PROMER CALES HABENTUB , MON ARE , SED STUDIO , PIETATE ET LA BORE
PRO INDE . TURPES IMPII ET IGNAVA SEGNITIE DEGENERES AB ISTIS FORIBUS PROCUL FACESSITE.
L'Evèquc , de Donadieu , intervint comme chef de l'Instruction publique dans son Diocèse ; articula que tous les bois employés dans les bâtimens avaient été' pris dans les réserves de l'Evèche'!, et sans les autorisations nécessaires ; il conclut au maintien de la ville dans sa possession ; dans le cas contraire , à ce que les héritiers Amyot fussent tenus de payer le prix de ces bois.
Enfin , le Parlement , par un arrêt définitif prononce' en robes rouges , « sans s'arrêter aux nouveaux » faits articules , et mettant au néant la sentence , » ordonna que le Collège bâti par le défunt Evèque » d'Auxerre, demeurerait comme lieu public, avec » ses appartenances, à la ville d'Auxerre ; lequel , les- » dits Maire et Echevins seraient tenus d'entretenir » pour y loger , faire instruire la jeunesse aux bonnes » lettres; et à cet effet, tenir Précepteurs et Regens
4 2 cjwuprni* mi ,
*» capables > sans <|u'à l'avenir* H put «être employé » à autre chose , ni aliéné y quen outre , ils séraient » tenus de remplir les obligations contenues dans la » transaction de *6o3 ; et compensa les dépens. >» Cet arrêt est rapporte par Denisart , au mot Pollicitation. M l'est également par Lacotnbé , Montholon et Bouguicr.
U. 24 jum * M- Claude de Tournai , lun des Trésoriers généraux de la tienértdité de Bourgogne , résidant à Auxerrè , est élu Maire.
Ifl. Les revers éprouves pàr lés Auxerrois pour leur prétendu -droit de chasse sur les territoires de la banlieue, ne les rendirent pas plus réserves. Au mois de septembre , ils se re'unircnt à des habitans des villages voisins / et se jetèrent , au nombre de 3 à 4,000 , sur le finage dé St-Bris. Le Prévôt de Chablis fut commis par les Juges de la Table de marbre du Palais de Paris , pour inFormét sur les faits dont le Seigneur du lieu avait porte plainte. Il y procéda tes 23, 24 et 25 du mèmé mois. Les suites tic cet événement ne sont pas connues ) mais V. 1 686, n. vu .
I. 27 juin , M. de BurTévànt présenté aux Officiers municipaux dés lettres patentes du Roi qui le nomment Capitaine àe là ville et da Château tTAnxerré. fis hri dédaréht « tpi'ils ne s'opposent pas a ce tpi'il n soit Capitaine du Chate*ra , en lui obséfvant que » imidit Châtéàu , il hè réste que des ruines 'et des * tnasures, dans lésquellés «ont les prisons wyrfes ,
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>» et de* chambras , où se fait rexpédîtron de la jn* » stice ordinaire du Bailliage et siège présidial; à la » charge , toutefois , par M. de Buffévânt, de prendre >» $es gages du Receveur du Domàiwe du Roi , et » non sur les deniers Communs de la ville; qu'à » lcgard de la datrse de Capitaine de la ville , Au- ». xerre est du Gouvernement de Bourgogne , et n'a >» jamais tonna 4'autre Gouverneur oui est , de » présent, Monseigneur le Prince de Condé; que » si M. de Buffévânt insiste à cet égard , ils forme- » ront opposition à sa réception. » Il se retira , peu satisfait de son brevet, et l'on n'en entendit plus parler.
I. Parmi les droits d'Aydes , il en était un si énorme qu'on l'appelait Gros. Il e'tait , en effet , le vingtième du prix de la vente du vin. Mars le Comté d'Aoxerre en était exempt , par un motif que toutes les subtilités du fisc ne pouvaient pas ébranler. Ce droit avait c'té crée' en 1 356 , pour la délivrance du Rot Jean , alors prisonnier en Angleterre. Les habitaos de l'Auxerrois avaient en , dans le même moment , à faire là rançon de leur Comte Jean III , qni était , avec le Roi , renfermé' dans îa Tour de Londres ; et y avaient consacre* pendant trois années le dixième de leurs vins. Néanmoins cette année , Jean Duvernay , fermier du Comté , voulut assujettir le pays à te droit. Heureusement c'était à Auxcrre tt dans les environ» qu'Henri IV faisait acheter tous ses vins. Les Officiers municipaux ne tràignirent pas de solliciter de lui -même une retommandation auprès de son Conseil,
et ils l'obtinrent. Le 1 6 mai , un arrêt , en rejetant la demande du fermier , ordonna que les habitans continueraient de jouir de l'exemption pour le vin de leur cru f et qu'à l'avenir la ferme ne serait donnée qu'à la charge de cette exemption.
