‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 61 sur 197 · pièces tiretaine · texte numérisé non relu

pièces tiretaine

300 pièces pannes, peluches (poil de chèvre) . . 75,000

2,400 pièces velours d’Utrecht pour meubles . . . 840,000

Teintures, apprêts, impressions et béné-

fices sur les 5 millions 1/2 d’articles de Beauvais, Nancy, Roubaix, Reims, etc., que le commerce d’Amiens achète en écru 1,100,000

39,135,000 fr.

182,400 pièces

par voie de terre. Le roulage ordinaire parcourait huit lieues en une journée et coûtait 0 fr. 80 de la tonne et de la lieue. Le roulage accéléré coûtait le double, mais franchissait en trente heures la distance d’Amiens à Paris. Un service régulier de gribanes — bateaux halés par des hommes et souvent par des chevaux — reliait Amiens au port de Saint- Valéry, où des navires de tous les pays déchargeaient, à destination de nos entrepôts et de nos magasins, les denrées les plus variées en échange de cargaisons entières de tissus pour l’exportation h

1. Exposé du projet de loi relatif au chemin de fer. Session du Conseil général du département de la Somme de 1832, pp. 5 et 6.

Arch. de la Chambre de Commerce. Aperçu de l’état de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, dans le département de la Somme, au mois de novembre 1835. — Mouvement du port de Saint-Valéry en 1835 :

Exportations : Cargaisons entières d’étoffes d’Abbeville, d’Amiens, de Beauvais, de Reims et de Sedan. Commerce actif avec Marseille d’où venaient des bâtiments chargés d’huile d’olive, de savon, de parfumerie, de sirops, de liqueurs, de coton, de liège en planches et en bouchons, de poissons marinés, de droguerie, d’épicerie.

Importations : d’ Angleterre : Alun de roche, colle de poisson, colle forte, indigo, piment, poivre, bois de teinture en bûches et moulu, charbons de terre, cornes à lanternes, étain, fer-blanc, fer en tôle, graines de jardin, litharge, mine de plomb, plomb en saumon, potasse, riz, huiles de poisson de baleine rouge et blonde, meubles à taillandiers, cotons et laines.

De Hollande : Acier non ouvré, azur, bois de teinture en bûches et moulu, cordes, forces à tondre, colle de poisson, colle forte et claire, cotons et laines, droguerie, épicerie, fer en verge, fromages, graine de lin, garance, huiles de poisson et de baleine rouge ou blonde, huile de lin, indigo, laines non filées, poivre, quincaillerie et mercerie, sumac, plumes à écrire, papiers, ratines, draps, étoffes et bonneterie de laine, graines de jardin, poil de chèvre.

D'Espagne : Eaux-de-vie, laines non filées, soude, vins.

Des quatre villes hanséatiques : Planches de sapin, jambons, eaux-devie de Dantzig, bière, potasse, cire jaune, fer, bonneterie de laine.

De Suède, de Russie, de Norwège, de Danemarck : Planches de sapin,

La statistique établit que la grande manufacture avait la très large part dans la richesse publique. Elle n’était pas la seule. Indépendamment de cent métiers divers qui lui apportent leur contingent par une série d’efforts limités ruais continus, le marché hebdomadaire des fils de chanvre et des toiles communes provenant en grande partie du canton de Chaulnes, les blanchisseries de Boves, la fonderie de cloches de M. Cavillier, la mégisserie et la tannerie, ont leur part dans la prospérité générale. Les moulins installés autour de la ville, que l’on appelait « moulins à bois rouge », à l’instar de ceux qui existent en Hollande, pour effiler et moudre les bois de teinture, ont fourni, pendant longtemps, à Paris et à la France entière, des bois du Brésil, de Sandal ou Santal et de Calliatour, sans autre concurrence que celle des Hollandais. Encore maintenant (1825) 1 et bien que Bouen se soit emparé de cette industrie, Amiens en fait un commerce considérable. Nos teinturiers ont donc le grand avantage de la préparation sur place d’une partie des matières tinctoriales et de la fabrication également sur place de l’huile de vitriol (acide sulfurique) depuis la fondation de l’usine des produits chimiques qui existe encore actuellement au quartier Saint-Roch.

Amiens produisait beaucoup et pouvait produire beaucoup plus. C’était la ville laborieuse par excellence. Cependant, tandis que, dans les départements voisins, la manufacture

brai, goudron, fers en barres et ronds, graines de lin et de chanvre.

De Gênes et de Port-Maurice : Huile d’olive, oranges, citrons, savon, cuivre.

Des États-Unis d’Amérique : Planches de sapin, fanons de baleines, brai sec, cafés, cuirs de bœuf secs et en poils, douves pour barils, graine de lin, goudron, huiles de poisson, indigo, potasse, pelleteries, riz, tabac en feuilles.

Du Portugal: Citrons, oranges, liège en planches, sumac, vins.

Page 1