Arch. mun. Délib. du 9 janvier
LOUIS XVIII
La chambre des députés des Cent-Jours s’était évanouie avec le régime qui lui avait donné naissance. L’ordonnance royale du 13 juillet 1815 convoqua les collèges électoraux. Chacun des collèges d’arrondissement eut à nommer un nombre de candidats égal au nombre des députés attribués au département : six pour le département de la Somme. Il y eut donc vingt-quatre élus du premier degré, parmi lesquels le collège départemental choisit MM. d’IIardivillers, Blin de Bourdon, Roux-Laborie, Cornet d’incourt, Le Marchand de Gomicourt, Morgan de Belloy L
Partout les opérations électorales avaient été dominées par la réaction contre l’Empereur, que l’on rendait responsable des humiliations de la Patrie vaincue et envahie. Il en résulta une Chambre tellement unie par le sentiment royaliste que Louis XVIII l’a surnommée la Chambre introuvable. Dans son dévouement plus sincère qu’éclairé à la cause des Bourbons, elle parut réagir de parti pris contre les concessions inscrites dans la Charte. Le Roi dut la dissoudre (5 septembre 1816), et l’ordonnance de dissolution ayant diminué la représentation nationale d’un tiers, les nouvelles élections ne ramenèrent au Palais Bourbon que quatre de nos députés sortants: MM. d’IIardivillers, Le Marchand de Gomicourt, Cornet d’incourt, Morgan de Belloy 1 2.
De grandes luttes parlementaires ont marqué les années 1817, 1818, 1819, et ces luttes avaient leur répercussion jusque dans Amiens. Le préfet de la Somme s’alarme « des progrès rapides du libéralisme avec tout ce qu’il amène de présages affligeants pour le Roi, sa famille et son gouver-
1. Moniteur universel, 13 juillet, 28 août, 22 septembre 1815.