‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 37 sur 108 · CHAPITRE NEUVIÈME. ISA · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. ISA

sur quelques points des iles zélandaises , les Anversois en élaienl également exempts, pour les marchandises qui leur a|)parlenaient.

Outre les péages auxquels les étrangers étaient soumis au passage de TEseaut occidental, ils devaient payer à Anvers même un droit de tonlieu dont les Anversois étaient exempts. Ce droit, désigné sous le nom de Ridderlol, était prélevé au profit de diliërents seigneurs. Son origine est fort ancienne, et peut-être faut-il la rattacher à rétablissement du Ganerbiat saxon auquel nous avons attribué la fondation d'Anvers. Le personnage mystérieux qui, en 720, prenait le titre de Prince d'Anvers, n'en possédait que la troisième part : c'est celle dont il fit donation à S'-Willibrord. On trouve ensuite en possession de ce droit les marcgraves d'Anvers et, plus tard, les ducs de Brabant, sans qu'on sache à quel titre. Une part appartenait aux comtes de Hollande, ainsi qu'il résulte d'un acte par lequel Florent IV fait don à l'un de ses vassaux, nommé Bernard van Dorle, d'une rente de six livres, à prélever sur le tonlieu d'Anvers, à condition de tenir celte rente en fief des comtes de Hollande. De semblables aliénations durent avoir été faites aussi par les ducs de Brabant , si bien que, vers la fin du XV siècle, la répartition du produit de ce tonlieu entre ses différents propriétaires était devenue chose fort compliquée. Le magistrat d'Anvers commença alors à racheter successivement , à mesure que l'occasion s'en présentait , les diverses parts qui se trouvaient entre des mains étrangères. En 1321 la ville obtint de l'empereur Charles-Quint le tiers du produit de l'impôt sur les solides et le sixième de l'impôt sur les liquides. En 1535 l'Empereur engagea à la ville ce qui lui restait de la propriété du Riddertol pour 40 florins en outre d'une somme égale dont le tonlieu était précédemment hypothé- (jué. La ville en devint donc peu à peu seule propriétaire.

Beaucoup de localités avaient obtenu des ducs de Brabant la

franchise de ce lonlieu, moyennant quelles participassent à Ten- Iretien des murailles du Bourg. La liste de ces places franches, au nombre de plus de cent vingt, écrite sur un tableau en parchemin, était suspendue pour Tinstruction des receveurs, dans le bureau de perception.

La franchise de ces différents péages formait certainement, pour les Anversois, un privilège très-avantageux; mais ils retiraient un profit bien plus grand encore du droit cVétape ou (ïcntrepôt (stapel-regt). On appelait ainsi la faculté de faire décharger dans la ville, pour être vendu aux habitants, tout ou partie des marchandises qui y étaient introduites. Les trois étapes les plus considérables que possédât la ville d'Anvers étaient celles du poisson, du sel et de Tavoine. On ignore à quelle époque elle les avait obtenues , mais on Fen trouve en possession dès le commencement du XIIP siècle. Les Anversois en apprécièrent surtout les avantages lorsqu'un acte impolitique de Jean II menaça de les en priver en faveur des Malinois.

Les ducs de Brabant n'exerçaient sur Malines qu'un droit de suzeraineté très-vague. Dans le but de resserrer ce lien en se rendant |es habitants favorables, Jean II leur concéda le marché du poisson, de l'avoine et du sel, qu'il enleva à Anvers. Les Anversois réclamèrent avec vivacité. Ils remontrèrent au Duc qu'il ne pouvait leur enlever ce droit sans nuire aux intérêts du S'-Empire- Romain, dont Anvers avec son marquisat relevait directement comme fief de bannière. Voyant que le Duc n'avait aucun égard à leurs réclamations, ils s'adressèrent à l'empereur Henri VII (de la maison de Luxembourg), qui trouva leurs raisons fondées , et leur délivra une charte, datée de Colmar le 29 octobre 1509, par laquelle il reconnaît l'antique droit de la ville d'Anvers à la possession de ces trois marchés, et ordonne qu'ils lui soient restitués.

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