II. 24 juin , M. Matbcrat, Cbcvalier de l'Arbalète, abat le Papcguay , pour la troisième fois. Sur l'attestation de 19 Chevaliers , il est proclame' Empereur par le Corps municipal , et admis à jouir , pendant sa vie , des privilèges et exemptions qui lui sont dus. L'exercice de ces Chevaliers se faisait sur le rempart , appelé les Buttes , depuis la porte d'Eglény jusqu'à la Tour S.-Vigilc , au nord de cette porte. V. 1616, n. m.
I. 1 6 mai , jour de deuil universel . Le Roi a été assassine ! il est mort ! Ces cris , en un instant , retentirent dans toute la ville. Le Maire venait de recevoir une lettre du Duc de Bellcgardc , lui donnant les détails de ce crime , commis l'avant-veillc , par Ravaillac. Le Duc recommandait , en même temps , de veiller avec le plus grand soin à la garde de la ville. Recommandation superflue ; au premier mot de cette nouvelle , tous les Bourgeois avaient couru aux armes , et ferme les portes. On jouissait t depuis douze à treize ans , des fruits abondans d'une paix générale. Henri IV , avec la loyauté de son caractère, avait tenu ses promesses envers les Catholiques ; on connaissait son mot pour que l'aisance se répandit dans toutes les classes de la société; et le voyant
succomber sous le fer d'un assassin , on regardait cet attentat audacieux comme le signal du retour des calamités du siècle précédent. Cependant quelques temps après , on sut qu'aucun mouvement n'avait eu lieu , ni dans la Capitale , ni dans les provinces ; que le Parlement avait déclaré la Reine Régente , et que tous les Ministres du Roi étaient conservés. Les alarmes cessèrent , il ne resta que de vifs regrets.
Pendant un mois , des services funèbres furent successivement célébrés dans toutes les églises de la ville et du Diocèse , suivant Tordre réglé par un mandement de M. l'Evèquc. A celui de la Cathédrale , l'oraison funèbre fut prononcée par un Auxerrois , Edmc Martin , Abbé régulier de S.-Marien ; et il la fit avec succès , suivant l'expression de l'Abbé Lebcuf.
II. Le 23 août , M. Octave de Bcllegardc , encore laïc, et âgé seulement de 24 ans , mais fils du Duc de Bellegarde , Lieutenant général de la province , prit possession de la riche Abbaye de S.-Germain , dont le Roi , quelques jours avant sa mort , l'avait investi. Le Pape , en agréant sa présentation , lui avait imposé la condition de faire profession dans l'ordre de S. Benoît. H fit , en effet , son noviciat , prononça ses vœux dans l'Abbaye même de S.-Germain , et y résida jusqu'en 1614, qu'il fut promu à l'Evcché de Couscrans. V. 1629, n. v.
III. Au mois de novembre , M. Claude Girardin fut installé Prévôt royal, en remplacement de M. Gilles Thicrriat, décédé.
I. 24 juin , M. de Tournay est réélu Maire. Les deux Gouverneurs du fait commun furent l'Abbé François Armand , Chanoine , et M. Claude Dclafaye , marchand.
II. Dans le même mois , il y eut à l'hôtel de ville une assemblée des trois Ordres du Comté , pour élire des Députés , afin de solliciter de la Reine , mère du Roi , la confirmation , au nom de son fils , des privilèges du pays , et particulièrement de l'exemption du droit de Gros , si vivement attaquée deux ans auparavant. Ces Députés , recommandés par le Prince de Condé , Gouverneur de la province , et par le Duc de Bellegardc , Lieutenant général , obtinrent une confirmation pleine et entière. Le Ministre par excellence , le Duc de Sully , administrait encore , et ne fui congédié <jue deux mois après.
III. 3o septembre , un arrêté du Corps municipal ordonna au Receveur de payer 1 o livres au Roi des albalêtriers , pour les réparations qu'il avait feit faire au jeu de l'arbalète ; à la charge d'en rendre compte aux Chevaliers de sa Compagnie. Cest le dernier signe d*cxistcnce de ces Chevaliers , qui soit dans les archives de la ville; mais v. 161 4» n. 1.
I. Dans tout ce qui a été fait pendant cette année pour le bien-être dos habitans , on aoerçoit l'état
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de prospérité que le règne , trop court , d' Henri IV , avait rendu à la ville.
