CII.VIMTUI:: QUATRIÈME
savani oiiir do riiùpilal S' -Elisabelli, Dicrcxseus (0, dont lopiiiion a le plus de poids en ces matières, la fixe à l'an 1251. Il cite un acte en date du 17 mars de cette année, par lequel le pléban d'Anvers , Nicholas, faitdonation à la léj)roserie d'une pièce de terre dans le Mcersatcrland (^^). Gramaye ajoute que les malades lurent d'abord soignés par des liommes, auxquels s'adjoignirent bientôt quelques femmes pieuses, et qu'enfin ce cbaritable service fut fait par des femmes seules, qui suivirent la règle de S*-Augustin. Cet bospice, appelé plus tard 't Clooster Ter Zieken, était situé sur la route d'Anvers à Malines, à l'endroit où s'en détacbe le chemin de Wilryck. Le couvent ayant été saccagé par la bande de Martin Van Rossem, les nonnes obtinrent du magistrat un terrain dans l'enceinte de la ville, près de Tesplanade, où elles vinrent se fixer en 1575.
Anvers doit avoir possédé aussi très-anciennement un hôtel des monnaies. Dès le commencement du XW siècle, on frappa de la monnaie d'or, ainsi qu'il résulte d'un diplôme de l'évéque de Cambrai Burchard, donné en 1124, où il est fait mention d'un denier d'or (aiireum nitmmum Antwerpiensis monetcé) dû annuellement par l'abbé de S*-Michel et le prévôt de Notre-Dame, à l'évéque de Cambrai, leur métropolitain. Une charte de Henri, abbé de Tongerloo, datée de l'an 1155, parle aussi d'un denier (iinum denarium Antwerpiensis monetœ); et une charte du duc Henri I, donnée en \'2i\ , fait également mention de la monnaie d'Anvers : XII denarios Antwerpienses (s). Toutefois, les monnaies
(1) DiERCxsENS, Antverpia Christo nascens et crescens , ad annum 1231.
(2) Le mot Meersaten semble signifier hommes de mor, habitants de la mer, en opposition avec Landzatea, habitants de la terre ferme. Peut-être sont-cc les Nordmans , appelés ailleurs rois de la mer, qui furent désignés sous ce nom. Ils auraient ainsi laissé leur nom au Meersaterland.
[ù] On trouve ces trois chartes dans Mer.^us, Opéra Diplomatica, tom. I,
:)0 HISTOIRE DE LA VILLE D ANVËIlS.
les plus anciennes que nous })OSsédions, sont des mailles (myten) d'argent, de la fin du XII' siècle, et des deniers, de 1200 à 12Gi. Les premières où se lisent les noms de nos ducs , datent du règne de Jean I (1282-1294). Ce serait cependant une erreur de croire que le droit de battre monnaie figurât parmi les privilèges de la commune. C'était un droit régalien que les ducs de Brabant exerçaient à Anvers en qualité de marquis du S*-Empire. Depuis Jean I, toutes les monnaies frappées à Anvers portent Tempreinle des armes du Brabant. Une maille du XIP siècle représente d'un côté une grosse tour, accostée de deux petites, comme sur le blason de la ville ; de l'autre les deux lettres initiales AN. Deux deniers d'argent représentent, sur la face, un portail d'église , et portent pour légende , d'un côté le nom du Duc, de l'autre : moncta antwcrpiensis.
Alors se trouva constituée non-seulement la ville : oppidum , mais la commune : civitas. Sa personnification civile et politique est constatée par la construction d'un bôtel-de-ville , édifice qui est sa propriété et sur lequel le cbâtelain du Bourg n'exerce plus aucune autorité. En même temps, quoiqu'issue d'un principe bostile à la féodalité, elle est devenue une puissance féodale.
La féodalité ne fut pas seulement un fait, la légitimation d'un état de choses créé par la force brutale : ce fut un système parfaitement logique, qui embrassa dans sa vaste organisation la société tout entière. Il forma une hiérarchie immense, qui, du serf de la glèbe, monta jusqu'à l'Empereur ou au Roi. Rien ne put demeurer en dehors; tout fut forcé de s'y plier, rÉglise aussi bien que les communes. Les évéchés et les abbayes y furent soumis pour leurs possessions territoriales; les com-
pp. 87, 686 ot 731. — Voir, pour les monnaies frappées à Anvers . les Mémoires (le l'abbé Ghesquière sur llnstoire monétaire des Pays-Bas, pp. 105 el 164^.
1. Denier, 2.-3.-4. Mailles {.Vyten) de l'iOO à 12G1. - 5.-6. Deniers de Jean I^