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visiter Lullicr ol Mélanclilon, auxquels il exposa ses idées. Leur exai^^ératiou époi»^'^^"^'^ ^^'^ chefs de la Rélornie. Luther écrivit aux magistrats d'Anvers pour les prévenir « qu'un serpent se trouvait caché parmi les anguilles, et que l'homme qu'on lui avait envoyé lui semblait tellement dangereux, qu'il fallait qu'il fût possédé du diable pour oser enseigner des doctrines aussi perverses et aussi anarchiques. »
Cet avertissement charitable ne fut pas perdu. Au moment où les Loyistes s'y attendaient le moins, leur conciliabule fut envahi ; tous furent arrêtés. Leur procès ne traîna pas en longueur : le 25 octobre 1544, Loy fut brûlé vif, ses deux principaux adhérents décapités et les autres punis d'amendes et de prison.
Jusqu'ici la Réforme ne s'est produite en Belgique que sous les apparences d'efforts individuels pour se détacher de la communion romaine. Grâce aux persécutions, elle prendra bientôt une forme politique, et se trouvera mêlée aux plus graves et aux plus tristes événements de notre histoire.
Le plus terrible des édits portés par Charles-Quint est celui du 29 avril looO. Il fut suivi d'un placard en date du 30 mai, contenant une disposition qui jeta le plus grand trouble dans notre place. Les jeunes chrétiens, c'est-à-dire les descendants des Maures et des Juifs convertis « par le fer et la flamme » en Espagne et en Portugal, furent privés de l'autorisation de séjourner en Belgique. Il était ordonné aux officiers publics de suivre ponctuellement et rapidement les ordres des inquisiteurs nonobstant les privilèges. Cette mesure, qui faisait pressentir le prochain établissement de l'inquisition espagnole, répandit la terreur dans tous les esprits. Beaucoup de ç^ç^?, jeunes chrétiens, expulsés de l'Espagne, s'étaient fixés à Anvers, alors dans toute sa splendeur, et où se trouvaient des négociants de tout pays et de tout culte. Aussi, les transactions commerciales lurent-elles subitement frappées de stagnation. Le Conseil de Brabant avait protesté contre le placard : les villes suivirent cet exemple. Le magistrat d'Anvers ne consentit à en faire la publication que lorsque le chancelier lui eut
donné la garantie que le marquisat ne subirait point l'établissement de l'inquisition. Il renouvela en même temps sa protestation contre le rejet des privilèges.
L'inquisition avec ses bûchers, ses tortures, ses procédures secrètes et son cortège d'espions et de délateurs : tel était le hideux fantôme dont l'approche glaçait de terreur les Anversois, au milieu de la plus éclatante prospérité. C'était le dernier cadeau qu'ils attendaient de la main du bon empereur Charles-Quint.
CIlAl'ELLE DITE DE BOURGOGNE.
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PMORAMA D'AMERjS AU COMMENCEMENT DU XVI= SIECLE
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