Au «lois de mars , le Corps municipal donna aux Cordelière, à titre d'aumône, une sonne de 5o livres , pour les aider à rétablir leur église , leur cloître et leur librairie* ruinés par les Calvinistes. Les Jacobins, en reçurent autant , et par Le même motif. Les Capucins , qui , depuis deux ans , avaient prêché l'avant et le carême à la Cathédrale , furent gratifiés de qq livres, remises pour eux à leur père temporel, M. Gilles Girard , Conseiller au Bailliage.
Jl. Au mois de juin , on voulut mesurer la quantité des eaux de la fontaine Ste~Geneviève, et savoir si elles étaient assez, abondantes , pour être conduites par canal y comme jadis celles de Yallan , jusqu'au bassin de la place du Pilori ; ou du moins jusqu'aux Capucins , ce qui lea rapprocherait de la ville , et surtout du faubourg Sk-Amatr© , dont les maisons couvertes de ckaume , étaient fréquemment la proie des flammes. On employa à cette expérience environ 3oo> journées de terrassiers ; mais on trouva le volume trop faible pour la ville , et on l'abandonna aux Capucins. Ces Religieux , sans autre ressource que celle de leurs bras , parvinrent à (aire passer leur Couvent de son état naturel d'extrême aridité à celui d'une irrigation abondante et continue ; en sorte que , tandis que l'eau potable manquait aux habitaoa , les Capucins portaient la décoration de leurs jardins jusqu'au luxe innocent des jets d'eau.
IU. Au mois d'août , des travaux considérables furent entrepris pour éviter la chute des trois pte-
mièrcs arches du pont du côte de la ville , qui étaient en grand péril. Il fallut les racoustrer depuis les fondations. La maçonnerie seule coûta i ,000 livres. Elle fut garnie de 680 livres pesant de fer , pour crampons , bandes , boulons et anneaux , dont le prix , y compris la main-d'œuvre , fut de 102 livres.
IV. En même temps, on s'occupa du raeoustrement des deux montres de l'horloge , rompues et gâtées par les injures du temps. On dépensa 3 20 livres pour les dorures et peintures des feuillages , Daulphins , Salamandres et pieds droits. On voit qu'il y avait alors beaucoup plus de recherche qu'aujourd'hui dans les ornemens de ces montres. V. 1772 , n. vi.
Pendant qu'on réparait le cadran, dans la nuit du 8 au 9 septembre , les ressorts de la sonnerie se cassèrent , et c'était alors une calamité quand l'horloge cessait de sonner les heures ! Les pendules et les montres étaient encore infiniment rares et chères. Les cadrans solaires n'ayant de mérite qu'en l'empruntant du soleil , en manquent plus souvent qu'ils n'en ont. Le Corps municipal s'assembla donc extraordinairement , et autorisa le mattre horlogeur , Alexandre, à faire tout ce qui serait nécessaire pour rendre à l'horloge la faculté qu'elle avait perdue. Quinze jours après , l'accident était réparé.
V. Ainsi tout se renouvelait dans Auxcrre ; mais le Château servant de Palais de Justice , qui , dès 1602, menaçait d'écraser plaideurs et Magistrats, attendait encore sa reconstruction, ordonnée la même année par le Conseil. Ce retard désolant, n'avait pas eu d'autre cause que l'accomplissement des formalités. La
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dépense devait être supporte'c par tous les habitans du ressort du Bailliage , proportionnellement à leur contingent dans la taille royale ; et ce ressort s'étendait sur trois Généralités , Paris , Orléans et Dijon. Pour réunir les élémens de la répartition , il avait fallu les demander à trois lntendans , qui ne pouvaient les obtenir que des Officiers de six Elections , Auxerre , Vézelay , Clamecy , Gien , Joigny et Tonnerre. Dans le long voyage qu'avait fait l'arrêt à travers toutes ces autorités , il s'était trouvé frappé de surrannaiion , et une nouvelle instruction était devenue indispensable. Le Procureur du Roi du Bailliage s'était , en effet , adressé de nouveau au Conseil , qui , le 1 4 juillet de cette année, avait chargé les Trésoriers généraux de Dijon de vérifier ce qu'il convenait de faire pour la réparation ou la réédification de ce bâtiment. M. de Tournay , l'un d'eux , habitant Auxerrc , fut délégué pour cette visite , et la fit le 29 octobre. Malgré son zèle pour la ville , dont il avait été Maire , peu de temps auparavant , il fut d'avis qu'une dépense de i5,8oo livres, pourrait conserverie bâtiment. En conséquence , un second arrêt du Conseil , du 8 novembre , autorisa les Trésoriers généraux à adjuger les travaux au rabais ; et provisoirement le Lieutenant général , avec les gens du Roi du Bailliage , et les Officiers de l'Election, à faire l'assiette de 10,000 livres sur toutes les paroisses du ressort. V. 1617 , n. m.
