‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 60 sur 197 · Arch. de la Chambre de Commerce. État de 1825 précité · texte numérisé non relu

Arch. de la Chambre de Commerce. État de 1825 précité

étranger, issu de famille lorraine, M. Eugène Gosserat, dont le' renom industriel devait remplir le siècle, qui l’introduisit, en 1833, d’abord dans un petit tissage de l’impasse des Passementiers, rue Fontaine, puis dans l’atelier plus important qu’il fonda, petite rue des Augustins (rue Cardon), en s’associant à M. Ponche-Bellet F

Enclins à exagérer le respect des traditions et rattachement aux vieilles coutumes, nos compatriotes accueillaient avec méfiance les réformes et les innovations qu’une longue expérience n’avait pas consacrées. Ainsi repoussèrent-ils tout d’abord la vapeur comme force motrice. Trois machines à vapeur existaient, en 1825, dans le département ; la première en date, forte de dix chevaux, venue d’Angleterre, actionnait un tissage à Abbeville ; la seconde, modèle Edwarts, de Paris, faisait mouvoir un moulin à huile, à Ham, et la troisième, construite par Gazalis et Cordier, de Saint-Quentin, un moulin à farine, à Péronne. A Amiens, on redoutait les explosions et les conséquences qu’elles pouvaient entraîner 1 2.

Une enquête commerciale datant des premières années du règne de Louis-Philippe donne l’état exact des produits de la manufacture pratiquée d’après les vieilles coutumes et avant l’avènement du machinisme moderne. Cette enquête, qui offre un grand intérêt, permet de mesurer le progrès réalisé de 1814 à 1834.

La valeur des 180,000 pièces de tissus expédiées annuellement était alors de 39,155,000 francs, y compris 1,100,000 francs représentant la valeur de la teinture, des apprêts, des impressions des articles provenant de Reims,

1. Note de M. Adéodat Lefebvre, membre de la Chambre de Commerce, dont les souvenirs nous ont facilité la rédaction de ces pages.

2. Arch. de la Chambre de Commerce. Réponse à la circulaire (n° 17) du ministre de l’intérieur. — Fabrication et usage des machines en France. — 6 septembre 1825.

Amiens a l’époque de la iiESf auration.

de Roubaix de Mouy et de Beauvais l. Environ cent cinquante négociants et fabricants se partageaient le trafic des marchandises et parmi ces derniers quelques-uns étaient obligés d’acheter en dehors de leur fabrication afin de compléter les assortiments qu’on leur demandait.

Les velours de coton passaient en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Belgique et, pour un cinquième, en Espagne. Les alépines allaient en Angleterre, aux États-Unis, au Mexique. La majeure partie des escots ou mérinos étaient utilisés en France par les femmes des classes moyennes et les personnes en deuil.

Le transport de ces marchandises s’opérait par eau ou

1. Enquête commerciale de 183A. État général de l’ensemble de la fabrication avec la valeur sur le prix d’expédition publié dans Le Glaneur ,

nos des 6, 13, 20 décembre 1834.

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