CHAPITRE DEIJXIÈMI
cris s'amortissaient dans la formidable épaisseur des murs.
Le Bourg renfermait un autre édifiée que la légende citée plus haut désignait comme ayant été la demeure du fameux géant Antigon, et désigné encore de nos jours sous le nom de Reuzenhîiis. Quelle quait été sa destination dans le temps où il y avait encore des géants ;, le Reuzenhuis était dans les temps historiques une commanderie des chevaliers de Tordre teutonique, qui ne fut d'abord qu'une succursale de la commanderie de Pitzenbourg, à Malines. Une charte du duc Jean I, de Tan 1284, vend au commandeur et aux chevaliers de la maison de sainte-3Iarie, à Coblentz, un fonds situé dans le Bourg d'Anvers et acheté aux héritiers de Gérard d'Anderstat. En 1297 Jean II accorda aux chevaliers l'autorisation de bâtir sur les murs du Bourg, aussi loin que leur fonds y était contigu, pourvu que les constructions ne nuisissent point à sa défense. C'est en vertu de cet octroi, et par conséquent dans les dernières années du XIIP siècle, que fut élevée la maison que nous voyons aujourd'hui. Quand les souverains du Marquisat ou leurs vicaires venaient à Anvers , c'est là qu'ils descendaient. Toutefois elle a subi depuis ce temps de nombreux changements; par exemple la grande porte, surmontée de la statue de Druon Antigon, est un ouvrage du XVIP siècle (0.
Il y a peu d'années l'on voyait encore, à l'angle de la Rue
(I) Les lignes qui précèdent étaient écrites quand, dans la nuit du 20 Juil- ,lel 1856, un épouvantable incendie détruisit complètement cet édifice, qui avait été alfecté à une rizerie. Il a été reconstruit sur un autre plan.
aux natles et de la place S''-Walburge , à Tendroit où s'élève aujourd'hui Tentrepôt de l'octroi, Tenceinte ruinée du Vierschare. C'était le tribunal où les échevins d'Anvers rendaient la justice en plein air, selon la vieille coutume germanicfue. Quatre bancs de pierre disposés en carré constituaient ce primitif prétoire, et lui donnaient son nom. (Le mot scarre, autrefois scarne, signifie banc, d'où vierscarre, quatre bancs.) La
vierschare (dans les diplômes latins virscarnia et quatuor scamnis) était la réunion du tribunal des échevins au grand complet, en séance solennelle. L'un des bancs était occupé par les échevins, vis-à-vis d'eux siégeait l'écoutéte, chargé de maintenir l'ordre public et d'exécuter les jugements. Aux deux bancs de côté se trouvaient le plaignant ou demandeur, et le prévenu ou défendeur.