‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 65 sur 108 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

» en ce povons avoir faiclc envers vous, vous cryons humblement » merchy, en vous très -humblement suppliant qu'il vous plaise » nous pardonner et nous recevoir en vostre bonne grâce, etc. » La première fois que le Duc se rendrait à Anvers, les bourgmestres, les échevins et les doyens des métiers devaient aller au devant de lui à pied jusque hors de la ville et lui crier merci; la porte par laquelle il ferait son entrée serait ôtée de ses gonds. La hulque placée sur l'Escaut par le Duc y serait rétablie. La ville lui paierait, à titre de réparation profitable, 4-0,000 Philippus. Tels furent les points contenus dans la déclaration que le Duc fît délivrer aux députés d'Anvers, à Arras, le 18 août 1470 (1).

A ces conditions la ville obtint les points suivants :

1" Que la défense d'amener des vivres à Anvers serait levée et que tous les bourgeois qu'on retenait prisonniers en divers endroits seraient relâchés et mis en liberté;

2" Que la libre navigation sur le Honte (Escaut occidental) serait rétablie, telle qu'elle était auparavant, et qu'il serait nommé une commission pour rechercher et faire constater l'antiquité de cette libre navigation ;

5° Que l'octroi pour la levée des accises, de 1431 , pour l'obtention duquel la ville avait payé une fois seize cents couronnes de France, serait, après l'expiration du temps stipulé, prolongé pour quinze ans, à charge de continuer à payer chaque année au Duc mille écus vieux (oude schildé) , de seize gros (oude groote) chaque ;

i" Que le Duc consentirait à ce que les vingt-quatre métiers

(1) Celte déclaration est transcrite, au fol. 34, dans le 2^ registre, aux chartes de la chambre des comptes de Brabant, aux archives du Royaume. Gachard, dans les annotations à V Histoire des ducs de Bourgogne^ de M. de Barante.

fussent réduits à douze (par la fusion de deux métiers en une seule corporation), dans lesquels on choisirait annuellement douze Conseillers, desquels il y aurait deux Pensionnaires;

5« Qu'il y aurait à l'avenir un sous-écoutéte qui serait nommé et installé par le Duc;

6" Que le Duc, en prononçant son jugement, déclarerait qu'il rendait son affection aux bonnes gens de la ville d'Anvers, tant en général qu'en particulier, et que, par les soins du Duc, la sentence de bannissement prononcée par ceux de Gand, serait rapportée.

Deux de ces articles étaient particulièrement importants, parce qu'ils introduisaient une modifîcalion dans la constitution de la commune. Nous avons fait connaître ailleurs l'admission dans le Conseil de douze conseillers choisis dans les métiers, la réduction de ceux-ci de vingt-quatre à douze, et la création de l'office de sous-écoutéte. Nous avons dit aussi, d'après Guicciardini, en quoi consistait la charge de Pensionnaire.

Après cette rentrée en grâce qui semble avoir été complète , nous ne comprenons pas ce que disent les historiens (0 , que la ville demeura entièrement ouverte pendant cinq ans, parce que les vantaux des portes avaient été ôtés de leurs gonds et couchés par terre. Il avait bien été convenu que « la première fois que le Duc se rendrait à Anvers, la porte par laquelle il ferait son entrée serait ôtée de ses gonds; » mais nous ne voyons nulle part que le Duc soit venu à Anvers à cette époque. Lorsqu'en H40 il se trouvait à l'abbaye de S'-Bernard, des députés d'Anvers vinrent le supplier de ne pas les contraindre à sortir les portes de leur gonds, lui offrant une somme de six mille Philippus pour les relever de cette condamnation. Il se laissa

(1) Mertens et ToRFS , d'après la chronique du chanoine Snyders.

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