‹ Histoire de la ville d'AnversChapitre 91 sur 108 · C.llArirUK VlNC.T-ni ATIUEME. :>oo · texte numérisé non relu

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Le liMidoiiinin, "29 mai, lo Large Conseil s'assembla. Le prince dOraiiii^e s'y plaignit amèrement des scènes de violence qui avaient rompu la Paix de religion et violé les stipulations de la Pacification de Cand. Il i)arla de se retirer et d'abandonner la ville à l'anarchie. Le bourgmestre Van Slralcn tint le même langage. Rien toutefois ne lut décidé. Le lendemain il y eut une nouvelle assemblée, dans laquelle le Prince prit l'avis des magistrats et des différentes autorités, pour le soumettre au Conseil d'État. La déportation du clergé catholique était une allaire trop grave pour que ce prudent politique voulût personnellement y engager sa responsabilité. Après de longs débats il fut cependant résolu qu'on s'en rapporterait à la sagesse du Prince et de TArchiduc. Le 1:2 juin ceux-ci rendirent une ordonnance en treize articles, dont les points principaux étaient ceux-ci : —Anvers et le pays de Reyen entraient dans l'Union d'Utrecht. — Les églises de Notre- Dame, de S'-Jacques et de S'«=-Walburge demeuraient aux Catholiques. — Les processions, et en général toutes les cérémonies extérieures du culte, étaient interdites; toutefois il était permis de porter le viatique aux mourants, mais sans pompe et sans sonneries. — Les Beggards et les ordres mendiants étaient bannis de la ville. ~ Le magistrat et tous les membres de l'administration communale devaient prêter serment de prendre sous une protection égale les Catholiques et les Réformés.

Une nouvelle Paix de Religion fut proclamée le même jour. Quoiqu'elle fiit qualifiée de perpétuelle, elle ne dura pas plus longtemps et ne fut pas plus sincèrement suivie que la précédente. Les Réformés, maîtres de la situation, n'étaient i)as plus disposés à la tolérance que les Catholiques ne l'avaient été naguère à leur égard.

Des ecclésiastiques déportés, environ cinquante demeurèrent bannis comme ayant provoqué les désordres du 28 mai. Parmi eux se trouvaient le doyen et presque tous les chanoines de la Cathédrale, les curés de Notre-Dame, de S'-Jacqucs, de S^-Ceorges et du Réguinage.

Les biens des ordres religieux et des ecclésiastiques bannis furent

mis SOUS séquestre. Quand ils réclamèrent sur leurs revenus une pension alimentaire, elle leur fut refusée. Les Protestants du XVI'^ siècle se montrèrent plus injustes et moins humains que les conventionnels du XVIII^

L'accession d'Anvers à l'union des provinces du nord, constituées en République indépendante, eût été un événement immense, si elle se fut accomplie dans des circonstances qui lui eussent permis de sortir ses effets et d'assurer sa durée. Dans l'isolement où se trouvait notre ville , et sous la menace des canons du prince de Parme, ce ne fut qu'une vaine formalité. Il est impossible, réserve faite toutefois de la question religieuse, de ne pas éprouver le regret que cette accession n'ait pu devenir une réalité.

Maestricht avait succombé le 19 juin 1579, après une défense longue et acharnée, sous les armes d'Alexandre Farncse. On savait maintenant que toutes les forces du général victorieux allaient être dirigées contre Anvers. Un siège était regardé comme inévitable, dans un temps plus ou moins prochain. De sérieuses mesures furent prises pour y faire face. La bourgeoisie reçut une organisation toute militaire. Par une ordonnance du mois de juin 1580, la ville fut divisée en huit commandements sous autant de colonels. Chaque commandement était de dix cornettes, sans compter les six cornettes des Serments ; ce qui faisait donc ensemble quatre-vingt-six cornettes. Chaque cornette était commandée par un capitaine. Tout individu valide, de vingt à soixante ans, était forcé d'en faire partie ; ceux du magistrat et leurs employés étaient seuls exceptés. On dispensa du service les marchands portugais, anglais et hanséates; mais les autres nations furent obligées de fournir des hommes pour la garde journalière. Des corps de garde furent construits dans les différents quartiers. Chaque jour les bourgeois étaient exercés au maniement des armes.

On songea aussi à améliorer les fortifications. Les fossés furent élargis et approfondis ; les remparts épaissis, plantés d'arbres et séparés par des barrières. Aux angles des principales rues on disposa des

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chaînes, prêtes à être tendues. Cliaque cornette de gardes bourgeoises en eut quelques-unes à surveiller. Nos chroniqueurs nous apprennent que ces chaînes seules avaient coûté près de cent mille llorins.

Dans sa séance du 9 février 1581, le Large Conseil décida que toutes les maisons et constructions qui pouvaient offrir à l'ennemi un abri pour s'approcher de la ville à couvert, seraient démolies, et celte résolution lut immédiatement exécutée. Le couvent des nonnes de Ter Ziden fut compris dans ces démolitions.

Un conseil de guerre fut institué, d'accord avec les États, pour délibérer sur toutes les mesures militaires à prendre, non seulement à Anvers, mais dans tout le Brabant. Ce conseil devait siéger à la maison d'Aix, sous la présidence de l'Archiduc, ou plutôt du prince d'Orange, dont l'Archiduc n'était que le prête-nom.

Ces préoccupations d'un ordre si grave étaient seules capables de distraire un moment les esprits des querelles religieuses, qui s'envenimaient de plus en plus. Les Protestants, en majorité dans le Conseil, occupant presque toutes les fonctions publiques, ne mettaient pas de bornes à leurs prétentions et violaient à chaque instant la Paix conclue avec les Catholiques. Ils pressaient les magistrats de hâter l'inventaire des propriétés ecclésiastiques séquestrées, afin d'arriver promptement à une vente de ces biens. Cependant, le 7 octobre 1579, le prince de Parme avait publié un édit, au nom du roi d'Espagne, déclarant nulles et sans valeur de semblables ventes.

Cela n'empêcha pas le magistrat d'ordonner à tous les ecclésiastiques, par un décret du 30 avril 1580, de faire la déclaration de tous leurs biens meubles et immeubles entre les mains d'une commission désignée à cet effet. Cet ordre fut renouvelé le 13 mai suivant, avec défense à qui que ce fût « de payer auxdits ecclésiastiques aucune espèce de rentes ou de cens, jusqu'à ce qu'il en fût décidé autrement. »

On ne sait pas au juste, disent les auteurs du Geschiedenis van A utwerpen, quels sont les biens ecclésiastiques que les Réformés réus-

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