‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 41 sur 108 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

tration du pays, ou qui pourraient s'y introduire dans la suite, que pour porter les statuts et décrets qu'ils croiraient utiles au bien public;

» Que, s'il arrivait qu'un des membres élus mourût, ou fût jugé peu propre ou peu babile à remplir ces fonctions, l'assemblée de Cortemberg le remplacerait par un autre à son choix;

» Que les membres élus jureraient sur les Saints-Évangiles, de veiller soigneusement aux intérêts, tant du prince que des sujets, sans distinction de pauvres ni de riches , de maintenir leurs droits respectifs avec un soin exact, et de rendre la justice avec une scrupuleuse impartialité;

» Que tous les statuts et décrets portés par l'assemblée de Cortemberg, seraient dès maintenant ratifiés par le Duc et ses successeurs , et que , s'il arrivait que l'un ou Vautre des Ducs vînt à les enfreindre, ou refusât de les observer, les sujets seraient autorisés à refuser le service, jusqu'à ce que le prince se fût conformé à ces décrets (l). »

Cet acte solennel et mémorable est daté du 27 septembre 1312.

Nous ne pouvons clôturer le règne de Jean II sans mentionner au moins d'une manière rapide la part que prirent les Anversois dans quelques guerres où ce duc fut entraîné, malgré le surnom de Pacifique que lui donnent les historiens.

Ce fut d'abord une guerre contre Malines.

On sait que cette ville appartenait depuis le X^ siècle à l'église de Liège, et que la famille des Berthaut, seigneurs de Grimberge, y exerçait un droit d'avouerie qui s'était converti peu à peu en une véritable seigneurie. A partir de Gauthier I, mort en 1219, les Berthaut de Grimberge avaient pris le titre de Seigneurs de

(1) Dewez. Histoire générale de la Belg'^que , (ome III . ch. XII.

ir>2 HISTOIRE DE LA VILLE D^ANVERS.

Malines, et depuis ce temps raulorité de Téglise de Liège y était bornée à peu près aux choses spirituelles. Cette église, quoique puissante, ne pouvait rien pour maintenir un pouvoir effectif sur un domaine si éloigné, enclavé tout entier dans le duché de Brabant, et qui se trouvait entre les mains d'avoués aussi turbulents que Tétaient les Berthaut. En l'an 1300, l'évèque de Liège, Hugues de Châlons, avait vendu ses droits au duc Jean II. Désormais ces droits allaient devenir une réalité : les Malinois ne tardèrent pas à l'apprendre à leurs dépens.

Le Duc voulut d'abord leur faire sentir sa nouvelle autorité par un bienfait. Il établit à Malines l'étape du sel , de l'avoine et du poisson , qu'il avait enlevée aux Anversois, peut-être pour les punir de leur soulèvement contre l'oligarchie patricienne. Mais les Malinois se montrèrent très-peu reconnaissants. Ils avaient été les premiers à suivre l'exemple donné par les Anversois en 1501. Le nouveau bailli institué par le Duc avait été assommé par les gens des métiers. Les bourgeois riches et amis de la paix, impuissants à prévenir ces excès et en redoutant les suites pour eux-mêmes, avaient quitté la ville, qui demeura ainsi abandonnée aux fureurs de la populace.

Il était du devoir du Duc de rétablir l'ordre et il importait à sa puissance qu'il le fît avec vigueur. Il voulut donc se rendre en personne à Malines ; mais les Malinois lui fermèrent les portes de leur ville , et refusèrent de le reconnaître pour leur souverain, disant que sa conduite tyrannique les avait déliés de toute obéissance envers lui.

Le Duc alors leva une armée et vint mettre le siège devant Malines. La ville fut étroitement bloquée. Les milices d'Anvers et de Lierre campèrent au nord et à l'est; celles du Brabant occupaient le côté du sud. C'était au mois de mars de l'an 1505 , pendant la semaine sainte. Les religieux saisirent cette circon-

Page 1