Ibidem w Délib. des 3, 4, 5 octobre
l’empire.
saye signale presque partout en France, à la fin de l’Empire j. La misère qui accable les Amiénois, les contributions qui les ruinent, l’absence des membres de leurs familles chaque jour exposés à la mort devant l’ennemi, les ont préparés à toutes les résignations1 2.
Deux lignes, tracées durant ces jours de deuil, expliquent la désaffection pour le régime impérial : « le commerce est dans un état de stagnation comme on n’a jamais vu. Il se prépare une misère effroyable, si Dieu n’arrête le fléau dévastateur de la guerre 3. »
Cependant, le général d’Aigremont et le général Avisse, qui commande le département de l’Oise, combinent une action commune afin de soustraire le pays à l’oppression de Geissmar. Des troupes, parties de Beauvais et d’Amiens, devaient se rencontrer en vue de Montdidier, à une heure dite, cerner l’ennemi, puis l’exterminer. Un détachement du 5e régiment de lanciers, avec quelques tirailleurs de la jeune garde, en ce moment en garnison à Amiens, partent le 24 mars, de grand matin 4.
Appelés par le tocsin à prendre part à l’expédition, nombre de paysans grossissent la petite troupe, chemin faisant. Trois heures sonnaient quand elle parvint sous les murs de Montdidier, seule, hélas ! Le général Avisse manquait au rendez-vous ! 600 cosaques, immédiatement avertis par les sentinelles des avant-postes, se ruent sur les français et la fusillade s’engage très nourrie. Non habitués au feu, terrifiés par les décharges d’un canon que les envahisseurs traînent à leur suite, les paysans lâchent pied et les