PHILIPPE-LE-HARDI. ANTOINE DE BOURGOGNE. — LE GRAND SCHISME
d'occident. — ANVERS RENDU AU DUCHÉ DE BRADANT.
La fille unique de Louis de Maele, nommée Marguerite comme sa mère et son aïeule, avait épousé, le H mai 1357, Philippe de Rouvre, dernier rejeton de l'antique race des ducs de Bourgogne, qui remontait à Hugues Capet. Elle était âgée de quatre ans et son époux en avait dix. Ce beau mariage s'était célébré dans Tabbaye de Saint-Vaast, à Arras. « Les magistrats présen- » tèrent à la princesse un hanap d'argent, un trempoir doré et » un magnifique drageoir orné de pierreries. M. le duc de Bour- » gogne et sa femme, tous deux enfants, furent portés à l'autel, » tant était grande l'affluence de seigneurs et de gens du commun » peuple qui remplissaient l'église (0. »
(1) Edw. Le Gl4v Daprès les mémoriaux de l'hùlel-tle-ville d" Arras. Histoire des comtes de Flandre, tome II, p. 491.
Philippe, né au château de Rouvre en 1347, était de son chef duc de Bourgogne depuis Page de deux ans, où il succéda par représentation à son aïeul Eudes IV, son père ayant été tué Tannée précédente au siège d'Aiguillon. Sa mère, Jeanne de Boulogne, lui avait apporté les comtés de Boulogne et d'Auvergne; il tenait de Jeanne de France, sa grand'mère, les comtés de Bourgogne et d'Artois. A la mort de son père, sa mère s'était remariée à Jean, duc de Normandie, qui devint roi de France en 1331. Des droits de sa femme le roi Jean avait donc, au moment où cette union se célébrait, la régence du duché de Bourgogne et la tutelle du jeune prince.
Malheureusement, Philippe de Rouvre mourut en 1361, laissant une veuve âgée de sept ans. Jeanne de Boulogne, sa mère, étant morte la même année, les comtés de Boulogne et d'Auvergne passèrent à Jean de Boulogne, comte de Montfort, et Marguerite de Flandre, veuve de Louis de Nevers, eut les comtés d'Artois et de Bourgogne, qui, après la mort de cette princesse, devaient revenir à Louis de Maele.
Cette veuve de sept ans, héritière présomptive des comtés de Flandre, d'Artois, de Bourgogne, de Nevers et deRhétel, constituait donc un parti des plus enviables et propre à exciter la convoitise des plus hautes ambitions. Edouard III avait demandé sa main pour son fils Edmond, duc de Cambridge, et les communes flamandes l'appuyaient fortement. Mais l'influence française l'emporta. La jeune princesse était destinée à porter cette couronne de Bourgogne, qu'on lui avait mise, tout enfant, parmi ses jouets. Par les intrigues de la vieille Marguerite, son aïeule, elle épousa Philippe, surnommé le Hardi, quatrième fils du roi Jean, qu'à son retour de sa captivité en Angleterre, ce monarque avait investi du duché de Bourgogne et de ses droits éventuels sur le comté de ce nom. Philippe-le-Hardi est la tige de cette maison