CHAPITRE QUATORZIÈME
vaient à cette occasion une paire de gants et une coinïire nommée Steene hoede, que nous croyons être une sorte de calotte en cuir bouilli, pour préserver leur crâne contre Tardeur du soleil. Les fonctionnaires de la ville tenaient à la main de longues baguettes de saule écorcées. Devant les abbés marchaient leurs servants, qui portaient leurs crosses. Dans le compte de 1401 , d'où ces détails sont tirés, on voit apparaître des personnages symboliques, tels que Prophètes, Apôtres, Vierges, Rois, Chevaliers « et autres nouveautés » ajoutent les comptes , ce qui assignerait la date de 14-01 à rintroduction , à Anvers, de ces figures, qui ne tardèrent pas à changer le caractère exclusivement religieux de nos processions et les convertirent en cavalcades (ommegank) , surtout quand la Renaissance vint y mêler des symboles payens.
Une autre procession, à peu près semblable à celle-ci, avait lieu le jour du S'-Sacrement. Le rapprochement de ces dates a fait réunir en un seul chapitre, par le receveur de la ville, les frais des deux cérémonies. La note se termine par un Ite^n caractéristique : « Et d'un banquet que Ton donna le jour du S*-Sacrement au couvent des Beggards, à toutes les personnes qui ont figuré dans les deux processions, ainsi quon Va fait précédemment , qui coûte etc. »
La quantité de vin que l'on consommait à l'occasion de la procession du S'-Prépuce, est à peine croyable. Outre le vin d'honneur offert aux prélats à leur arrivée, on leur en présentait de nouveau avant, pendant et après la cérémonie. Messieurs de la Loi, leurs employés et serviteurs ne s'oubliaient pas eux-mêmes : ils buvaient avant de se rendre à l'église, ils buvaient à chaque station, ils buvaient en se séparant. Ils buvaient tant que le compte de 1399 mentionne pour eux seuls quatre-vingt-une mesures. On peut compter qu'il se vidait, à l'occasion de la procession, plus de trois cents pois du vin de la ville.
Et si les prélats et les magistrats buvaient ainsi ter ccren Gods cnde van sinen helighe besnidenisse, faut-il s'étonner que le peuple allât dans les cabarets achever la fête à sa façon par des libations d'un ordre inférieur?
Les processions, au XV^ siècle, suivirent le même mouvement qui entraînait les Gildes et les Chambres de Rhétorique vers le kixe et les exhibitions fastueuses. La Renaissance y introduisit ses allégories payennes, ses représentations empruntées plutôt à l'antiquité qu'à la légende. Albert Durer, qui visila Anvers en 1524, fut émerveillé du spectacle à la fois original et magnifique que présentait la procession de Notre-Dame. Le grand artiste vit passer devant lui, dans un interminable défilé, toute la population anversoise en habits de fête, et il la décrit ainsi :
« Le dimanche après l'Assomption de la S'^'-Vierge , je vis à Anvers la grande procession de l'église de Notre-Dame, où se trouvaient réunis tous les métiers et toutes les classes bourgeoises de la ville, chacun selon son état et convenablement costumé. Chaque classe de la bourgeoisie et chaque métier avait son signe distinctif , et plusieurs portaient des flambeaux richement ornés. D'autres avaient de longues et retentissantes trompettes, à la vieille mode de France. Il y avait aussi beaucoup de fifres et de tambours, à la mode allemande, qui faisaient grand bruit. Je les vis marcher dans la rue, sur deux lignes, à grande distance les uns des autres. Cependant, en rangs plus serrés défilèrent les orfèvres, les peintres, les maçons, les brodeurs, les sculpteurs, les menuisiers, les charpentiers, les bateliers, les poissonniers, les bouchers, les corroyeurs, les tisserands, les boulangers, les tailleurs, les cordonniers, et tous les métiers, commerces et professions à l'usage de la vie bourgeoise. On voyait aussi les boutiquiers, les marchands et leurs différents employés. Après cela vinrent les arquebusiers , les confrères des Serments de l'arc
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et de Tarbalèio, des eavaliers et des fantassins, puis les gardes des ofliciers du souverain. Ensuite venait toute une troupe d'Iiommes de flèrc mine, honorablement et riehemenl velus, devant lesquels marchaient modestement les divers ordres religieux dans leurs différents costumes. On y voyait aussi un grand nombre de veuves qui subsistent du travail de leurs mains et qui suivent une certaine règle ; elles étaient toutes couvertes de voiles de toile blanche qui leur pendaient de la tète jusqu'aux pieds, et fort curieuses à voir. Entre autres révérends personnages , je vis les chanoines de Péglise de Notre-Dame avec tout le clergé ; enfin les écoliers et les enfants fermaient le cortège. Alors venait rimage de la S'^'-Vierge avec le Seigneur Jésus, magnifiquement ornée et portée par vingt personnes.
