CHAPITRE PREMIER
des communications , d'un côté avec TOcéan , de l'autre avec l'intérieur du j)ays. Ce lieu semblait désigné par la nature comme la station obligée des marchandises qu'on importait par mer des pays étrangers, ou qui descendaient le fleuve par les bateaux venant du Rupel, des deux Nèthes, de la Dyle, de la Scarpe et de la Lys. Les marais eux-mêmes devaient protéger les établissements commerciaux contre les incursions des barbares. Qu'importaient, après cela, les inondations et les fièvres? Un travail intelligent et opiniâtre devait avoir bientôt raison des unes et des autres.
Quels ont été les premiers habitants d'Anvers? On l'ignore, et nous ne ferons pas perdre à nos lecteurs un temps précieux en nous égarant avec eux, pour le découvrir, dans le domaine sans bornes des conjectures. Quant à la ville elle-même, de profondes ténèbres environnent son berceau, non qu'il remonte à une antiquité très-reculée, mais parce que les documents historiques font complètement défaut. Nous glisserons rapidement sur l'histoire de ces temps incertains , en nous efforçant seulement de saisir tout ce qui pourra jeter quelques lumières sur l'origine des institutions municipales , qui , à Anvers , semblent aussi anciennes que la ville elle-même.
Si quelqu'un des anciens peuples de la Gaule Belgique a compris ce territoire dans ses dépendances , ce furent les Ménapiens ; mais ils n'y ont point laissé de traces. Les historiens qui ont fait d'Anvers le séjour des Ambivarites, se sont simplement basés sur un rapprochement étymologique, qui se réduit, en dernière analyse, à la conformité de la seule lettre initiale. Les terres élevées et sablonneuses qui bordent au nord la vallée de l'Escaut, furent occupées par les Taxandres, qui leur laissèrent le nom de Taxandrie, sons lequel, au moyen-àge , on désignait la Campine. C'est à ce dernier peuple que nous sommes tentés de rapporter
un monument, découvert en 1812 entre les villages de Zundert et de Rysberg, en ouvrant les fossés de la route d'Anvers à Bréda. C'est un autel dédié à la déesse Sandraudiga , la Cérès indigente de ces pays stériles. Mais la forme de cet autel et son inscription
latine démontrent qu'il ne fut élevé que sous la dominaliofi romaine.
Le séjour, ou plutôt le passage des Romains sur le territoire d'Anvers est attesté par la découverte de quelques autres antiquités, déterrées en 1608 dans l'enceinte de l'ancienne abbaye de S*-Michel. Elles consistaient en un cénotapbe de marbre rose, renfermant une urne cinéraire et deux petits bustes, des lampes sépulcrales et des lacrymatoires. A ces vestiges d'un cimetière se joignent quelques traces de l'existence d'un fort, sur l'emplacement actuel d'une partie de la citadelle. Toutefois, l'histoire locale ne mentionne aucun fait antérieur à la période mérovingienne.
Le plus ancien document où Anvers soit nommé, est un diplôme de l'an 726 , par lequel un seigneur du nom de Rohingiis , qui prend le titre de Prince d'Anvers et la qualification d^illuster