CHAPITRE IX
LE COMMERCE ANVERSOIS AUX XIll'' ET XIV'^ SIÈCLES.
L'admirable situation d'Anvers, jointe à la sécurité que donnaient aux marchands, tant étrangers qu'indigènes, les libérales institutions que nous avons esquissées dans les chapitres précédents , ne pouvaient manquer d'exercer l'influence la plus heureuse sur le développement de l'industrie et du commerce; et le bien-être général qui en fut le fruit rendit d'autant plus chères aux habitants les libertés auxquelles ils devaient à la fois la dignité morale et l'amélioration de leur condition matérielle.
Avant de reprendre le récit des événements politiques, arrêtons un moment nos regards sur ce point.
Dès l'époque des invasions normandes , Anvers était citée parmi les villes les plus commerçantes {nobilia emporia) de l'Europe occidentale. Mais ce n'était là qu'une prospérité relative. Dans les temps de misère et d'anarchie qui précédèrent l'établissement régulier du système féodal, le commerce ne rencontrait nulle part les garanties nécessaires à son existence. A peine s'il répondait aux besoins, excessivement restreints, d'une population encore très-clair-semée , et toul-à-fait étrangère aux idées mo-