» Dans cette procession se trouvaient aussi une foule de choses réjouissantes à voir, fort curieusement et richement exécutées, car on y voyait des chars, des jeux sur des navires et autres drôleries. Entre autres il y avait la troupe des Prophètes; puis des scènes tirées du Nouveau Testament , telles que la salutation angélique, les trois Rois montés sur de grands chameaux et d'autres animaux étranges; aussi la fuite de la S*^-Vierge en Egypte, et une foule d'autres choses fort bien représentées et trop longues à énumérer. A la fin venait un grand dragon, conduit en laisse par S'^-Marguerile et ses saintes compagnes. Le dragon marchait devant, très-gentiment, et S' -Georges, un fort brave cuirassier, venait derrière. Il y avait encore dans ce cortège une grande foule de jeunes garçons et de jeunes fdles, curieusement et richement habillés dans le costume de différents pays et représentant toutes sortes de saints. Cette procession était si longue, qu'il se passa bien deux heures avant qu'elle eût défilé tout entière devant notre maison. Il y avait trop de particularités pour qu'il me soit possible de les marquer toutes
dans un livre, c'est pourquoi je passe le reste sous silence (0. » Si nous signalons partout, sous le règne des ducs de Bourgogne, les progrès du luxe, constatons qu'à Anvers il était en rapport avec un accroissement réel de la richesse publique et de la population. Nous parlerons ailleurs du commerce et des causes nouvelles de sa prospérité. Quant à la population des villes au moyen âge , rien n'est plus difficile que de produire des chiffres exacts, à cause de la rareté et de l'insuffisance des documents statistiques. Ce n'est guère que par des inductions qu'on peut s'en faire une idée approximative.
Les relevés de la population, qui n'avaient jamais lieu que pour établir la base d'un impôt ou d'une contribution extraordinaire, au lieu de se faire par tète, se faisaient par maisons ou par foyers. Mais quelle est la moyenne des individus qu'il faut compter par maison ou par foyer? Ici commence la difficulté. Les looven ou cameren qui servaient d'habitation à la classe ouvrière étaient-ils comptés comme maisons? Combien faut- il compter de foyers par maison? Toutes ces questions demeurent sans solution précise. La mention la plus ancienne que nous rencontrions relativement à la population d'Anvers, est celle que nous trouvons dans Divseus, qui dit avoir vu un livre des cens de passé 200 ans (il écrivait cela en lo80), dans lequel il était dit qu'il y avait alors à Anvers 2,000 maisons. Gramaye dit aussi quen 1397 il y eut un dénombrement par lequel on compta à Anvers 15 boulangers, 8 bouchers, 40 pécheurs et poissonniers, 15 tailleurs, 5 peintres et sculpteurs, 6 brasseurs et 200 maîtres tisserands. Il ne dit rien des autres métiers, ni des commerçants, ni des ouvriers prolétaires, ni
(1) Beliqiiiënvon Albreclit Dllrer seinen Ferehrern geiceiht. Nuremberg, 1828.
