‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 36 sur 108 · CHAPITRE NEUVIEME. KU · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME. KU

Les Anvei'sois avaienl été alfranchis de ces péages inullipliés ('), ee qui eonstiUiait iiii magnifique privilège. En outre, leurs éclicvins connaissaient de tous les niélails , meurtres , actes de piraterie et de brigandage qui se commettaient sur le cours du fleuve, depuis Rupelmonde jusqu à son embouchure.

Les comtes de Flandre , riverains de l'Escaut comme les ducs de Brabant, prétendaient également à une part de juridiction sur le fleuve. Elle s'étendait, pour la partie du cours soumise d'ailleurs à la souveraineté des ducs de Brabant, aussi loin que le Comte, entrant à cheval dans l'eau, pouvait atteindre avec la pointe de son épée; — c'est-à-dire, en d'autres termes, sur les seuls navires amarrés au rivage. Toutefois, ils n'y percevaient point d'impôts. Il n'en était pas de même à Rupelmonde et sur la partie supérieure du fleuve, où les comtes de Flandre et les comtes de Hainaut percevaient de nombreux droits de vinage et de tonlieu.

Cette double juridiction occasionnait de nombreux conflits, (fui turent tranchés, eu 1331, d'une façon assez bizarre, suivant une coutume fort ancienne du droit féodal.

Louis de Nevers, comte de Flandre, envoya à Anvers Jacques \an ilasselt, châtelain de Rupelmonde, avec cinq échevins de cette ville et cinq hommes de fief du pays de Waes. « Arrivé » au-dessous de la Franchise de ladite ville d'Anvers, entre >• le monastère de S'-Michel et la tour appelée en flamand » verlorcii cost 'v^) , Van Hasselt , tenant dans sa main une hache

(1) 11 est entendu que celle franchise de droits n'existait que pour les marchandises appartenant aux Anversois, et non pour celles vendues par des Anversois à des étrangers , ou importées à Anvers par des étrangers , même quand elles se trouvaient sur des navires anversois.

(2) 11 s'agit ici de la tour de Croonenbourg, dont nous avons parlé ailleurs. L'inutilité de sa construction lui avait fait donner ce nom populaire. Nous nous souvenons (lavoir vu à Louvain, dans notre enfance, sur le rempart entre les portes de Maliues ot de Bruxelles, les ruines d'une tour qu'on appelait aussi verloren cosl.

» de fer, proclama à haute voix que les droits du comte de » Flandre, sur la rivière de TEscaut, s'étendaient depuis le lieu » appelé Outemuide jusqu'à Eykersvliet , entre Malines et Rupel- » monde ; que le Comte était seul et souverain seigneur eu ces » lieux; et, comme marque de souveraineté, il lança la hache » dans le courant, de toute la force de son hras. Avant de se » retirer, Van Hasselt déclara que les droits du duc de Brahant » ne commençaient qu'au lieu appelé Weerst, où il pourrait » lancer une hache de fer du poids de dix-sept livres, dont » le jet marquerait également les limites de sa juridiction (0. »

Les limites des deux juridictions sur le cours de l'Escaut furent fixées d'une manière plus précise dans le traité d'alliance conclu le 31 mars 1556 entre Jean III et Louis de Nevers, à Dendermonde. Le Duc y reconnaît que la juridiction sur le cours du fleuve appartient au Comte « si avant que nef puent floter, » excepté devant et aux deux côtés de la ville d'Anvers, dans un espace compris entre les poteaux placés par huit personnes nommées à cet effet, et où le droit de haute et hasse justice devait appartenir au Duc. En récompense la ville d'Anvers fut tenue de faire hommage au comte de Flandre, à perpétuité, chaque année, l'un des quatre jours de Noël, d'une paire d'éperons d'or.

Il semhle résulter de cet acte que la juridiction sur le cours du fleuve avait appartenu primitivement aux comtes de Flandre et que les ducs de Brahant ne tenaient que par concession la part qu'ils y exerçaient.

Quant aux droils perçus par les comtes de Hollande (qui lenaient le comté de Zélande en fief des comtes de Flandre),

(0 Edward Le Glay, Hisl. des Comtes de Flandre, I.

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