Journal de la Somme > 10 septembre
LOUIS-PHILIPPE
1837, conséquence de la rupture des relations commerciales avec l’Espagne, et celle de 1847, résultat de la cherté. excessive des subsistances?
Amiens « enseveli dans un profond sommeil ne songe qu’au repos » l. Tous les habitants sont amis de l’ordre. La police politique ne trouve point à s’y exercer. Occupé de ses intérêts et de son travail plutôt que des lois que les Chambres discutent pour son bonheur ou pour son malheur, l’Amiénois se passionne rarement, ne s’exalte guère et ne connaît que les vives spontanéités d’un engouement qui languit et s’éteint, aussitôt qu’il est satisfait.
Si quelque grosse question d’intérêt local surgit d’aventure, si la rue s’anime par extraordinaire pour une manifestation libérale ou qualifiée telle, l’émeute populaire se réduit le plus souvent aux démonstrations inoffensives d’un charivari , bruit tumultueux de chaudrons, de casseroles, de cornets à bouquin et autres instruments discordants, qu’accompagne le cri de sédition, traditionnel chez les Picards : Ah! hou!! ah! hou!! flagellation des hommes publics violateurs des prérogatives de la cité 2. Ce sont là des crises symptomatiques passagères au milieu de l’indifférence et de l’apathie coutumières. L’incident Créteil, survenu dans les premiers jours de 1835, en fournit la preuve.
M. Frédéric Boistel d’Welles Duroyer avait succédé à M. de Chipilly ; il était très attaché aux vieilles prérogatives de la municipalité. Un usage constant voulait que la mairie d’Amiens désignât les candidats au poste de commissaire de police; usage contraire à la loi, mais que, ni les préfets de l’Empire, ni ceux de la Restauration n’avaient osé méconnaître. M. Monmert, qui occupait la
1. Le Glaneur, 11 juillet 1840. — Lettre de M. Duroyer, maire, au ministre de l’intérieur, du 4 décembre 1834. — M. F. Duroyer, maire suspendu, à ses concitoyens , 1835, p. 16. Cf. note 1, p. 108.