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i]e ceux (jui irexerçaient aucune profession. Ces données vagues et incomplètes ne nous apprennent donc pas grand' chose ; tout au plus, si elles ont quelque valeur, elles nous apprendraient que, de 1597 à 1455, la population d'Anvers a suivi une progression rapide, puisque, lors du dénombrement fait à cette dernière date, à l'occasion de la demande de 500,000 Philippus faite aux États de Brabant par Philippe-le-Hardi, on trouva à Anvers 5,440 foyers imposables et 466 maisons de pauvres qui furent exemptes de contribution ; ensemble 5,906 foyers.
En 1472 le nombre de foyers était de 4,510. Un quatrième recensement eut lieu en 1480, sous le gouvernement de Marie de Bourgogne, et donna pour Anvers, dans sa cuve, 5,118 foyers, dont \S'2 maisons inhabitées et 471 habitations de pauvres. En dehors de la cuve on coinpla 550 foyers, dont 41 inhabités, 94 pauvres.
Seize ans plus tard, en 1496, sous le règne de Philippele-Beau, eut lieu le cinquième recensement, qui donna pour résultat 6,162 foyers à l'intérieur et 659 hors la ville; ensemble 6,801 , dont 217 inhabités. En 1526, vers le milieu du règne de Charles- Quiiit, on compta à Anvers 8,785 maisons. On peut donc dire que, de la fin du XIV'' au milieu du XV'^ siècle , la population d'Anvers avait doublé et que, du milieu à la fin du XV% elle se trouva doublée de nouveau.
Dans ces derniers recensements, le mot foyer (haertstede) est employé indifféremment avec celui de maison : c'était donc alors la même chose. On ne peut affirmer qu'il en ait été de même dans les dénombrements antérieurs. Maintenant, quel rapport établir entre le nombre des maisons et celui des habitants? Sui~ vaut l'opinion du savant Willems, il faudrait compter à Anvers, au moins pour la période de 1480 à 1526, dix habitants par
maison. En conséquence il compte en 1480, 56,680 habilanls et en 1526, 87,850. En appliquant ce rapport aux dénombrements antérieurs, nous trouvons qu'Anvers comptait en 1397, 20,000 habitants; en 1455, 39,060; en 1472, 45,100.
Ce rapide accroissement de population avait amené non-seulement la construction de nouvelles maisons, mais de quartiers entiers. Depuis qu'Anvers avait fait retour au duché de Brabant, de nombreuses fondations pieuses et charitables avaient eu lieu. Mentionnons les principales.
En 1390, sous l'abbé Pierre Breem, fut commencée Tédiflcatiou d'une nouvelle église dans l'abbaye de S^-Michel. Elle fut continuée de l'an 1415 à l'an 1452 sous l'abbé Teerlink et achevée par son successeur l'abbé Jean Fierkens, vers l'an 1476. Cette église étant orientée selon le rite symbolique qui voulait que le prêtre en officiant eut le visage tourné vers le levant, il se trouvait que sa façade et sa principale entrée regardaient l'Escaut, de façon que les personnes de la ville, pour y entrer, devaient en faire le tour. Le chemin qui y conduisait a conservé le nom de Krom Ellehoog straet, rue du Coude tortu. En 1611, la grande entrée fut murée et l'on ouvrit deux portes latérales derrière le chœur. L'église offrait alors cette particularité qu'en entrant on voyait les autels par derrière. La tour, qui fut détruite en 1850 par l'incendie de l'entrepôt, était la partie la plus remarquable de l'édifice. Elle avait été construite entre les années 1505 et 1514, puis brûlée en 1528 et relevée après ce désastre, telle qu'elle subsista jusqu'en 1850. « Cette tour, élait carrée jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, où elle se terminait par une plateforme ornée d'une balustrade. La partie supérieure présentait un octogone percé de huit fenêtres ogivales et couronné d'une balustrade à quatre feuilles surmontée de pinacles, derrière laquelle s'élevait une flèche en bois de forme ovoïde el
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à côles a})lalies. Le vaisseau de l'église était d'une belle grandeur, bàli en croix latine et à trois nefs formées par des colonnes cylindriques qui séparaient aussi le chœur de ses bas-côtés. Ces derniers étaient seuls bordés de chapelles , et des deux collatéraux de la grande nef, il n y avait que le collatéral septentrional qui fût j)ercé de fenêtres ogivales et flamboyantes comme celle de la nef centrale et du chœur (0. » Comme la tour de rilôtelde-Ville de Bruxelles, celle de Fabbaye de S'-Michel était surmontée d'une statue colossale de l'archange.
