Arch. du greffe de la Cour d’ Appel. Cour prévôtale
2. Vaulabelle. Histoire des deux restaurations. T. IV, p. 230 et Dusevel. Les hommes illustres du département , T. I, p. 260.
3. Ephémérides picardes. — Arch. mun. D2 Corresp. 1815-1816, p. 74. 18 mars 1816. Le maire au commandant de la garde nationale : « La destruction de différents objets portant les emblèmes du gouvernement usurpateur aura lieu le 20 de ce mois sur la place de Périgord, suivant
les ordres du préfet Je vous prie de donner des ordres pour qu’un
détachement de la garde nationale s’y trouve. ». — p. 97 v°. 19 avril 1816. Le maire au préfet : « Je vous adresse le mémoire des frais relatifs au brûlement des emblèmes du gouvernement usurpateur, qui a eu lieu le 20 mars. »
4. Arch. mun. Délib. du 27 mai 1811 visant le décret impérial du 17 mai 1809.
LOUIS XVIII
L’occasion se présentait (Je reprendre l’osier (vimen) qui décore nos plus anciens blasons connus et auquel le caprice ou la négligence d’uri graveur du xvim? siècle avait substitué le lierre, qui n’est nullement en harmonie avec l’antique devise : Liliis lenaci vimine jungor1 . 11 suffisait de se reporter à l’ordonnance rendue le 5 février 1700, « par Mri les Com-. missaires généraux députez sur le fait des armoiries ». Ils avaient remis les choses au point 2.
Le conseil municipal sollicita, très à la légère, la concession du blason qu’un usage invétéré avait fait prévaloir, et le conseil du sceau consacra officiellement l’erreur héraldique (17 février 1816). Il est vrai que si le lierre ne répond pas comme l’osier au sens véritable de la devise, son symbolisme est le même.
Le Roi acceptait les institutions administratives établies par la Révolution et retrempées dans la constitution de l’an VIII. Le département resta ce qu’il était ; de même notre municipalité. On supprima simplement la sous-préfecture de l’arrondissement d’Amiens, rouage inutile, dont M. Adéodat Jourdain de Thieulloy a été le dernier titulaire.
Si les Rourbons ont encouru le reproche de faire la part trop large à la noblesse, dans le recrutement des fonctions publiques, ce n’est point à Amiens. En demandant au haut commerce la plupart des conseillers municipaux et les maires de grand mérite que furent MM. Antoine Dargent et Nicolas Daveluy, ils sanctionnèrent la suprématie munici-
1. Histoire de la ville d’Amiens. T. I, p. 430 et T. II, p. 68. Le lierre, en pied et touffu, figure pour la première fois sur les 2,G00 jetons envoyés de Paris à Amiens, en 1586. Le même coin, légèrement modifié, servit sous Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. En 1614 apparait une simple branche de lierre avec feuilles larges et fort accentuées. La devise ne varie jamais.
2. Armorial général de France. Registre coté Picardie. Généralité d’Amiens.
pale de la bourgeoisie, que les siècles avaient consacrée. Le vicomte Blin de Bourdon, successeur du baron Morgan de Belloy, n’administra la ville que quinze mois (13 mai 1846-27 août 1817). Pendant le court espace de temps que dura sa mairie, ce gentilhomme, à peine âgé de trente-trois ans, se trouva aux prises avec des difficultés qui mirent en relief les qualités précieuses qui lui valurent de devenir, dans la suite, le chef du parti royaliste et l’un des hommes politiques importants du département.
Des pluies continuelles avaient retardé la moisson, qui n’était pas achevée à la fin d’octobre 1816. Les semailles subirent un retard considérable, et, le pain renchérissant de jour en jour, l’hiver s’annonçait terrible pour les indigents. Dix mille pauvres trouvèrent, dans les ressources de la prévoyance et de l’activité bienfaisante de M. Blin de Bourdon, un adoucissement à leur misère. Alimentés par des souscriptions sans cesse renouvelées \ les secours du bureau de bienfaisance ne tarirent jamais et, lorsque le Roi eût appelé Blin de Bourdon à des fonctions incompatibles avec la mairie, le conseil municipal lui exprima publiquement la reconnaissance de la ville pour le zèle qu’il avait déployé au cours d’une administration pleine d’écueils1 2. Antoine Dargent le remplaça.
1. Arch. du bureau de bienfaisance D3 n° 1. Corresp. 1813-1819. Nos 917 et 976. — Arch. mun. D2 Corresp. 1816-1817, p. 191. Le maire au préfet, 3 mai 1817. « Nous comptons plus de dix mille pauvres auxquels il faut ajouter tous les ouvriers employés dans les ateliers qui, malgré le travail le plus opiniâtre ne peuvent se procurer, ainsi qu’à leur famille, l’alimentation nécessaire à leur subsistance. »