‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 61 sur 108 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

11 nous semble, dans eetle dernière elause, voir poindre a l'horizon de notre histoire, Taube de la Renaissance.

Dès l'époque où il avait rempli les fonctions de Ruwaerd, Philippe de S'-Pol avait montré une aptitude et une raison bien supérieures à celles de son frère Jean. Les Brabançons lui rendaient justice. Malheureusement sa santé était usée par les excès de sa jeunesse. Il mourut subitement à Louvain, le 4 août 1429, à l'âge de vingt-six ans , au moment où il allait célébrer son mariage avec Yolande, fdle du roi de Sicile. On le crut empoisonné ; mais Tautopsie démontra qu'il était mort d'un abcès au foie.

Le duché de Brabant et le marquisat d'Anvers restaient encore une fois sans héritier direct. Nous laisserons la parole à l'historien des ducs de Bourgogne pour raconter comment ces magnifiques provinces devinrent l'héritage de cette puissante maison.

«Trois branches, dit M. de Barante, pouvaient se présenter pour recueillir la succession du duché de Brabant : madame Marguerite de Bourgogne, comtesse de Hainaut, mère de madame Jacqueline, fille de Philippe-le-Hardi et de Marguerite de Flandre, par laquelle l'héritage féminin de Brabant était venu dans la maison de Bourgogne ; Charles et Jean de Bourgogne , fils et héritiers du comte de Nevers (0, tué à Azincourt; et en troisième lieu, le duc Philippe, aîné de Bourgogne. Les États du duché de Brabant et spécialement les nobles, se montrèrent aussitôt disposés à reconnaître de préférence les droits du duc Philippe-le-Bon, qui, mieux qu'aucun autre héritier, pouvait favoriser et protéger les habitants. Cependant la comtesse de Hainaut avait aussi ses partisans. Le Duc tint d'abord de grands conseils à Lille, où il fut décidé qu'il avait le meilleur droit, et qu'il devait le soutenir. Il était le

(1) Frère d'Anloine,

âl6 HISTOIRE DE LA VILLE D'ANVERS.

plus fort; c'était la volonté des gens du Brabant. Madame Marguerite céda. Il ne fut pour le moment fait aucune mention des princes de Nevers , dont le Duc était tuteur. Après deux mois de négociations sagement conduites, il se rendit en Brabant, reçut à Malines le serment des États et jura de maintenir les privilèges et coutumes du Brabant; il ajouta aux titres nombreux qu'il avait déjà, ceux de duc de Brabant, de Limbourg et de Louvain, marquis d'Anvers et du S*-Empire (0. »

Le règne des ducs Antoine, Jean IV et Philippe de S'-Pol fut l'époque où les institutions communales atteignirent, à Anvers, leur plus complet développement. La faiblesse du pouvoir central , l'indolence de ces princes , leur indifférence pour nos intérêts, leur ignorance de nos traditions, avaient permis à la commune de se gouverner et d'agir avec une indépendance presque absolue. Pourvu qu'elle payât les subsides, le reste leur importait peu. Sous les ducs de Bourgogne il n'en fut plus de même. Ces princes, à l'exemple de leurs devanciers, continuèrent toujours, il est vrai , à tirer des communes le plus d'argent et d'hommes qu'ils purent, mais ils commencèrent à se montrer les ennemis systématiques de leur indépendance. Elles contrariaient leurs idées d'unité, de centralisation, de monarchie absolue. Aussi, peu de temps après que les communes furent parvenues à l'apogée de leur puissance, leur décadence commença. Dans le système politique qui avait régi l'Europe pendant quatre siècles , elles avaient servi

(1) De Barante, t. I, p. 511. Ce n'est point à Malines, mais à Louvain, que le Due reçut le serment des États. Il ne prit point non plus les titres de duc de Louvain et de marquis d'Anvers. Sa Joyeuse Entrée du 5 octobre 1430 porte les titres suivants : Philippe, par la grâce de Dieu, duc de Bourgogne, de Lothier, de Brabant et de Limbourg; comte de Flandre, d'Artois, de Bourgogne, Palatin deHainaut, de Hollande, de Zélande et de Namur; marquis du S*-Empire; seigneur de Frise, de Salins et de Malines.

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