VI. 28 décembre , Charles de Gonzaguc-Clèves , Duc de Nevers , l'un des quatre Barons de FEvêquc , vint à Auxerre , lui rendre foi et hommage pour sa Baronie de Donzy.
I. Au mois de mars , Jean Caillcau , ancien marchand , séparé de biens d'avec sa femme , plusieurs fois emprisonne' pour dettes , et ne vivant que d'intrigues , imagina de dénoncer au Conseil du Roi les Officiers municipaux , ainsi que deux Receveurs de la ville , comme coupables de concussions et de malversations ; et leur fit notifier un arrêt du Conseil qui l'autorisait à en faire informer par le premier Juge royal. Au lieu de remettre cette commission au Bailliage , Caillcau la remit au Prévôt , M. Claude Girardin , qui était en procès avec les Officiers du Bailliage , et traduisit devant lui tous ceux qu'il accusait pour qu'ils eussent à représenter les commissions, déparlemens et impositions des deniers des recettes, et de celles provenant des fermes des Aydes , avec les états des recette et dépense par eux faites depuis i6oq. Les deux Receveurs , Seurat ctPetitfou , crurent pouvoir arrêter cette procédure en s' adressant aux Officiers du Bailliage. Ces Officiers , en effet , mandèrent le Prévôt , pour qu'il eût à justifier de la commission qu'il disait avoir. Mais il n'y eut aucun égard , et de ce conflit résulta une scène qui prouve combien sont précieuses les formes protectrices de la liberté individuelle instituées depuis ; scène qu'on aurait de la peine à croire , si M. Girardin ne la rapportait pas lui-même dans un procèsverbal.
Le 20 avril , M. Ferroul , Procureur du Roi du Bailliage , voulut forcer le Prévôt à l'obéissance , et
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sachant que celui-ci allait passer sur la place de la Fe'nerie , s'y embusqua avec le sergent Bardot. Au moment où Girardin parut , il lui reprocha de n'avoir pas obéi au mandat du Bailliage. Sur sa réponse que, porteur d'un ordre du Roi, il se compromettrait en obtempérant à un mandat illégal , Ferroul ordonne à Bardot de se saisir de Girardin , et de le conduire devant le Bailliage. Bardot hésitant à mettre la main sur le Magistrat , Ferroul le menace de la prison , s'il n'cxe'cute pas l'ordre qu'il lui a donne , et prend les devans pour se trouver à l'audience avant le Prévôt. Alors Bardot et Girardin se colletent , et tout en se tiraillant, marchent également vers le Palais , entoures d'une multitude curieuse de voir le dénouement de ce combat singulier. Arrive' près du Palais , Bardot se croyait déjà vainqueur ; mais il était aussi devant la porte de la prison ; et Girardin , plus fort que lui , l'y entraîne , frappe, la porte fatale s'ouvre et Bardot est pris. Ferroul , qui attendait le Prévôt à l'audience , apprend le triste sort de son sergent. Furieux de l'aventure , il court à la geôle , et crie à Girardin qui faisait l'écrou de Bardot : c'est toi que je déclare prisonnier ; et moi , réplique Girardin , j'ordonne au geôlier de te garder. Chacun deux , en même temps , recommande à ce geôlier de garder l'autre ; mais Ferroul s'élance vers la porte restée ouverte, la tire en sortant , et le Prévôt se trouve pris comme le sergent. Trois fois , en vain , il ordonne au geôlier de lui ouvrir la serrure mystérieuse de la porte ; trois fois le geôlier flotte entre les deux ordres , qui l'effrayent également. Enfin , au quatrième
commandement du Prévôt , son ordre l'emporta et la porte s'ouvrit ; mais Ferroul c'tait là , et au moment où Girardin met le pied dehors , Ferroul le saisit par les deux pans de son manteau , et le repousse en disant . « il faut que tu rentres en prison ! » En môme temps , il crie à la foule qui le presse , fermez la porte du château ! Girardin de son côte' résiste et crie au secours. Le Procureur du Roi et le Greffier de la Prévôté accourent aux cris de leur Prévôt ; des Conseillers du Bailliage descendent aussi , et se joignant aux premiers , contraignent Ferroul de lâcher sa proie. J'ai désire savoir quelles avaient été les suites de cette scène , particulièrement pour le pauvre Bardot; je n'ai rien pu découvrir. Mais il est certain que le Prévôt a exécuté sa commission , et que le 2 mai suivant , les Officiers municipaux , effrayés des poursuites de Cailleau , firent partir M. Naudon , l'un des Echevins , pour aller dans la Bresse , chercher le Maire , M. de Tournay , qui seul pouvait répondre aux imputations de Cailleau , et le prier de revenir sans délai arrêter des procédures qui étaient à f oppression cl ruine des habitons, V. 1627 , n. 11.
