‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 60 sur 108 · CHAPITRE TREIZIÈME. "2Vi · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME. "2Vi

civiles avaient ruinée, et pour le pays qui n'avait point possédé jusque là d'établissement d'instruction supérieure. Elle fit entrer la Belgique dans le grand mouvement inlellectuel qui, au XV" siècle, entraînait l'Europe vers l'étude des sciences et des lettres, et qui signale la période de la Renaissance.

Jean IV ne survécut pas longtemps à l'exécution de cet utile dessein. Il mourut le 17 avril 14-27, à l'âge de vingt-quatre ans, d'une apoplexie dont il fut frappé sur le chemin de Bruxelles à Lierre. Comme il ne laissait pas d'enfants, les États reconnurent pour son successeur Philippe de S'-Pol, son frère, qui fit son entrée solennelle le 27 mai à Vilvorde , où il avait convoqué une assemblée générale des États du pays.

Ses débuts firent présumer qu'il marcherait sur les traces de ceux de sa maison : « Le nouveau Duc avait demandé dans cette » assemblée un nouveau subside au moyen duquel on put liquider » les dettes contractées et dégager les domaines aliénés par ses » prédécesseurs ; mais les Etats , dont plus d'une fois les Ducs » avaient extorqué, sous ce prétexte, des subsides que ces mêmes » Ducs avaient frauduleusement employés pour contenter leur » ambition, ou satisfaire leur luxe, avaient refusé sa demande.

« Le Duc convoqua pour cet objet une nouvelle assemblée à » Anvers, dans laquelle il consentit, avec répugnance sans doute, » à ce que les États nommeraient un comité, composé de quatre « membres pris dans la noblesse, et deux dans le tiers-élat, pour » surveiller l'emploi de cet argent (0. »

Cependant la puissance toujours croissante de la maison de Bourgogne renfermait pour nos communes une menace dont elles semblent avoir à cette époque le vague pressentiment. On les voit

;i) Dewez, t.lV,ch. III.

resserrer leurs alliances antérieures, et s'engager à défendre solidairement, contre quiconque essaierait d'y porter atteinte, leurs privilèges et leurs immunités. Les grandes villes surtout s'unissent par des liens plus intimes , quelquefois aux dépens des villes d'un ordre inférieur, auxquelles elles imposent leur suprématie de par la loi du plus fort. C'est ainsi qu'en 1428 Anvers conclut un traité avec Bruxelles et Louvain, dont le but était de soutenir Bruxelles dans ses démêlés avec la ville de Lierre. Ceux de Lierre soutenaient avec beaucoup de justice que leurs échevins ne pouvaient être choisis que parmi leurs bourgeois , et les Bruxellois prétendaient avoir le droit d'entrer dans l'éclievinage de la commune de Lierre. Les commissaires du Duc envoyés en 1427 à Lierre pour renouveler le magistrat, avaient nommé échevin un bourgeois de Bruxelles, nommé Pierre van Aken. Non-seulement ceux de Lierre avaient refusé de le reconnaître en cette qualité, mais se faisant justice avec la brutalité des mœurs du temps, ils avaient à peu près assommé Pierre van Aken , les commissaires du Duc et les trois clercs communaux d'Anvers, de Bruxelles et de Louvain.

Grande fut la colère dans les trois villes. L'insulte faite aux commissaires du souverain ôtait de ce côté tout recours aux Lierrois. Ils ne pouvaient, sans appui, tenir tête aux trois plus puissantes communes du Brabant. Ils durent céder et porter la peine de leurs violences. Eux-mêmes durent reconnaître l'éligibilité à leur échevinage des bourgeois des trois chefs-villes du Brabant et livrer tous les privilèges contraires à ce droit. Dix ou douze des plus coupables parmi leurs habitants furent condamnés à différentes peines et enfin la ville fut contrainte à faire exécuter six cents pieds de vitraux peints, dont deux cents pour l'église de S*-Pierre, à Louvain, deux cents pour l'église de S'^-Gudule, à Bruxelles, et deux cents pour l'église de Notre-Dame, à Anvers,

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