‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 17 sur 108 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

l29o Jean 11 assure à la ville la possession de nouveaux terrains eoinnumaux {}\\iriscapia) situés enire le Canal au sucre et le Canal S'-Jean. En 1504, il lui donne l'espace compris entre les murs du cimetière et le pont S*-Jean , ainsi que la propriété des glacis du Bourg situés entre le Pont du Bourei (près de la Rue aux nattes) , le Marché aux Poissons et le Kraeiwyk. Toutes ces donations furent confirmées par un privilège général de Tan 1311, et dès lors il est probable qu'on travaillait au troisième agrandissement, dont nous nous occuperons au chapitre suivant.

C'est à partir de ce premier agrandissement qu'il est permis seulement de regarder Anvers comme une véritable ville. Elle a perdu ce caractère rustique que nous signalons encore au siècle précédent. La commune s'organise. Le pouvoir administratif, exercé jusque-là par le châtelain du Bourg et les officiers du Duc, passe aux mains des échevins. Les métiers se groupent en corporations. Des édifices publics s'élèvent. On bâtit un hôtel pour les séances du magistrat (Stadhuis) , une halle pour les marchands de draps (Jakenhalle) , une boucherie, un hôpital et, triste et dernier fruit des Croisades! une léproserie.

L'année de la construction de l'ancien hôtel-de-ville n'est pas connue : ce fut peu de temps après le premier agrandissement. C'était un édifice irrégulier, qui avait été successivement agrandi suivant les besoins, jusqu'au moment où il fut jugé définitivement insuffisant. Il était situé entre le Cariai au sucre et la Rue du chevaL Sa façade était tournée au nord, faisant face, par conséquent, à l'un des côtés de l'hôtel-de-ville actuel, lors de l'achèvement duquel il fut démoli.

A l'ouest, et contiguë à l'hôtel-de-ville, se trouvait la halleaux-draps. Elle était la propriété du Duc, qui y percevait la

moitié des droits de location et de vente. Probablement ce n était d'abord qu'un édifice en bois. Un privilège du duc Henri III, daté du jour de la Circoncision de l'an 1249, enjoint aux Anversois de la réparer et de l'agrandir.

Le même privilège concerne la construction de la boucherie, située sur le glacis du Bourg, au même endroit où se trouve le vaste édifice qui porte encore ce nom, quoique détourné depuis longtemps de sa destination.

La fondation de Thôpital remonte à Tan 1225. Le pape Honorius III le prit sous sa protection par une bulle de l'an 1226. Il était d'abord situé près de l'église Notre-Dame, à l'endroit où est maintenant la ruelle des moines (Papenstraetjé). Le X*"^ mai 1258 il fut transféré hors des murs de la ville, au lieu où il se trouve encore aujourd'hui , dans les prairies appelées depuis prés de l'hôpital (Gasthuis-beemden). On le nommait alors hôpital de Marie (3Iaria-Gast/mis) , mais dès le milieu du XIIP siècle il prit le nom d'hôpital S''-Élisabelh , en l'honneur de S^'-Elisabeth de Thuringe, dont la fille Sophie, épouse du duc de Brabant Henri II, était la principale bienfaitrice de cette utile et pieuse institution.

Nous avons parlé d'une léproserie. Gramaye (0 raconte, au sujet de sa fondation , l'histoire suivante : « Vn seigneur nommé Henri de Hollander avait pris la croix; mais ne pouvant accomplir le pèlerinage de Jérusalem, selon son vœu, il se dévoua au service des malades, et en particulier des lépreux, et il bâtit une chapelle dédiée à S*-Lazare, en l'an 1255. » Les auteurs varient sur cette date : Urselius la place en 1252, Opmerius en 1256 et les Annales des Beggards en 1257. Le

(1) Gramaye, Anlverpia, lib. II. cap. IX.

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