II. 23 mai , les Officiers municipaux continuent pour six années , au sieur Descllc , la location gratuite du vieil Collège , attendu le fruit que la jeunesse tire de son instruction en fart décrire, en V arithmétique et autres honnêtes sciences , où il a acquis beaucoup de capacité , sans en tirer grand profil. Ils y mettent pour condition que , si les Religieuses de S.-Julien réclament cette maison , Deselle en sortira. V. n. vi.
III. 24 juin , élection de M. Petitfou, Maire; les deux Gouverneurs du fait commun furent MM. Thicrriat , Chanoine , et Delafayc , marchand.
IV. 24 juillet , traité entre le Corps municipal et Laurent Chrétien , par lequel ce dernier s'oblige de construire dans le Couvent des Capucins un dortoir et une librairie , moyennant i ,200 écus. V. 1621 , n. 1.
V. 20 octobre , assemblée à l'hôtel de ville , présidée par M. le Lieutenant général , et composée de Députes de toutes les paroisses du Comté, pour délibérer sur plusieurs intérêts communs qui étaient en souffrance.
1 0 Les Officiers de l'Election , dont la suppression avait été ordonnée en 1 6o5 , pesaient encore de tout leur poids sur le pays , parce qu'on n'avait rien fait pour remplir la condition de leur suppression , en leur remboursant le prix de leurs offices. Il en résultait aussi que le moment où le Comté aurait un défenseur de ses intérêts dans l'Elu général que la ville fournirait à son tour , était d'autant retardé , la période de ce tour ne devant commencer son cours , que du jour de la suppression effective.
20 Les fermiers du fisc, pour accroître leurs profits, avaient imaginé divers procédés attentatoires aux privilèges du pays , et particulièrement à l'égard des vins.
3° Le fournisseur du Grenier à sel se permettait d'en couper la mesure jusqu'à ce qu'il n'y eût pas le moindre excédant, au mépris d'un arrêt de 1587 ,
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rendu contre nn fournisseur précédent , qui lui défendait de couper plus d'une fois.
H s'agissait, en conséquence, de solliciter du Conseil du Roi l'autorisation de lever sur le Comté les deniers nécessaires pour rembourser aux Elus le prix de leurs offices , et d'y traduire les fermiers du fisc, ainsi que le fournisseur du sel , à l'effet d'avoir justice de leurs exactions. On ne pouvait parvenir à ces fins que par des commissaires nommés par toutes les paroisses. Tel était le but de cette assemblée provoquée par les Officiers municipaux d'Auxerre. Ils y reçurent un témoignage flateur. Ils furent unanimement priés de faire , au nom du Comté , toutes les demandes qu'ils jugeraient conformes aux intérêts communs, et de les poursuivre jusqu'à solution définitive ; les dépenses devant elrc supportées par toutes les paroisses dans la proportion de leur population.
VI. Le i5 décembre , Dcseîlc ayant quitté le vieux Collège t où son profit avait encore probablement diminué , M. l'Evêque demanda au Corps municipal cette maison , pour d honnêtes demoiselles qui désiraient se consacrer à l'instruction des jeunes filles de la ville. Le Corps municipal accéda à sa demande , en imposant à ces demoiselles la même condition qu'à Dcselle , de sortir sans indemnité de cette maison , si elle était réclamée par les Religieuses de S.-Julien. V. 1617 , n. iv. Dans cette singulière réserve , on découvre un fait historique. Le vieux Collège appartenait très -légitimement à la ville , puisqu'elle l'avait acheté en 1 538. V. tom. 1. p. 298. Si , depuis , les Religieuses de S.-Julien y avaient acquis des droits ,
c'est infailliblement parce qu'en i5o,i , les habitans , pour ôter aux ennemis qui les menaçaient d'un siège t la faculté' de se loger dans le faubourg , avaient de'truit le Couvent de ces Religieuses retirées à Charentenay , et n'avaient obtenu leur consentement qu'en leur promettant le vieux Collège , quand celui que construisait alors Amyot serait achevé.