Un riche chanoine, nommé Falcon de Lampage, qui était, selon Gramaye, préfet de la monnaie ducale à Anvers, avait fondé, sur une partie de sa vaste propriété, un asile pour de pauvres femmes. Cette institution utile et charitable avait, comme tant d'autres, dévié de son but primitif et n'était plus qu'un simple couvent de religieuses contemplatives, qui suivaient la règle de S^-François. Au commencement du XV'' siècle ce couvent avait reçu de grandes libéralités, si bien qu'en 1422 les nonnes rachetèrent tout ce qui restait de l'héritage de Falcon de Lampage, plus une maison et un verger attenants, et commencèrent la construction d'une église et d'une vaste maison conventuelle. Elles avaient adopté, cette même année, du consentement de Jean de Gavre, évéque de Cambrai, l'habit et la règle des chanoinesses régulières de l'ordre de S^-Augustin. En 1456, elles se soumirent au chapitre de Windesheim (près de Zvvolle) et adoptèrent ses statuts. Néanmoins, leur couvent était
(1) ScuAYEs, Histoire de l architecture en Belgique. L'église et les bâtiments claustraux de l'abbaye de S'-Michel ont été totalement détruits dans le bombardement de la ville , le 27 octobre 1830. Le Drabantia Sacra, de Sanderus , et le Marchionatus S. I. FI. de Leroy , contiennent une vue de l'extérieur de léglise , et ks Acfa Sanctorum (mois de juin, lomc I , p. 9Gi) un dessin de rinlérieur.
placé sous la direction des prieurs de Corsendonk el de Groenendael, qui nommaient les chapelains, et remplissaient, dans les actes civils, l'office de tuteurs. Suivant Papebrochius , le nombre des chanoinesses régulières fut fixé en 14-34, par l'évéque de Cambrai , à vingt-quatre et celui des sœurs laïques à douze. Ces sœurs laïques étaient des personnes qui, sans embrasser la règle, se donnaient au couvent avec leurs biens. C'est là, sans doute, la principale source de la grande richesse de ce couvent, qui possédait d'immenses propriétés. C'était, parmi les couvents de femmes de la ville, le premier en rang et le plus considéré par la qualité des personnes qui s'y retiraient et qui appartenaient presque toujours aux premières familles.
En 1455 furent fondés l'église et le couvent du S'-Sauveur. Voici en peu de mots leur histoire :
Pierre Pot, seigneur de Bautersem et de Pluyseghem , naquit à Utrecht en 1575. 11 était fils de Jean Pot el de Marguerite Van der Dilft. Dans sa vingt-et-unième année, il partit pour aller explorer, au profit de son commerce, les contrées du Levant. Il visita successivement la Syrie, l'Egypte, l'Arabie, et se fixa pour quelque temps à Alep. La fortune sourit à ses audacieuses entreprises et il acquit des richesses fabuleuses , dont il faisait le plus noble et le plus généreux usage. Tous les chrétiens que leurs affaires ou leur piété attiraient en Orient, trouvaient chez lui secours et protection. Il aimait surtout à exercer son hospitalité envers les Belges, car c'était en Belgique qu'il avait résolu de finir sa vie. Pieux autant que charitable, il combla de ses bienfaits le couvent des frères mineurs d'Alep et, à son départ, il lui légua tous les meubles de sa maison.
