CHAPITRE DEUXIEME
Les bàliinenls ruinés que nous avons vu démolir el dont nous reproduisons le dessin, dalaient de 1559.
Enlin le Bourg renfermait un refuge de l'abbaye d'Alïligliein, situé Rue aux nattes, au côté nord du Reuzenhuis.
Tels sont les principaux édifices qui se pressaient dans Tenceinte étroite de ce château, dont les épaisses murailles semblaient leur assurer une double protection. En effet, quand la ville se fut étendue au dehors et se fut constituée en commune, le Bourg garda en quelques points un droit distinct. C'est ce qui ressort de plusieurs actes, et notamment d'une charte d'Antoine de Bourgogne, de l'an 1440. Nous y voyons que le duc (suivant l'usage établi par les ducs de Brabant ses prédécesseurs) y entretenait un Châtelain , dont les rapports avec les bonnes gens de la loy cC Anvers étaient nettement déterminés. Les ducs avaient le droil de fermer, quand bon leur semblait, les portes du Château et pouvaient ainsi couper la communication de la ville avec le Werf ou port, droit dont le duc Antoine promet de ne plus faire usage : « Sinon que nous soyons en » nostre personne en nostre chastel ou que nous ayons guerre » ouverte ou manifeste, èsquel cas nous ferons et pourrons » faire fermer les dictes trois portes en la manière que bon » nous semblera. »
Le Bourg d'Anvers subsista dans son entier jusqu'à la fin du XV' siècle. En 14-10, le duc Antoine l'avait fait restaurer. 11 en restait au XVIP siècle des ruines assez considérables pour qu'on put se le représenter tel qu'il était du temps des Nordmans. Le trésorier Van Caukercken put en lever le plan et en compléter le dessin, tel que le reproduit notre gravure.
Les Nordmans demeurèrent maitres d'Anvers même après la défaite de leur chef Godfried, vaincu à Louvain par Arnoul
de Cariiithie en 892. Ils ne se retirèrent vraisemblahlemenl qu'après le traité de S»-Clair-siir-Epte, par lequel Charles-lc- Simple leur abandonna la plus grande partie de la Neustrie sous le nom de Duché de Normandie.