Arch. mun. Délib. du 10 octobre
4. Boucher de Perthes. Sous dix rois. Souvenirs de 1791 à 1860. Abbeville. Impr. Briez. T. IV, p. 367,
Les circonstances donnaient donc à la révolution de 1830 le caractère d’une revanche contre la religion, et l’Eglise semblait vaincue au même titre que la vieille monarchie. De là ce déchaînement de vengeance et de fureur qui caractérise le nouvel état de choses. On ne veut plus de manifestations extérieures du culte ; par conséquent plus de processions L Afin de soustraire le calvaire de la mission, « monument de la domination jésuitique », aux profanateurs qui s’apprêtent à le renverser, la municipalité, d’accord avec l’évêché, le fait transporter à la Cathédrale, la nuit et sous bonne escorte On s’indigne d’entendre encore <t monseigneuriser » l’évêque d’Amiens 1 2 3, et les accusations les plus mensongères trouvent créance contre un prélat également distingué par son esprit aimable, par ses inclinations généreuses et qui, pendant les rigueurs excessives de l’hiver précédent, avait contribué par son influence et de généreux sacrifices à alléger le sort des pauvres.
Louis-Philippe vint à Amiens le 24 mai 1831. Le prince, qui arrivait du château d’Eu, sa résidence favorite, fut reçu à la porte de la Hotoie par le maire et le conseil municipal, et se rendit à cheval à l’hôtel de la préfecture, en suivant la rue de la Hotoie, la place Saint-Firmin, la rue au Lin, la rue des Chaudronniers, le Grand Marché, la rue Saint- Martin, la place Saint-Martin, la rue des Sergents, la place Périgord et la rue des Rabuissons. Le duc d’Orléans et le duc de Nemours l’accompagnaient, ainsi que le maréchal Soult, ministre de la guerre, le maréchal Gérard et le général de Rumigny. Les rues étaient pavoisées. « Sur son passage se pressait une population qui faisait éclater sa joie par des vœux que le Roi accueillait avec une véritable bonté » 4.