CHAPITRE UUATOUZIKME. ^Oâ
d" Que le chapelain ne pourrait permuter avec un autre prêtre sans le consentement du protecteur ;
10° Que la présentation du chapelain à nommer appartiendrait au fondateur, sa vie durant, et après sa mort, au prieur des Chartreux (i).
Cette dernière condition ne fut pas remplie, car, jusqu'en -1477, le droit de présentation du chapelain appartint au chapitre de Notre-Dame.
Alors Pierre Pot, de commun accord avec sa femme Marie Terrebroots, fit dresser l'acte par lequel il affectait à la maison du S'-Sauveur, sise rue du Munster (aujourd'hui Grande rue Pierre Pot), des biens considérables, la plupart situés en Zélande.
Pierre Pot régla lui-même, par un autre acte, tout ce qui concernait l'administration de la maison et la distribution hebdomadaire d'aumônes qui s'y devait faire. Dans cet acte, disent les auieurs du Geschiedenis van Anhverpen, la charité, la philanthropie, la libéralité et le bon sens de cet homme vertueux brillent de tout leur éclat (2).
Pierre Pot avait demandé au pape Eugène IV la confirmation de sa fondation et les pouvoirs nécessaires pour révoquer au besoin le chapelain. Lorsque la bulle arriva, le fondateur avait changé son plan. Soit que déjà les abus prévus dans l'acte d'institution se fussent réalisés, soit qu'il en eût prévu d'autres, il avait résolu de remplacer les clercs attachés à la chapellenie par des religieux réguliers.
Ce changement paraît s'être fait sans de grandes difficultés. Le premier prieur, André Van Elborg, venait de mourir; le chapelain
(1) DiEHCXSENS, Antweriùa, t. 11, j). ^49.
(2) Tome 111, p. 60. Nous remarquons, comme trait de mœurs, que de nouvelles précautions sont prises dans cet acte contre les débordements des prêtres attachés à rétablissement. En cas de mauvaises mœurs, ils pouvaient être destitués par le prieur des Chartreux du Kiel.
fut révoqué par l'abbé de S'-Michel, et les autres clercs renvoyés. On fit venir d'un couvent de Déventer huit moines de l'ordre de Cîteaux. Pierre Pot leur abandonna, outre l'aumônerie et la chapelle du S*-Sauveur, sa propre maison et tout le terrain avec les maisons compris entre la rue du Munster, la rue aux Cheveux, la rue Haute et le marché au Lin. 11 y joignit le don d'une bourse remplie de nobles d'or, et de nouvelles et vastes propriétés situées en Zélande. La chapellenie devint alors un prieuré de l'ordre de Cîleaux.
Les terres situées en Zélande étaient exposées à être submergées lors des fortes marées ; les prudents religieux eurent soin de faire stipuler que, dans le cas où ces propriétés, par suite des inondations, ou par les événements de la guerre, ne rendraient pas leur revenu habituel, ils pourraient employer à leur propre entretien l'argent destiné aux aumônes. Dès lors , les calamités n'étaient plus à redouter : il n'y aurait plus que les pauvres qui en pâtiraient.
La bulle d'Eugène IV avait expressément stipulé que la fondation ne pourrait renfermer que huit religieux et quatre frères laïcs. En même temps elle fixait le revenu au-delà duquel le couvent ne pouvait recevoir ni terres ni rentes. Les moines ne tardèrent pas à obtenir du S^-Siége le retrait de ces deux dispositions, contraires à la prospérité de leur maison. Aussi prospéra-t-elle si bien, qu'avant la fin du siècle elle avait donné naissance à deux maisons semblables, l'une à Zirikzee, l'autre à Waleringue, en Zélande.
En 1662 le couvent du S^-Sauveur fut élevé du rang de simple prieuré à celui d'abbaye. Les moines avaient dû pour cela fournir à l'abbé de Citeaux, général de leur ordre, la preuve que leur maison possédait les revenus nécessaires pour occuper honorablement ce rang et pour fournir à l'entretien d'un abbé mitre et de vingt-quatre religieux.
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Piori'o Pol mouriu cn i45ô; il avait élc crée chevalier en 144^ par Philippe-le-Bon. Sa femme, Marie ïerrebroots, qui l'avait dignement secondé dans toutes ses œuvres de charité, lui survécut jusqu'en 1459. Les religieux de S'-Sauveur lui firent construire dans leur église un magnifique mausolée, qui paraît avoir été un chef-d'œuvre de sculpture, mais qui fut malheureusement brisé par les iconoclastes du XVI^ siècle.
L'inscription suivante, enchâssée dans le mur donnant sur la cour intérieure du Steen, rappelle une autre fondation pieuse de Pierre Pot. C'est aujourd'hui le seul monument qui témoigne auprès des Anversois du passage de cet homme de bien.
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CHAPITHE XV.