‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 3 sur 108 · CHAPITRE PUEMIKU. Ti · texte numérisé non relu

CHAPITRE PUEMIKU. Ti

vii\ donne à Tapôlre S'-Willibrord l'église située dans le Château d'Anvers (Caslnim Autterpis) et la troisième partie de son tonlieu.

Qui est ee Rohingus? Quelle est la valeur de ce titre de Prince d'Anvers? Ces questions n'ont pu être complètement éclaircies. Quant au Château d'Anvers dont il est fait mention, c'est bien évidemment celui dont quelques ruines subsistent encore dans les environs du Marché-aux-poissons et qu'on appelait le Bourg (Burgt ou Borgt). L'église donnée à S*-Willibrord est celle ((u'avait fait bâtir, vers l'an 660, S*-Amand, évéque des Tongriens, quant il vint prêcher le christianisme chez les Anversois.

Un fait digne de remarque , c'est que le nom des Anversois se rencontre près d'un siècle avant celui d'Anvers. Le nom des habitants serait-il réellement antérieur à celui de la ville? Dans ce cas tomberait d'elle-même l'élymologie, aujourd'hui généralement adoptée, qui fait dériver le nom flamand Antwerpen, des mots aen 't icerf, au port. Le mot werf ou uerp, pris d'ordinaire dans le sens plus étendu de port, signifie proprement une jetée, un ouvrage de terre avancé dans l'eau. C'est ainsi qu'on nomme encore l'espèce de môle qui fait face à la place S^^'-Walburge. Telle dut être, en effet, la forme primitive du port d'Anvers. Les rives basses de l'Escaut, bordées d'une plage limoneuse, ne permettaient pas aux navires, d'un tirant d'eau quelque peu considérable, d'aborder. Une jetée, soutenue par des pilotis, faisant avancer le rivage jusqu'à la partie profonde du fleuve, formait un débarcadère qui répondait aux premiers besoins de la navigation et du commerce. A cette jetée aboutissait une double digue, désignée dans l'ancienne topographie de la ville sous le nom (ÏEyendyk, se dirigeant à travers les marais, d'un côté vers le Kicl, de l'autre vers le village de Deurne (villa Tiiriniini), deux loca-

lités fort anciennes et relativement importantes à cette époque (0. Tout indique que le Werfei cette digue lurent construits vers le même temps; or, c'était là un ouvrage très-considérable et qui n'a pu être entrepris et mené à fin que par une population déjà nombreuse et adonnée au commerce maritime. C'est celte population qui est désignée sous le nom d'Andoverpi dans la vie de S*-Eloi, écrite par S'-Ouen vers l'an 650. Dira-t-on qu'avant la construction de ces ouvrages, ce lieu ni ses liabitants n'avaient point de nom , ou qu'ils auront cbangé leur nom ancien à propos de ces mêmes ouvrages? Cela n'est pas probable. Ce n'est donc pas le Werf, construit par les Anversois , qui a donné son nom aux Anversois.

Ce n'est pas sans quelque regret, avouons-le, que nous voyons s'évanouir une étymologie qui paraissait si naturelle et si simple. Peut-être, après tout, est-ce la bonne. Mais il s'en est produit une nouvelle qui, pour être plus savante et moins intelligible au vulgaire, n'en est pas pour cela plus mauvaise. Il est nécessaire, pour la faire comprendre, de rappeler le mouvement qui s'opéra dans les populations de nos contrées, durant la période des invasions.

Quand, au milieu du troisième siècle, les Francs vinrent s'établir dans la Taxandrie, toutes les petites tribus d'origine germanique se confondirent avec eux et le plus grand nombre suivit Clodion, Mérovée ou Clovis à la conquête de la Gaule romaine.

Tandis que les Francs, et ce qui restait des anciennes peuplades belgiques, abandonnaient les rives de l'Escaut, il s'était formé dans le Nord une ligue entre les Angles , les Saxons , les Jutes et

(i) Dans une chronique du XIV^ siècle, sur la valeur de laquelle nous ne sommes point fixés, la conslruclion de cette digue est attribuée aux moines du Monastère de S*-Frédégand , à Deurne. Or, il est question des Anversois près de 80 ans avant la fondation de ce monastère .

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