Pressé du désir de revoir sa patrie, il s'embarqua en 1404, emportant toutes ses richesses, qui remplissaient sept vaisseaux. Les pauvres d'Alep, qui avaient appris à le bénir, lui firent un
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corlége que des saints eussent envié, et raceompagnèrent en pleurant jusqu'à son navire. La traversée se lit sans encombre. La petite flottille, que Dieu protégeait, eut le bonheur d'échapper aux tempêtes, aux pirates de Tarchipel grec et aux corsaires algériens, dont une si riche proie avait dû éveiller la convoitise. Elle entra heureusement dans l'Escaut et vint jeter l'ancre devant Anvers, où le noble et opulent marchand avait résolu de fixer sa résidence.
Après avoir acheté le droit de bourgeoisie, il y établit une maison de commerce qui, pendant de longues années, fit des affaires très-considérables. Toutes ses opérations semblaient bénies du ciel, sans doute à cause du bien qu'il faisait. A Anvers, comme à Alep, son inépuisable bienfaisance l'avait rendu la providence des pauvres.
On cite de lui des traits de charité qui tiennent de la légende ; entre autres celui-ci : Pierre Pot possédait dans notre ville un vaste grenier à blé. Un jour il arriva, par un temps de cherté et de misère, que toute la provision se trouva épuisée; il avait tant donné et avec une libéralité si peu réfléchie, que le grenier se trouva vide. Cependant tous les pauvres n'avaient pu être soulagés, et les malheureux ne cessaient d'assiéger sa demeure. Pierre Pot chargea l'un de ses domestiques de se rendre au grenier, et de distribuer aux nécessiteux jusqu'au dernier petit grain qu'il pourrait trouver. Le serviteur croyait bien qu'il allait faire un chemin inutile; néanmoins il obéit, et voilà qu'à sa grande surprise il trouva le grenier tellement chargé de blé, à deux pieds de hauteur, qu'à peine put-il ouvrir la porte. Les pauvres eurent de nouveau à manger, et pour longtemps (').
(1) Sanderls, Chronoqraphia abbatiœ sancti Salvatoris , Cap. I.
Mi HISTOIRE DE LA VILLE D ANVERS.
Cependant Pierre Pot avait songé à laisser après lui une institution qui put éterniser sa bienfaisance.
En 1451 il s'adressa au pape Eugène IV pour avoir Taulorisalion de fonder une chapelle et une chapellenie, où se feraienl régulièrement des distributions d'aumônes. Le pape subordonna son autorisation à celle de Tabbé de S'-Michel, dont les droits pouvaient être lésés par Térection d'une chapelle dans sa paroisse. La réponse de Tabbé se fit attendre ; cependant, en 1453, Pierre Pot fît commencer la construction de la chapelle et d'une maison attenante. La chapelle fut dédiée par le fondateur au S'-Sauveur, en souvenir de sa ville natale, où S*-Willibrord avait fondé également, au VHP siècle, une église sous la même invocation.
A peine cette construction fut-elle achevée, qu'on commença à y faire, régulièrement tous les mercredis, une distribution d'aumônes. Avant de donner à l'établissement sa forme définitive, le bienfaiteur voulut voir à l'essai ce qu'il en coûterait pour atteindre le but qu'il s'était proposé.
Enfin, en 1457, l'abbé de S*-Michel, d'accord avec le chapitre, donna son consentement, aux conditions suivantes:
V Qu'il serait construit pour le chapelain une maison à côté de la chapelle du S*-Sauveur;
(Suivent de 2 à 5 les obligations religieuses du chapelain;)
e** Que le chapelain aurait la direction des biens à affecter par le fondateur à l'érection d'une maison d'aumônes , à charge d'en rendre compte, deux fois par an, au prieur des Chartreux du Kiel, et qu'il aurait pour cela deux muids de froment et deux florins du Rhin annuellement;
7° Que si le chapelain avait affaire avec des femmes, il pourrait être destitué ;
8" Qu'aucune femme de mauvaise vie ne pourrait passer la nuit dans sa maison, ni dans le voisinage de la chapelle ;