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poort, aujourdluii porte de Lillo , était appelée Pisternepoorl, nom dont la signilication nous éehappe, à moins qu'il ne soit une corruption du français poterne. Dans un compte de la ville de 1401 se trouvent mentionnés de Slycpoorte en de Posterne. Comme elle conduisait à Bergen-op-Zoom , on rappelait aussi Berg poort.
Les portes donnant sur TEscaut s'ouvraient en face des principales rues; elles n'offraient rien de remarquable, à l'exception de la porte communiquant du Bourg au Werf (Werfpoort). Mais celle-ci ne fut ouverte qu'en 1411, avec l'autorisation du duc Antoine, pour le passage des marchandises à travers le Bourg.
Outre ces portes de l'enceinte extérieure, Buytepoorten , on conserva différentes portes appartenant aux fortifications de 1201 et de 1249; on les nommait de Binnenpoorten. Telles étaient la porte S'-Jean, entre la rue Haute et le Rivage y démolie en 1 o45 ; la porte des Brasseries (Kammerpoort) démolie en lois, entre le rempart des Tailleurs de pierre et le rempart des Lombards; la porte S^^-Cathérine (Kathelynepoort) , démolie en lo20, entre la longue rue Neuve et la courte rue Neuve; la porte des Vignes (Wyngaerdpoort) , entre le Kipdorp et la rue aux Laines, démolie en 1521. Son nom provenait des vignes que l'on avait conduites le long de sa façade. Jusqu'en lois, on voyait à l'entrée du Clapdorp, à l'extrémité du canal des Récollets , la porte aux Vaches, par où sortaient le matin et rentraient le soir les vaches qu'on menait paître dans les immenses prairies qui s'étendaient au nord de la ville. Pour aller du pont à la place de Meir, il fallait passer par la porte de Meir, qui ne fut démolie qu'en 1541. Enfin, il y avait encore une petite porte, nommée porte de l' Hôpital, aux cinq Coins, à l'entrée de la courte rue de l'Hôpital, et une autre entre le canal Falcon et le canal des Teinturiers.
Parmi les cinquanle-et-une louis qui garnissaient les remparts, deux méritent une mention spéciale, par leurs dimensions et leur aspect monumental. La première (0 est la tour des Poissonniers (Vischverkooperstoren) : elle se trouvait près du marché aux Poissons, à l'entrée du canal du Bourg. Elle avait été construite en 154-0 et rebâtie depuis aux frais de la corporation des poissonniers, doù lui était venu son nom. Son plan formait un octogone irrégulier, dont la face la plus large, garnie de deux tourelles, regardait la ville.
La seconde s'appelait la tour des Boulangers {Bakkerstoren), pour un motif semblable. Elle se trouvait au sud du pont de TAil (Lookbrug), à l'entrée du canal au Beurre. Moins élevée que la précédente, sa circonférence était plus grande. Arrondie à l'extérieur, elle présentait du côté de la ville trois pans coupés. Cette tour semble avoir appartenu à l'enceinte de 1249, car en 1504 on n'avait fait que la reconstruire.
Ces deux tours ont souvent servi de prison. Celle des Boulangers servait particulièrement à renfermer les délinquants soumis à la juridiction ecclésiastique. Toutes deux furent démolies en 1797.
D'aussi vastes travaux n'avaient pu s'exécuter sans entraîner à des dépenses au-dessus des ressources normales de la ville. Aussi fallut-il recourir, pour y faire face, à des moyens extraordinaires. Avec l'autorisation du duc Jean II, les échevins avaient levé sur les habitants un impôt spécial. Ils aliénèrent plusieurs propriétés qui leur avaient été concédées par Henri III en 1249. Enfin, on introduisit dans la législation criminelle de nouvelles pénalités, consistant à faire construire
(I) C'est celle qui se trouve au premier plan de la Fue du Werf au ATZ/f siècle, d'après le tableau de Bouavenlure Peelers.
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une cerlaine ôlendue de imirailles aux frais des eondamnés.
