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Le Glaneur, 16 juillet

première ligne la création de l’abattoir 1 , la substitution dans certains quartiers, à partir de 1833, de l’éclairage au gaz à l’éclairage à l’huile 2, et surtout l’organisation par M. Mary, ingénieur en chef de la ville de Paris, d’un service hydraulique puissant, capable d’alimenter 92 fontaines et de distribuer l’eau à domicile, en utilisant le maximum de la production de la Fontaine des Frères 3.

Le grand nombre de constructions qui s’élèvent dénote l’aisance générale et l’abondance des capitaux. Des rues nouvelles s’ouvrent partout où se trouvent de grands jardins utilisables pour la voirie 4 ; les boulevards se garnissent

1. Arch. mun. Délib. des 3 octobre 1834 et 29 août 1835. Une ordonnance royale du 30 juillet 1823 avait autorisé l’établissement de l’abattoir.

2. Ephémérides picardes, 19 avril 1833. « Une fabrique de gaz hydrogène portatif et non comprimé est en pleine activité au faubourg du Cours, près du cimetière de Saint-Roch et de la maison de Bicêtre. Elle appartient à MM. Grandsire et Cie. Les premiers essais d’emploi de ce gaz sont faits journellement chez M. Painblanc, marchand papetier, rue des T rois-Cailloux où la foule s’arrête tous les soirs.

Arch. mun. Délib. des 10 janvier, 27 mars 1834, 4 mars 1835, 9 novembre 1849. A cette dernière date le service de l’éclairage comprenait 278 lanternes au gaz et encore 332 lanternes à l’huile. La dépense était de 48,500 4 francs : gaz 30,000 et huile 18,500.

3. Arch. mun. Délib. des 19 septembre 1834, 23 juillet et 17 août 1836, 20 avril et 10 juin 1839, 6 février 1840, 4 février, 4 mars et 5 juin 1843, 17 février 1844. Les travaux de la canalisation et de l’établissement d’une machine hydraulique sur le terre-plein du pont Saint-Michel reconstruit, ainsi que l’installation de cinq réservoirs durèrent cinq années : 1843- 1847. Trois conduites principales dites de Saint-Jacques, de Saint-Leu et des Trois-Cailloux comprenaient plus de sept kilomètres de conduites souterraines sur lesquelles les conduites secondaires venaient se brancher. Exécutés sous la direction de M. Mary, ces travaux furent conduits par MM. Gheussey, architecte de la ville, Debauge, ingénieur civil et Talando, entrepreneur demeurant à Passy.

4. Principales rues ouvertes de 1830 à 1-848 : Napoléon (Lamarck), Neuve-des-Wattelets (Amiral Lejeune), Neuve-Saint-Dominique (Vivien), du Mail, Desprez, Ducange, Gribeauval, du Fossé (Edouard Gand),

LOUIS-PHILIPPE

d’habitations réputées confortables pour l’époque et les faubourgs se peuplent d’une population ouvrière composée d’étrangers ou de familles venues de la campagne, attirés par le développement de l’industrie.

Revenant, en 1835, au berceau de son enfance, après vingt années d’absence, Saint-Albin Berville s'étonne des changements opérés, et sa muse les célèbre en une poésie dont le mérite principal est de faire revivre un passé déjà éloigné, dans une note exacte que l’on chercherait vainement ailleurs 1 :

J’ai retrouvé ces murs pleins de mes souvenirs,

Ce cours, théâtre heureux de mes premiers plaisirs;

Mais que tout est changé! Combien d’heureux efforts De ta fertile enceinte ont accru les trésors ! Moi-même, si rempli des lieux qui m'ont vu naître,

A. peine, quelquefois, puis-je les reconnaître !

Partout de frais décors, des monuments nouveaux, Partout le mouvement, la vie et les travaux. D'élégants boulevards, vivante architecture,

Pressent tes vastes flancs de leur jeune ceinture : Leur ombre, faible encore, grandit, et quelque jour Couvrira de son voile et l’étude et l’amour.

Autour d’eux, prolongeant la cité maternelle,

Croît et s’élève encore une cité nouvelle.

Dans vingt quartiers nouveaux, mon œil, de tout côté,

De quelque œuvre récente admire la beauté.

Dijon, du Camp-des-Buttes (Duthoit), Caumartin, Saint-Louis ouverte par M. Guérin, d’où le nom de Guérinville attribué au quartier, d’Alger, de Mazagran, de Constantine, Pierre l’Ermite.

1. Mémoires de l'Académie d'Amiens, lre série, T. II, p. 127. Amiens en 1835; ses embellissements, ses établissements nouveaux, ses progrès dans l'industrie, le commerce et les arts.

Ta noble basilique, honneur de nos vieux âges, Du temps qui l’insulta répare les outrages,

Et, riche de passé, riche encore d’avenir,

Rend gloire à l’art puissant qui la sut rajeunir.

Ton fleuve, époux grondeur, dont les rapides eaux, Jalouses, loin de toi repoussaient les vaisseaux,

En canal aplani, sur sa nappe immobile,

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