‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 47 sur 108 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

comme garantie pour «ne rente annuelle de dix mille florins de Florence. Il s'agissait de savoir si son engagèrc était capable de lui rapporter cette somme. « Le comte et la comtesse de Flandre, » dit Butkens, ne se tenaient assez satisfaits et contents de ladicte » assignation , disants que le revenu ne montoit à la valeur de dix » mille florins par an... Pour modérer cette difficulté, il fut trouvé » bon que quatre personnes seraient ordonnées de chaque costé, » lesquelles en équité feroient la prisée dudict revenu jusques » à la plaine et entière satisfaction de la comtesse de Flandre et » du comte son mari, à quoy furent désignés de la part du Brabant » Arnout, sire de Rummen et Quatbeke, Drossard, Jean, sire de » Witbam, Jean s'Her-Claes, doyen de l'église de S*^-Gudule à » Bruxelles, et Alard' Van Os, prévost de Louvain; et du costé » de Flandre, Philippe, sire de Maldeghem, Rogier Bottelyn, )> Godefroid Van der Delft et Jean Van der Delft, son frère. » A ces commissaires furent adjoints ? du côté de la ville d'Anvers, l'amman Gillis de Hoboken, maître Gillis Van der Borgt et messire Nicolas Wilmaers.

Le résultat de l'estimation faite par ces commissaires fut que les revenus de la seule ville d'Anvers ne montaient qu'à huit mille florins (0 et seraient par conséquent insuffisants pour parfaire la somme due au Comte. Le Duc et la Duchesse lui assignèrent alors en garantie supplémentaire, divers droits et rentes perçus aux environs d'Anvers, montant ensemble à la somme de 825 florins et 7 deniers; « Item les seigneuries, hom- » mages, justices hautes et basses, et les forfaicts aux villages » d'Oosterwiel , Wilmaersdonck, Oorderen avec Oordam et Kus- » telle, Lillo , Stabrouk, Berendrecht, Santvliet , Borchvliet,

(1) On comprend qu'il ne s'agit pas ici des revenus propres de la ville, mais seulement des revenus qu'en relirait le duc de Brabanl.

182 HISTOIRE DE LA VILLE D'ANVEliS.

» Wilryk, Berchem, Deurne, Wyneghem, Schil, Bouchout et » Hove, estimés à la somme de XI cents LXXIV florins V gros, » lesquelles deux sommes font justement les 2000 florins que » ci-devant se trouvoient courts (0. »

En conséquence les villages et seigneuries susdits furent joints à l'engagère et eurent à reconnaître, de même qu'Anvers et sa franchise , le comte et la comtesse de Flandre pour leurs légitimes seigneurs.

De tous les maux qui pesaient sur Anvers, les plus sensibles étaient la présence des sergents flamands (on donnait ce nom aux soldats du Comte), et la privation des étapes. Les premiers, rendus insolents par la manière dont leur maître traitait les bourgeois, leur faisaient supporter mille vexations, sans cesse renouvelées. La perte des étapes , jointe à la perturbation apportée dans les afl'aires par la guerre, par un changement de domination et par l'inquiétude générale des esprits, avait brusquement interrompu les transactions commerciales , et arrêté tout à coup ce magnifique développement que nous avons retracé avec tant de plaisir sous le règne des trois derniers Ducs. Les marchands étrangers, que la sûreté du port, les institutions protectrices et Tabondance des marchés attiraient à Anvers , prenaient peu à peu une autre route, et beaucoup d'Anversois, craignant pour leur vie, ou pour leur liberté et leurs biens, s'exilaient volontairement. Dans les classes populaires, la misère, suite inévitable de la stagnation du travail, étouff*ait presque, par des souffrances plus poignantes, la honte de la cité humiliée et le regret des libertés perdues.

Cependant le magistrat ne cessait d'élever des plaintes et de pro-

(1) BuTKENS , liv. IV, pp. 476 et 477.

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