Ainsi on trouve dans le registre des condamnations (Cleinentyn en Correctieboek) un jugement, à la date du 4 septembre 159G, par lequel quatre compagnons (ghesellen), convaincus 1" d'avoir fréquenté des femmes de mauvaise vie (overmids dat sif omme ghegaen hebben met piUierscape), 2° d'avoir tenu une conduite immorale (onzedelike ivandelingheii) ^ 5" d'être entrés avec violence dans les maisons (Iniyssoechinghe ghehanleert hebben), sont condamnés à faire chacun un pèlerinage à S'-Jacques en Galice et à construire chacun une verge de murailles des remparts d'Anvers, garnies de guérites, à l'endroit qui leur sera désigné par le magistrat (0.
Deux nouvelles fondations religieuses étaient venues s'ajouter, dans le cours du Xllh' siècle, à celles que nous connaissons déjà. Ce sont les Beggards et les Dominicains.
Les Beggards s'établirent à Anvers en 1228. C'étaient de pauvres religieux, qui subsistaient en partie du travail de leurs mains. Ils vivaient d'abord isolés et sans règle; mais, vers 1276 (ou, selon Scribanius, en 1290), ils adoptèrent la vie en commun. Leur couvent était situé entre la rue des Beggards, le passage de ce nom et le marché aux OEufs. L'hôtel des messageries Van Gend en occupe la plus grande partie.
On le croirait difficilement si le fait n'était attesté par les écrivains ecclésiastiques eux-mêmes, au milieu du XIII'^ siècle, à l'époque où la puissance du saint- Siège était parvenue à son apogée; qui avait vu l'humiliation de Barberousse et de Philippe-Auguste; au temps même où l'Église produisait ses lumières les plus éclatantes, les Dominique et les François d'Assises,
(I) Historisch onderzoek, c(c, pp. 194-195. Les iiuleurs do ce livre cilenl encore plu.sieurs jugemenl.s du mènje j^eiire.
les Boiiaventure et les Thomas d'Aquin, la foi catholique se trouvait à Anvers presque aussi désarmée qu'au temps de Tanchelin! A Tabbaye de S'-Michei, les successeurs de S'-Norbert s'endormaient dans l'opulence et l'oisiveté; les intérêts de leur cave à vin absorbaient toute l'attention des chanoines de Notre- Dame; les Beggards n'étaient guère que des ouvriers, d'ailleurs illétrés. Le clergé de l'église du Bourg ne faisait pas exception à la manière de vivre des chanoines et des Norbertins. Restaient les Béguines et les sœurs hospitalières de Thôpital S*^ -Elisabeth et de l'hospice Ter Sieken. Là , sans doute, on eût trouvé des exemples de charité et de dévouement, mais nulle part dans le clergé on ne rencontrait des hommes capables de soutenir par leur science, par l'autorité de leur parole ou de leur vertu , le dogme ébranlé par Thérésie, la discipline et les mœurs vacillantes. Cependant, des doctrines hérétiques commençaient à circuler sourdement; la discipline ecclésiastique était singulièrement relâchée, et des règles monacales il ne restait plus qu'un vain formulaire. Comment, chez le peuple, les mœurs n'auraient-elles pas souffert, quand ceux qui s'étaient constitués les gardiens de la morale donnaient de si déplorables exemples? Le magistrat d'Anvers s'émut de cet état de choses et écrivit en 1245 une lettre au père provincial des Dominicains, qui tenait alors à Strasbourg un chapitre de l'Ordre, pour le prier d'envoyer à Anvers quelques frères, promettant de leur faire bon accueil et de les aider de tout son pouvoir. Les échevins, pour donner plus de force à cette invitation, la firent appuyer par des lettres de Gui de Laon, évèque de Cambrai, et d'Henri II, duc de Brabant.
L'ordre de S'-Domioique, fondé en Espagne en 121 G, avait précisément pour but de remédier aux maux que nous venons de signaler. Son organisation devait le préserver longtemps de