.