‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 30 sur 108 · COMMUNAL · texte numérisé non relu

COMMUNAL

Nous avons dit que les éclievins exerçaient à la fois le pouvoir administratif et le pouvoir judiciaire. Les fonctions de juges étaient Tessence même de leur primitive institution. Les Scepene des Germains étaient les juges qui assistaient le Graf, et les Scahini, si souvent mentionnés dans les Capitulaires, étaient les assesseurs du comte siégeant en lit de justice. On comprend ainsi que, presque partout, il ait existé des échevins avant quil y eût une commune proprement dite. Seulement, avant la commune , c'étaient de simples juges qui n'exerçaient pas l'autorité civile et administrative.

Les échevins d'Anvers formaient un tribunal qui siégeait au Vierschare (0 auquel il empruntait son nom et dont la juridiction s'étendait sur tout le Marquisat. Ils rendaient des jugements, non-

Ci) Voir Chap. II, p. 20.

seulement dans les affaires civiles et criminelles , mais même dans les accusations pour crime de lèse-Majesté. En outre, on pouvait appeler au tribunal des échevins des jugements rendus par les tribunaux inférieurs, tels que ceux de la Halle aux draps ^ de la Chambre des orphelins, des Faiseurs de Paix, des Syndicaux, du Watermeulenbrugge et du Kiel.

Les arrêts rendus par le Vierschare, ou tribunal des échevins d'Anvers étaient exécutoires dans toute l'étendue du Marquisat. Ils étaient fort respectés et quiconque osait les contredire encourait une amende de dix escalins pour chaque échevin , et pour le Duc autant que pour tous les échevins ensemble.

Disons quelques mots des diverses chambres de justice qui ressortissaient au tribunal des échevins , afin de compléter l'esquisse de l'organisation judiciaire de la commune.

Le tribunal qui siégeait à la halle aux draps se composait de deux doyens de corporation (gilde-dekens) , de deux essayeurs (keurmannen) et de huit anciens (oiidermannen) , dont deux devaient être pris parmi les anciens échevins. Il connaissait de toutes les affaires concernant la fabrication à tous les degrés et la teinture des étoffes de laine. En 1528 il obtint le pouvoir de rendre des ordonnances et de défendre la fabrication des draps à trois milles à la ronde.

La Chambre des orphelins (Weeska^ner) était composée d'un échevin en fonction , d'un ancien échevin , d'un bourgeois et d'un homme de métier. Ce tribunal connaissait en première instance de tout ce qui concernait les intérêts des orphelins. Il ne fut institué qu'en 14-27. Les Coutumes d'Anvers témoignent d'une très-grande sollicitude pour tous les infortunés qui n'étaient pas capables de gérer eux-mêmes leurs affaires. Orphelins, mineurs, insensés, idiots, aveugles , sourds-muels , prodigues frappés d'interdiction, étaient placés sous la tutelle du

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