‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 49 sur 108 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

joué de la bonne foi des Anversois ; il faillissait honteusement à sa parole de clievaliei'.

Pour toute réponse aux réclamations de nos députés , il leur fit dire un jour qu'ils eussent à se taire et à se mettre, eux et ceux qui les avaient envoyés, à sa discrétion et merci. Ensuite il leur signifla les conditions auxquelles il consentait à rendre ses bonnes grâces aux Anversois. Les unes concernaient les otages, les autres les habitants de la ville.

Les premiers, avant de rentrer dans leurs foyers, devaient prendre l'engagement , une fois de retour à Anvers , de ne pas sortir de la ville et, à la première sommation du Comte, de se rendre à Rupelmonde et de s'y constituer en otage ; eux-mêmes devaient déclarer que, s'ils y manquaient, ils se reconnaissaient infâmes et sans foi; qu'ils se mettaient avec leurs personnes et leurs biens, à la merci de leur seigneur, et encouraient la perte de toutes leurs libertés.

Ces conditions parurent si dures, que tous, à peu près, refusèrent d'y souscrire. Ils préféraient subir un exil imposé par l'arbitraire que de renoncer eux-mêmes pour toujours à leur liberté de citoyens. Sur leur refus, le Comte consentit à adoucir un peu ses exigences. Il se contenta de faire présenter à leur signature un acte par lequel ils s'engagèrent, sur leur honneur, à ne pas quitter Anvers et à aider loyalement le Comte à s'y concilier la faveur des habitants. Ceux qui refusaient de souscrire à cet engagement demeureraient en otage.

Quant aux bourgeois restés à Anvers, ils devaient s'engager pour eux et leurs descendants, à perpétuité, à regarder comme bon et valable tout ce que le comte de Flandre aurait décidé à l'égard des étapes, sous peine, pour chaque opposant, de dix années de bannissement et d'une amende de deux mille écus, à payer par la ville , qui fut ainsi rendue responsable des écarts de chacun de ses habitants.

Pour couvrir cette tyrannie d'une apparence d'impartialité, ou plutôt, pour joindre l'ironie à la violence, on avait invité les Malinois à prendre un engagement semblable; comme on le pense bien, ils s'étaient empressés d'y souscrire. Il ne restait aux Anversois qu'à suivre ce bon exemple.

Comment résister d'ailleurs? La ville était au pouvoir d'une soldatesque étrangère; plus de deux cent cinquante bourgeois étaient en exil ou retenus en otage, les autres tremblaient sous la menace d'un sort pareil; les diplômes impériaux relatifs aux étapes étaient aux mains du Comte : ceux qui se faisaient encore quelque illusion sur sa droiture, ne pouvaient-ils pas croire que, maintenant qu'il avait pu se convaincre de la justice de leurs réclamations, il allait y faire droit? Le 5 septembre, l'acte contenant la soumission de la commune aux volontés du Comte , fut accepté par les échevins , les conseillers et les bonnes gens , et revêtu du grand sceau delà ville. Une députation fut chargée de le porter à Louis de Maele, qui pour lôrs résidait à Bruges.

Le Comte la reçut le 7 du même mois. Il déclara alors qu'il permettrait de retourner à Anvers à tous les otages qui apposeraient leur sceau au bas de cet acte. Ceux qui ne l'avaient pas avec eux, avaient trois jours libres pour aller le chercher à Anvers. Il y en eut cinq seulement qui préférèrent demeurer en exil et affronter la colère du Comte, plutôt que de signer un acte qu'ils considéraient comme déshonorant pour eux et leur noble ville. L'histoire a conservé leurs noms ; ce furent Gérard Hermanszoon , Jean de Wyneghem, Jean Spronc, Nicolas Zymaer et Arnould Van Hoghevorst.

Tout cela ne suffisait pas pour rassurer le Comte. Avant de consentir à relâcher les otages, il exigea encore que tout ce qui, à Anvers, possédait un sceau grand ou petit, l'apposât au bas d'un autre acte par lequel les bourgeois promettaient appui et fidélité au

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