‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 24 sur 108 · C.HAPITUK rjNQIIlKlMK. TA · texte numérisé non relu

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tut enloriT en i^rand honnour dans récjliso do >foti'o-l)amc. Mais Irois ans après, rôvèque do Cambrai, Nicolas de Fontaine, étant venu à Anvers, fit déterrer son cadavre, qui fut brûlé sur la place publique (1*20 1).

Il est facile maintenant de se représenter Anvers tel qu'il était au commencement du XIV siècle. Les agrandissements successifs et toujours reconnus insuffisants lorsqu'à peine ils étaient acbevés, sont une preuve certaine dun rapide accroissement de population et d'une grande prospérité matérielle. Dans Tespace d'un siècle, du commencement du règne de Henri I à la mort de Jean-le-Victorieux (1190-1294), Anvers s'est élevé, du rang de simple bourgade, au rang des villes les plus importantes de l'Europe occidentale.

Toutefois , s'il nous était donné de la voir un instant se dresser devant nous, en la jugeant avec nos idées d'élégance moderne, nous la trouverions encore inférieure même à nos villes de troisième rang. Des rues étroites, sombres, malpropres, dont aucune n'était pavée (le premier pavé fut placé à Anvers en 1506); des maisons de bois et de torcbis, dont l'exiguité, la distribution incommode, l'absence complète de tout ce qui dénote aujourd'hui l'aisance bourgeoise, contrastait singulièrement avec la grandeur du rôle que s'était attribué dans l'histoire la fière bourgeoisie des communes ; des halles, également en bois, qui n'étaient guère que de vastes hangards; des canaux boueux, formés des fossés des premiers remparts, pleins de bateaux qui feraient sourire de pitié les caboteurs de nos jours ; une population ouvrière entassée soit dans des caves ou des greniers loués dans les maisons bourgeoises, soit dans des loges ou des barraques auxquelles on ne donnait pas même le nom de maisons, et qui renfermaient souvent plusieurs familles (0;

(0 On l^s nommait Looven ou Cameren. Le premier de ces mots désigne

à Fintérieur de la nouvelle enceinte , beaucoup de terrains vagues : tel était l'aspect de la ville. Mais si Anvers ne peut être comparée encore, pour la richesse et létendue, aux grandes communes de la Flandre, elle est entrée dans une voie de progression rapide, qui pendant trois siècles ne s'arrêtera pas. D'ailleurs, sous le rapport de l'élégance et de la beauté architecturale, on n'eût pas trouvé alors en Europe, en dehors de l'Italie, beaucoup de villes qui lui fussent supérieures. Les beaux-arts, qui devaient plus tard y briller d'un si vif éclat, étaient encore à naître. Le luxe aura son tour : en attendant, Anvers ne songeait encore qu'à s'enrichir et à fortifier ses libertés.

C'est aux institutions libérales qui la régissaient, et surtout aux progrès du commerce, que ce résultat était dû. Sous ce double rapport, ainsi que le témoignent de nombreuses chartes, elle éprouva les effets heureux de la sollicitude des souverains du Marquisat.

Les princes de la maison de Louvain, l'histoire leur doit cette louange, contrairement à la plupart des princes de l'Europe féodale, ne prirent point ombrage de l'indépendance que donnait aux villes de leurs états l'organisation des communes. Comme leurs voisins les comtes de Flandre, ils comprirent que ces libertés étaient pour le pays entier une source de richesse et de grandeur, et ils ne séparèrent pas leurs intérêts de ceux de leurs sujets. Outre la charte de Henri I que nous avons citée plus haut, nous en possédons une autre du même prince et datée de la même année (7 mars 1221), par laquelle il recon-

iin simple toit, un auvent, au plus un hangard. Ce quon entendait par Cameren est défini dans un acte de 1336 : « Stationes (in cimiterio) Camerœ nuncupantur , sine habitatione noctunia. » C'étaient donc des abris sans habitation nocturne.

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