‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 57 sur 108 · CHAPITRE D0L7J1>ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE D0L7J1>ME

(alion. Le secret de cette mansuétude, ainsi que de la restitution des fameuses éta[)es, qui eut lieu à la même époque, est dans une somme de deux mille couronnes que la ville lui avait accordée, et pour laquelle il lui avait concédé le droit de percevoir toutes les accises.

Rappelons que c'est sous le règne d'Antoine de Bourgogne qu'eut lieu le quatrième agrandissement d'Anvers. Ce ne fut, comme nous l'avons dit, que la rectification du plan vicieux de la troisième enceinte qui, du canal de l'Amidon au canal Sale, présentait à l'extérieur une ligne concave. Cet agrandissement n'est donc pas , comme les précédents , l'indice d'une grande prospérité, ni d'un rapide accroissement de population; il n'infirme pas ce que nous avons dit de l'état de stagnation amené par notre réunion au comté de Flandre. Au reste, depuis qu'Anvers avait fait retour au Brabant, et surtout depuis la récupération de ses marchés francs, on peut signaler une reprise très-active dans les affaires commerciales.

Le commencement du XV« siècle vit s'élever aussi quelques édifices publics et fonder des établissements de charité dont nous nous occuperons dans un chapitre spécial.

Antoine de Bourgogne avait épousé en premières noces Jeanne, fille de Waleram de Luxembourg, comte de S'-Pol, dont il avait eu deux fils , Jean et Philippe , qu'on verra tour à tour succéder à leur père. Jeanne étant morte, il se remaria à Elisabeth de Gorlitz, fille de Jean de Luxembourg, duc de Gorlitz et marquis de Moravie, qui devait hériter de Josse de Moravie, son frère, le duché de Luxembourg et le comté de Chiny. Cette alliance s'était célébrée avec beaucoup de pompe à Bruxelles, le 16 juillet 1409. A la mort de Josse de Moravie, les États de Luxembourg, réunis à Arlon, reconnurent Antoine de Brabant comme duc de Luxembourg et comte de Chiny. Mais cette union, qui semblait

promettre à sa maison de si brillantes destinées, fut stérile pour lui et sans aucun avantage pour nous. Antoine n'affectait que de l'indifférence pour les Brabançons et , se souvenant trop de son origine , avait pour les Français une prédilection marquée. Les Brabançons lui rendirent dédain pour dédain , et quand il s'adressa de nouveau à eux, en i4H , pour leur demander le service contre le duc de Gueldre, il essuya de nouveaux refus. Quant à sa prédilection pour la France, elle fut cause de sa mort.

L'année 1415 avait vu recommencer avec une nouvelle fureur la guerre entre la France et l'Angleterre. Le duc Antoine, que l'intérêt de ses états aurait dû porter à observer la neutralité , voulut jeter son épée dans la balance et alla se faire tuer à la sanglante bataille d'Azincourt (25 octobre 1415).

Les Anversois durent se rappeler, en apprenant cette mort, le séjour que le roi Edouard avait fait chez eux, au début de cette guerre, qui avait été en quelque sorte couvée dans leurs murs. Depuis que, suivant le conseil de Jacques van Artevelde, Edouard avait écartelé les léopards d'Angleterre des fleurs de lys de France, trois grandes victoires pour les armes anglaises, trois grandes catastrophes pour la France, avaient retenti en Europe : Poitiers , Crécy, Azincourt. Trois princes souverains de la Belgique y avaient trouvé la mort : Louis de Nevers, comte de Flandre, et Jean l'Aveugle, roi de Bohème et comte de Luxembourg, étaient tombés à Crécy; Antoine de Bourgogne, duc de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg, comte de Chiny et marquis d'Anvers, succombait à Azincourt.

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