I. Le prix des armes à feu et particulièrement de l'arquebuse , qui , dans les premiers temps de leur invention , avait été excessif , étant , depuis , descendu à la portée des moindres fortunes , l'arbalète bannie des armées devait inévitablement être négligée ; et par suite les compagnies formées dans les villes pour s'exercer au noble feu de cette arme , que les Rois avaient favorisées par des exemptions et des privilèges , ne pouvaient pas subsister long-temps. Celle d'Auxerre paraît n'avoir pas survécu à 1 6*1 1 ; car , dès le mois de janvier de cette année, plusieurs jeunes Auxerrois obtinrent des lettres patentes du Roi , autorisant les Maire et Ecbcvins à organiser une compagnie d arquebusier s , qui s'exerceraient au jeu de cette arme dans le cours de l'année , et une fois par an tireraient le Papeguay , avec la condition que celui qui l'abattrait , serait exempt de toutes tailles , aydes et impositions. Ces lettres , comme on le voit , ne faisaient que transférer aux compagnies d'arquebusiers , à peu près les mêmes concessions que celles faites dans l'origine aux arbalétriers. Il y eut cependant opposition à leur enregistrement au Parlement, de la
part de MM. Chevalier , Lieutenant gênerai , et Labbê , Lieutenant criminel. V. 1616, n. m.
II. A Auxerre, comme dans tout le royaume , depuis l'assassinat d'Henri IV , les esprits étaient agites de cette vague inquiétude qui précède et annonce les orages politiques. La Reine , mère du Roi , gouvernait comme Régente , mais elle était, sans cesse, entravée dans ses mesures par les intrigues. Les Princes et les Seigneurs de la Cour se disputaient sa confiance pour participer au pouvoir , et puiser dans le trésor de l'Etat. Elle avait à peine satisfait une ambition, qu'une autre s'en faisait un titre pour exiger au moins autant ; et toujours en menaçant de recourir à la force , en cas de refus. De-là , des alarmes continuelles qui , chaque jour , faisaient redouter une violente catastrophe.
Enfin , le 20 février , les Magistrats de la ville reçurent deux lettres : l'une de la Reine , l'autre du Duc de Bcllegarde , leur recommandant toutes deux de veiller à la garde de la ville et à la fidélité des habitans. On apprit , en même temps , que le Prince de Condé , les Ducs de Ncvers , de Mayenne , de Longucvillc , de Bouillon , et autres Seigneurs, jaloux de tous ceux que la Reine employait à la direction des affaires , surtout de l'italien Concini , peu satisfaits , d'ailleurs , des faveurs que leur importunité lui avait arrachées , s'étaient tout-à-coup retirés de la Cour , sans prendre congé du Roi ; que de Mézières, où ils s'étaient réunis , ils avaient adressé à la Reine une lettre , véritable manifeste , dans lequel , suivant l'usage des factieux de tous les temps ,
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le bien public servait de prétexte , et ils demandaient les Etats généraux. On fut encore informe qu'ils avaient déjà rassemblé 4 à 5,ooo hommes, et que la Régente , décidée à leur résister , avait obtenu 6,000 Suisses. A ces nouvelles , la guerre civile parut imminente. La Bourgeoisie reprit aussitôt les armes , et le Corps municipal , par une ordonnance , organisa le service pour la garde de nuit et de jour , aux portes , poternes , tours et remparts.
Le 6 mars , une seconde ordonnance défendit de tirer arauebuses et pistolets , après les gardes posées , et le matin avant la Diane.
Le g , les habitans ayant été réunis en assemblée générale , le Maire , M. Petitfou , leur exposa que depuis la soumission de la ville à Henri IV , c'està-dire depuis vingt ans , la paix intérieure dont on avait joui , avait permis de ne faire que de faibles dépenses pour l'entretien des fortifications , et de ne pas surcharger les habitans pour un entretien plus parfait, qui paraissait inutile ; que l'état de ruine qui en était résulté pour les tours , et les brèches nombreuses que le temps avait faites aux murs , non-seulement exigeaient de multiplier les postes, mais ouvraient un trop facile accès à l'ennemi s'il tentait un assaut ; qu'il fallait donc s'occuper des moyens de les remettre, sans délai , dans le meilleur état possible de défense. Toutes les propositions du Maire à ce sujet furent accueillies. Il fut arrêté qu'une taille spéciale serait levée sur tous les habitans , sans exception , pour être employée à cette dépense , et qu'en attendant , le Corps municipal emprunterait les deniers néecs-
saires. Jamais les capitalistes ne se rendent plus faciles à prêter, que lorsqu'il s'agit de les garantir du pillage ; des le jour même , 12,000 livres furent versées dans la caisse municipale ; tous les ouvriers qu'on put réunir furent employés , et en peu de temps la ville se trouva dans l'c'tat de défense ardemment désire par la population effrayée.
