‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 70 sur 108 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

il y en avait qui y appartenaient dès lors et il y en eut (raulres qui s'y rallièrent plus lard. Parmi ces derniers nous citerons les imprimeurs, les libraires, les relieurs, les fondeurs en caractères, les fabricants de jeux de cartes, les potiers, les graveurs sur verre, les facteurs de clavecins, les brodeurs, etc.

« Cependant les beaux-arts ont été de tous temps les compagnons inséparables des lettres. Les nombreux artistes qui habitaient Anvers dans le XV^ et le XVP siècle, devaient être en rapport continuel avec les poètes et les littérateurs. Nous voyons déjà en 1480 notre Chambre de Rhétorique le Violier s'allier à notre Gilde, pour égayer ses fêtes par des pièces de poésie et des représentations dramatiques. Deux autres associations s'y joignirent successivement dans la suite : le Souci et la Branche d^ Olivier ; cette dernière en 1661. Ou ne trouve pas jusqu'à quel point ni sous quel rapport ces sociétés se rangèrent sous la dépendance de la Gilde. Elles conservèrent dans la grande association leur propre chef, ou Hoofdman, et leur prince. Elles agirent d'après leurs propres règlements en tout ce qui concernait le cercle de leur action; et cependant c'était pour la Gilde, et plus particulièrement encore pour les peintres, que, dans les réjouissances publiques, elles donnaient leurs représentations.

■ Par ces adjonctions, la Gilde de S^-Luc se trouva à même d'étendre sa renommée. Elle se produisit en public; elle se montra dans toutes les fêtes publiques et nationales sous l'escorte de ses Chambres de Rhétorique. Les peintres se chargèrent des décors; les inscriptions, les poésies, les pièces dramatiques et leur mise en scène étaient laissées aux soins de leurs confrères les Rhéloriciens. En i486, à l'occasion de l'entrée solennelle de l'empereur Frédéric, la Gilde donna plusieurs représentations dramatiques à Thonneur et en présence du monarque. Le jour de S*-Luc de l'an 1494, Blanche Sforza, la seconde femme de

Maximilien, fît son entrée solennelle dans nos murs. La Gilde ne se borna pas à cette occasion à donner des représentations, mais elle organisa encore un tournoi dans les vastes cours de l'abbaye de S^-Micbel. En 1520 c'est encore elle qui vint en aide au magistrat pour fêter, avec magnificence, le couronnement de Charles-Quint. Nous ne citerons pas les fêtes littéraires et les concours dramatiques qu elle organisa dans notre ville pendant Tespace de plus d'un siècle. Ces fêtes célèbres , connues dans les annales de notre littérature sous le nom de Laiidjinveelm, auxquelles elle convia les Chambres de Rhétorique des dix-sept provinces des Pays-Bas, réunirent souvent dans nos murs plus de vingt mille étrangers, venus de toutes les villes du pays, et durèrent quelquefois un mois entier. Nous pourrions encore ajouter les nombreuses pérégrinations vers les autres villes de nos provinces, d'où elle rapporta souvent la palme de Fart dramatique et de la poésie. Ces solennités se renouvelèrent presque annuellement et ne furent interrompues que par les troubles qui désolèrent notre pays au XVP siècle (0. »

Le goût des réjouissances publiques, des concours , des exhibitions fastueuses , des cavalcades , des processions et des festins , également interminables, formèrent, dès le XV'' siècle, le trait distinctif du caractère belge. Ce fut par là que s'altérèrent toutes les institutions que nous venons de mentionner. Les Serments et les Chambres de Rhétorique s'écartèrent les uns de leur but guerrier, les autres de leur but littéraire , pour ne plus s'occuper que de la magnificence de leurs fêles. La Gilde de S'-Luc, au lieu de travailler au progrès des arts, en vint à manger, dans un seul festin, la moitié de ses revenus. Nous cédons de nouveau la parole à Fauteur de la notice déjà citée :

(I) Notice historique sur la corporation ou Gilde de S'-Luc à Anvers.

Armoirifs k'i (forpo k inftirrs il limas.

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