II. L'élat permanent d'hostilités dans lequel étaient
les Officiers municipaux et ceux de l'Election , n'avait pas dispose' favorablement ces derniers à faire droit à la demande des premiers en radiation de leurs noms sur le rôle des tailles. Non-seulement les ordres pour 1 6o5 , n'avaient pas été révoques , mais ils avaient été renouvelés pour 1606. Les Officiers municipaux , croyant trouver plus de faveur auprès des Elus généraux , arrêtèrent, le 4 décembre , de soumettre à leur approbation la délibération par laquelle les habitans avaient reconnu la justice de leur demande. Par cette démarche irréfléchie , ils ne gagnèrent qu'un affront ; les Elus généraux déclarèrent abusif l'usage dont ils se prévalaient. Depuis ce temps , les Officiers municipaux ont été assujettis à la taille ; et cependant , pour se placer dans leurs rangs , il n'y eut pas moins de souplesses et d'ardeur qu'auparavant.
I. Au mois de mai , un Capucin , (1) frère Just Dalendard , parent d'un des Ecbevins , et probablement né à Auxerre , vint y passer quelque temps , et prêcha à la Cathédrale , en présence de l'Evêque , trois dimanches consécutifs. La satisfaction fut si générale , qu'après le troisième sermon , le 1 1 juin , M. de Donadieu , en sortant de l'Eglise , suivit la foule jusqu'à l'hôtel de ville , où spontanément une
(1) On prononçait et on é> rirait alore Capuehin,
38 CHAÏM1TIE XII! ,
grande «partie de 4a population se trouva assemblée, il y eut unanimité pour reconnaître qu'il était désirable d'avoir dans la ville un Courent tic Religieux qui , fcvct le zète et le savoir du frère Just , se vou aient à la pauvreté et à l'instruction des habitans de la campagne ; que cet cHablisscment ne serait pas dispendieux , puisque ces Rcligicn* , ne vivant que d'aumènes , n'avaient besoin que d une maison , une Eglise et quelques meuMes. L'Evêque , qui avait conçu le même désir , déclara qu'il participerait à cette bonne ceuvre de tout son pouvoir. Aussitôt les offres d'y contribuer devinrent générales , et forcn* si fermement exprimées , que le CorpS municipal députa , sur-le-champ , M. Germain Lauvergcat, GonseiHer, <* l'un des Ecfievins , a Paris , pour solliciter l'autorisation; qu'il obtint facilement, par les bons offices du Duc de Bellegarde.
M. de Donadieu acheta seul tout le terrain que ces Religieux occupaient encore en 1790 , et fit commencer l'Eglise. Sa dépense s'éleva à 4»Goo livres ; le Corps municipal y ajouta 3f6oo livres , et une quête abondante procura tout le surplus de ce qui était nécessaire. Dans le même été , l'Eglise et les bâtimens indispensables furent achevés , ainsi qu'un grand Calvaire devant la porte du Couvent. La bénédiction en Sut faite par l'Evêque , en pré*senec du clergé et de toutes les autorités, Cette cérémonie eut aussi pour témoins le P. Raphaël , Provincial de l'ordre des Capucins , et cinq de ses Religieux , parmi lesquels on remarquait , malgré lui , le frère Ange , ancien Comte du Bouchage , Duc
DIX-&Ê*TrètoE SIÈCLE. 39
de loyer»* , Pair de ÏYancè , Cbévâ/lièr des Ordres tiu Roi , et Maréchal dè France, (i).
II. 16 mars, Arrêt de la Cour des Comptes, faisant très -expresses de'fenscs aux Conseillers du Bailliage ide s'immiscer , à l'avenir , dans l'administration des «emers punnes , scrus perrre u en être personnellement responsables. Des habitans poursuivis en paiement de droits d'octroi , avaient porté leurs oppositions au Barllrage, et lesJugcS avaient cru pouvoir leur îaire des remises. Dans l'examen du compté du Receveur , la Cour découvrit cet excès de pouvoir , et c'est à ce sujet qu'elle crut devoir rappeler aux Magistrats les limites de leur compétence.
m. 24 juin , M. Bcrault est re'e'lu Maire pour un an, ainsi que l'abbé de Rigny, Xiouverneur ecclésiastique du fait cômmun.
lV. 28 septembre , Etienne Desellc , maître éc*ivaîn , à -qui le Corps municipal avait , en 1602 , loué l'ancien Collège pour un lover modique , attendu que son école offrait aux classes inférieures de la population l'instruction qui leur convenait , et qu'il n'y avait trouvé qu'un très-faible produit, prie les Officiers municipaux de lui continuer la jouissance de ce
(1) ftargedé, 3e qui j'emprunte ces détails, t. Il, p. ai^, ajoute que \k tttré Ato# ■ |>rMiÉ I h Galbldràlè , ^ehflaért l't^iA^è 1610 ; le fait est f robableraeot vWi , mtfè à coup «ûrv il r a erreur de date : le Doc de Joyeuse est mort à Turin , en revenant de Rome , le 6 octobre * 1608, suivant ï'auteur âe sa vie.
* iftore'rï dît le 27 septembre.
4o CHAPITRE XIII ,
local , mais à titre gratuit. Sa demande est trouvée juste. On le charge seulement d'employer six livres en réparations, dans chacune des six années qu'on lui accorde. V. i6i3 , n. if.
V. Sur la fin de celle année , le procès sur le droit de chasse dans lequel les Ofliticrs municipaux avaient eu l'imprudence d'intervenir, en i6o3 , annonçant des titres qu'ils ne purent pas trouver , fut terminé par un arrôt qui , attendu leur impuissance de justifier leur intervention , les y déclara non rccevahlcs , et les condamna aux dépens de la Dame de Villcfargcau taxés 31918 livres.
I. Le 10 avril mit fin aux perplexités des habitans sur le Collège. Leur appel du 2 février i6o4> avait donné lieu à trois années de procédure. Par un premier arrêt , le Parlement avait choisi dans son sein trois Commissaires chargés de visiter l'édifice d'Amyot , et de lui en rendre compte ; ce qui était déjà d'un heureux présage. Ces Conseillers étaient venus à Auxerre , et probablement avaient reconnu l'exactitude de ce qui avait été allégué par la ville sur la destination donnée à cet édifice en le construisant. Enfin l'affaire fut plaidéc solennellement à la Grand'Chambre. Aux moyens dont j'ai déjà donné les détails , l'Avocat de la ville ajouta l'oflre de prouver le traité fait entre Amyot et les PP. Jésuites, pour établir l'enseignement public dans ce qu'il appelait lui-même le Collège d Auxerre. Il se prévalut , surtout , de
l'inscription qu'il avait composée pour être placée sur la porte du Collège , et conçue en ces termes •
CHBISTO SERVATORI OPTIMO SACRUM.