Le 24 , on reçut de nouveaux ordres de la Reine et du Comte de Clermont-Tonnerre , commandant en Bourgogne , faisant défense d'assembler des gens de guerre , et de tenir la campagne sans permission du Roi. Dans le même moment , on eut aussi des lettres du Prince de Conde' , qui voulait entraîner les habi tans dans sa révolte , se présentant , ainsi que ses confédérés , comme armés uniquement pour Jaire tomber les exactions et monopoles qui écrasaient le peuple. On ne se laissa pas séduire par ses paroles artificieuses. On savait qu'il avait profité des premiers embarras de la Régente , pour se faire donner par elle 200,000 livres de rente et l'hôtel de Gondi ; on se rappela aussi tout ce que les babitans avaient souffert , chaque fois qu'ils avaient pris parti pour les Princes contre le Roi. Vingt années seulement s'étaient écoulées depuis qu'ils avaient brisé le joug de la Ligue , et la plupart avaient encore dans la mémoire toutes les misères qu'ils avaient endurées , lorsque , trop confians dans les Ducs de Guise , ils avaient marché sous leur bannière contre leur Souverain. Les Magistrats renvoyèrent donc au Prince ses lettres sans réponse. Les ordres du Roi furent , au contraire , ponctuellement exécutés. Les défenses
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qu'ils contenaient furent , par les soins du Lieutenant général , publiées et affichées dans tout le ressort du Bailliage , comme dans la ville. On s'occupa encore de faire réparer les petites pièces d artillerie dont les affûts et les montures étaient hors de service , et particulièrement vingt tant fauconnaux qu'arquebuses à croc.
II. A ces causes d'agitation et de dépense vinrent se mêler les exigences du fisc , contre lesquelles il fallut aussi se mettre en défense. Le sieur Christophe Leclerc , nouveau fermier des Aydes dans le Comté , ne pouvant pas attaquer les hahitans à l'égard du droit de gros , si formellement jugé et confirmé en 1609 et 161 1 , voulut , au moins , le restreindre aux vins par eux récoltés dans le Comté , et faire payer ce droit pour ceux provenant des vignes qu'ils avaient dans le Comté de Tonnerre , comme à Vallan , Vaux , etc. Les Officiers municipaux , ayant pris le fait et cause des habitans poursuivis , prouvèrent que le privilège était attaché à la personne de l'Auxerrois , et non au territoire ; ce qui fut reconnu par le Conseil. Son arrêt , du 4 mars , décida que l'exemption s'étendait aux vins récoltés dans toutes les vignes dont l'habitant était propriétaire , et qui , de ces vignes , étaient amenés à Auxerrc. V. 1621 , n. lî.
III. Le 27 avril , un des régimens suisses attendu* par la Régente passa par la ville , qui fournit le pain des soldats , et offrit des vins de choix aux Officiers. Le 14 mai, les Officiers municipaux ajoutèrent aux précautions prises contre le coup de main qu'on redoutait , l'ordre aux mariniers de tenir constam-
ment leurs bateaux du côte de la ville , et la défense de passer personne , afin qu'aucun étranger ne pût s'introduire dans les murs, sans soumettre ses papiers à l'Officier de garde. Mais bientôt on sut que , le i3 du même mois , un arrangement avait été conclu à Ste- Menehould , entre la Reine et les Princes; et Ton put juger du peu de sincérité' de leurs déclarations sur les motifs qui leur avait mis les armes à la main. Ils voulaient , à les entendre , soulager le peuple par la diminution des impôts , et les conditions de leur désarmement furent pour les chefs , de nouveaux emplois richement salariés , et 4^0,000 livres à distribuer à leurs troupes , suivant qu'ils le jugeraient convenable. Us tinrent , néanmoins , pour paraître conséquens dans leur conduite , à ce que les Etats généraux fussent convoqués ; et ils le furent à Sens , pour le 25 aoiit.
Cette convocation entretint les alarmes , et fît croire que les prétentions des agitateurs n'étaient pas suffisamment satisfaites ; aussi ne se rclàcha-t-on pas à Auxerrc des mesures prises pour la garde. Les Officiers municipaux , s'apercevant même qu'il n'y avait plus de fabrique de poudre dans la ville , comme autrefois , et qu'en cas de siège la provision serait bientôt épuisée, en rétablirent une sous la direction des sieurs Pichory et Ca rouge.
