‹ Histoire de la ville d'AmiensChapitre 65 sur 197 · Sentinelle picarde, 13 décembre · texte numérisé non relu

Sentinelle picarde, 13 décembre

Amiens a l’époque de la restauration. 185

hospitalier complet, en avance même sur beaucoup d’autres villes, car Amiens, qui s’était signalé de tout temps par l’admirable réglementation de la charité, s’efforçait d’appliquer ces traditions aux nécessités de la vie moderne.

L’Hôtel-Dieu s’ouvre aux malades et aux blessés; l’Hôpital général de Saint-Charles aux vieillards âgés de plus de soixante-dix ans, aux orphelins de moins de quinze ans et aux enfants trouvés.

Le revenu annuel de l’Hôtel-Dieu, calculé sur une moyenne de dix années (1813-1824), est de 140,901 francs, le revenu de l’Hôpital général de 156,739 francs1 2. A l’Hôtel- Dieu, les 283 lits ne refroidissent pour ainsi dire jamais. Le mouvement des entrées est de 2,721 malades, année ordinaire, et la durée moyenne de séjour de 27 jours (27 ?.

Encore qu’il soit situé au centre d’un quartier où la misère et les émanations malsaines sont en permanence, la mortalité y est moindre de moitié que dans les hôpitaux de Paris 3.

Les documents se rapportant aux premières années du siècle font une triste peinture de l’extérieur des constructions et de l’aménagement des salles qui étaient mal pavées, mal chauffées, l’hiver, par des poêles brûlant de la tourbe, mal closes par des fenêtres dont les châssis laissaient filtrer la neige. « Un Hôtel-Dieu ne devrait pas être une maison funèbre, espèce de prison qui inspire l’épouvante », écrit un inspecteur de l’assistance publique après avoir

1. Arch. du Bureau de bienfaisance. Reg. aux délib. du Conseil de charité. D1 4. Etat sommaire des recettes faites pour les hospices d’Amiens.

2. Arch. des Hospices. E. 107. Liasse 3e, lre pièce. Compte d’administration 1827-28. — Il y avait alors cinq salles pour les hommes civils et militaires (191 lits), une salle pour les femmes (76 lits), une salle pour la maternité (16 lits).

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