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Sentinelle picarde, i*r mai

4. Ephémérides picardes , 24 et 23 mai 1831. — Revue du Roi. Vue de

LOUIS-PHILIPPE

Les mêmes acclamations avaient retenti sur le passage de Louis XVII I et de Charles X... Le programme d’une entrée royale ne varie pas : autre régime, mêmes ovations!

Louis-Philippe reçut à sa table un certain nombre de notabilités choisies dans la magistrature, parmi les fabricants, les commerçants et les officiers de la garde nationale. Il y eut, le lendemain, une brillante revue des régiments de la garnison et des gardes nationales du département composant un effectif total de 20,000 hommes et de 4,700 chevaux. Le soleil était radieux. Après avoir parcouru le front des troupes échelonnées sur les boulevards, depuis la Voirie jusqu’au Port d’Aval, le Roi et l’état-major prirent place sous la tente qui avait été dressée sur le bastion de Longueville. Des détachements de toutes les armes s’avancèrent au pied de l’estrade pour recevoir les drapeaux :

« Soldats, dit le maréchal Soult, après avoir prononcé la formule du serment, -soldats, vous jurez obéissance au Roi des Français, à la charte et aux lois du royaume. Vous jurez de verser votre sang pour la défense de ces drapeaux qui vous sont confiés ; vous jurez de les maintenir toujours dans le sentier de l’honneur et de la victoire! Vous le jurez! »

« Nous le jurons! ? répondirent les otïiciers et les soldats.

Le défilé s’effectua au milieu d’acclamations enthousiastes. Les parades militaires impressionnent toujours. Celle du 25 mai 1831 a fait époque. La note gaie ne manquait pas et l’on se souvint longtemps du spectacle divertissant que présentaient certains miliciens de village exhibant, pour la circonstance, des casques et des costumes grotesques. L’allure guerrière que les Amiénois avaient conservée jusqu’en 1789, en souvenir de la milice bourgeoise, et que les mobilisations continuelles avaient accentuée pendant la

la rue Royale au moment où les troupes défilent devant Sa Majesté Louis- Philippe, le 25 mai 1831 à Amiens. Lith. de A. Leprince à Amiens.

Révolution et l’Empire, tendait d’ailleurs à disparaître. Après 1830, et malgré la réorganisation de la loi du 21 mars 1831 \ cette allure se perdit de plus en plus; ce qui n’empêcha pas notre garde nationale, amie de l’ordre, de demeurer l’appui des gens de bien et la terreur des factieux.

Pendant son séjour à Amiens, Louis-Philippe se montra prodigue de paroles de paix et d’espérance. A la manufacture en souffrance depuis les derniers événements, il apparaît a comme l’ange tutélaire qui annonce un avenir meilleur », et le peuple facilement crédule accorde sa confiance « à ce roi qu’on lui représente comme étant le sien »

Le roi quitta Amiens le 26 mai dans la matinée, pour retourner à Saint*Cloud. Il nous a fait voir, observe l’annaliste contemporain « qu’il n’était pas roi par la grâce de Dieu, ne s’étant pas rendu comme ses prédécesseurs, les rois de France, à la cathédrale, le jour de son arrivée, ni le lendemain, ni le jour de son départ » 1 2 3.

1. La Garde nationale se composa de quatre bataillons, un par canton, d’une compagnie d’artillerie et d’une compagnie de pompiers. Le général de Rumigny, aide de camp du roi, lui remit son drapeau, à la suite d’une revue passée à la Hotoie le 23 octobre 1830. Une lithographie de Godard a perpétué le souvenir de cette solennité.

La Compagnie des pompiers. Un règlement du 31 janvier 1807 fixait à quarante hommes le nombre des pompiers chargés de manœuvrer les cinq pompes de la ville. Le capitaine était alors l’architecte de la ville, M. Limozin, qui eut pour successeur M. Cheussey. Celui-ci commanda la compagnie de 1814 à 1849 et, pendant cet espace de temps, elle s’accrut notablement. De 286, qu’il était au mois de mars 1831, le nombre des pompiers fut porté, en 1847, à 300 : 140 pour la ville, 96 pour les faubourgs et 64 pour la banlieue. Le nombre des pompes était en proportion. Uniforme pour le service des incendies : pantalon de drap bleu, veste de drap bleu avec collet et parements de velours noir, casque. Epaulettes d’or pour les officiers et bouton de métal jaune, après 1830. La grande tenue comportait l’habit avec plastron de velours noir. La compagnie eut sa musique particulière à partir de 1839.

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