‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 69 sur 108 · CHAPITRE OL'ATORZIEMi:. 2i · texte numérisé non relu

CHAPITRE OL'ATORZIEMi:. 2i

plus grandes eiiooie, pour la plus grande gloire de Dieu et du susdit S'-Luc ; mais qu'il leur serait diflicile de couvrir ces frais, à moins qu'il ne leur fut accordé certaines ordonnances et franchises qui serviraienl à régir la corporation et à la tenir en bon élat; Nous, qui sommes portés à maintenir en bonne union toute vertu et toute honnête association , après nous être bien consultés et avoir mûrement délibéré sur les points que les susdites bonnes gens nous ont soumis, leur accordons les ordonnances qui sont écrites ci-après :

» En premier lieu, personne ne fera partie de la Gilde à moins d'être bourgeois d'Anvers, ou de le devenir à la Vierschare qui suivra son admission. Il payera comme droit d'admission un florin du Rhin à l'église Notre-Dame, trois florins à la Gilde, à chacun des deux maîtres ou recteurs six gros, et au commissionnaire (knape) trois gros, monnaie de Brabanl. Il devra auparavant faire la preuve qu'il a travaillé quatre ans chez un francmaitre. Si cependant un bon compagnon faisait preuve d'un talent supérieur , il pourra être admis sans preuves d'apprentissage, du consentement des confrères, pour autant qu'il soit bourgeois d'Anvers et qu'il ait acquitté les droits d'entrée ci-dessus stipulés.

» Les maîtres de la corporation qui auront été élus , le jour de S'-Luc, à la majorité des voix, resteront en fonctions pendant une année entière. Tout ce qu'ils auront décidé avec l'agrément de la majorité pendant cette année, sera obligatoire pour tous les confrères, sous peine d'une amende de deux écus vieux, dont le souverain, la ville et la Gilde auront chacun un tiers.

» Chaque fils légitime d'un franc-maitre payera, pour être reçu maître, deux escalins à la Gilde; chaque fils naturel, un florin du Rhin.

» Chaque confrère donnera aussi annuellement six gros de droit

248 HISTOIRE DE LA VJLLE 1) ANVEHS.

(le flambeau, et chaque ouvrier, Iravaillaut avec un inailre, la même somme ('). »

Les autres articles contiennent des mesuies préventives contre les fraudes, les dissensions, la non-exécution des ouvrages entrepris, et autres faits capables de compromettre la bonne réputation de la Gilde ou de porter préjudice à des tiers, et prescrivent ensuite les devoirs que les confrères ont à remplir les uns envers les autres.

On admire surtout dans cette constitution, dit Fauteur de la notice que nous citons en note, les garanties que la corporation offrait à ceux qui traitaient avec ses membres. Ces garanties sont encore augmentées par de nouvelles dispositions d'une ordonnance du 9 novembre 1470, qui vint modifier la première en plusieurs points. Nous ne citerons que Tobligation pour les peintres de faire au préalable vérifier la bonne qualité du panneau, que Fexpert constatait par l'apposition d\me main; puis, le tableau achevé, une seconde marque, formée des armes de la ville, certifiait la consciencieuse exécution de la peinture ; l'acquéreur s'assurait ainsi que l'ouvrage avait subi un double contrôle. Les autres modifications concernent les ouvrages des menuisiers et vitriers. Cette ordonnance fut confirmée par celle du 28 décembre 1480, qui ajoute encore des garanties, impose de nouvelles obligations et prescrit de nouvelles mesures contre les fraudes. Des précautions de cette nature devaient donner à l'étranger une haute estime pour les œuvres d'art produites par les artistes anversois.

Outre les professions désignées dans l'acte constitutif de 1442,

(1) Le lexle de cette ordonnance a été publié dans une Notice placée en lèle du catalogue d'une exposition de tableaux et d'objets d'art qui eut lieu au mois d'août 1854 , à l'occasion du 400^ anniversaire de la fondation de la Gilde de S'-Luc. Cette notice, due à notre savant bibliothécaire, M. Merlens, nous fournira les autres détails historiques sur les commencemenls de la Gilde de S'-Luc.

Page 1