Dans le môme moment , furent publiées et affichées l'ordonnance du Roi , pour la convocation des Etats généraux , et celle du Grand Bailli, appelant dans cette ville tous les Ecclésiastiques possesseurs d'un bénéfice, ainsi que tous les Gentilshommes et les Députés des
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villes , bourgs et villages de tout le ressort du Bailliage , à l'effet , par cbacun de ces trois Ordres , de rédiger le cahier de ses doléances et de nommer , suivant l'ancien usage , deux Députes à rassemblée générale des Etats. Ces Députés furent, pour le Clergé, l'Eveque de Donadicu , l'Abbé de Vézclay , Hérard de Rocbefort ; pour la noblesse , Aymar d de Prie , Baron de Toucy , et Olivier de Chastcllux , Sieur de Coulange ; pour le Tiers-Etat , Claude Chevalier , Lieutenant général du Bailliage , et Guillaume Berault , marchand , Juge-Consul d'Auxcrrc Peu de jours après ces élections , parut une nouvelle ordonnance du Roi qui , motivée sur ce que le 27 septembre, il atteindrait sa majorité , ajournait l'assemblée au 27 octobre , et la convoquait à Paris. V. 161 5, n. 11.
IV. Le 20 septembre , les Etats particuliers de la province furent réunis à Dijon. Le Corps municipal y députa MM. Cbacheré et Maillard , Echcvins.
V. ier octobre, installation de M. Henri Brichelet, marchand , nouveau Gouverneur du fait commun , élu le 24 juin.
VI. 27 novembre , le Corps municipal accorde aux frères Prêcheurs 4° livres d'aumône , pour les aider à achever leur librairie.
1. Dès le premier jour de cette année , les Auxerrois ne purent pas douter que la tranquillité apparente du royaume n'était qu'une trêve , et que la Régente avait la crainte de la voir rompre au printemps. Un
Inspecteur , envoyé par les Elus ge'nc'raux , vint visiter les fortifications de la ville , et reconnaître si elles pourraient résister à un siège. H trouva très-insuffisans les travaux sur lesquels les habitans avaient jusque-là appuyé leur sécurité ; et Ton se hâta d'y faire toutes les augmentations qu'il jugea nécessaires. Néanmoins , pendant l'hiver , le service de la milice fut suspendu ; on se borna à tenir fermées , la nuit et le jour , les portes d'Eglény et de Chante-pinot ; à ne fermer les trois autres que pendant la nuit , et à surveiller ceux qui y entraient pendant le jour. On n'en fit pas davantage jusqu'au mois de mai. Dans les premiers jours de ce mois , les Officiers municipaux f informés que , dans quelques villages des environs , on enrôlait secrètement des gens de guerre , et craignant une surprise, envoyèrent à Paris M. Theveneau, Echevin , en prévenir le Duc de Bellegarde. Sa réponse fut un ordre du Roi de donner à la garde de la ville toute l'exactitude possible , et surtout de n'y laisser entrer aucuns gens de guerre , sans passe-port régulier , pendant le voyage que la Reine et son fils allaient faire dans la Guyenne. On rétablit donc les corps-de-garde aux portes du Pont, du Temple et de S.-Simon , qui ne restèrent ouvertes que le jour. Le Guetteur reprit aussi son poste dans le clocher de S.- Eusèbc.
II. Sur la fin de mars , MM. Chevalier et Berault étaient de retour des Etats généraux , dont le Roi avait prononcé la clôture le 2^. On sut par eux que les doléances de trois Ordres étaient tellement contradictoires , que la Cour, pour rejeter celles d'un
Ordre , n'avait eu besoin que de lui opposer celles des deux autres; en sorte qu'il n'y avait rien à espérer de cette mesure , qui n'avait fait que raviver les antipathies originelles des trois Ordres ; que , d'ailleurs , le Maréchal d'Ancre et sa femme abusaient si insolemment de la faveur de la Reine , qu'infailliblement avant peu , la plupart des grands , et le Prince de Condé à leur tète , pour expulser ces italiens qu'ils détestaient , lèveraient , encore une fois , l'étendard de la rébellion.
111. 24 juin, M. Chevalier est nommé Maire; les deux Gouverneurs du fait commun sont MM. Jean Dassis , Grand Archidiacre , et Thomas Marie , marchand.
111. Au mois de juillet , les prévisions de MM. Chevalier et Berault se réalisèrent. Le Prince de Condé se retira à Sedan , où les nombreux mécontens se réunirent à lui ; il eut bientôt une petite armée avec laquelle il prit quelques villes. Il voulut ensuite gagner la Loire pour joindre ses forces à celles que les Protestans avaient au-delà de ce fleuve; et son chemin était par Sens et Auxcrrc. Au moment où la nouvelle en parvint dans la ville , on apprit qu'aux environs d'Ecan et de Diges , on avait vu des gens de guerre armés dont on n'apercevait pas les Officiers. Aussitôt on doubla la garde , et des commissaires furent envoyés dans les villages pour leur recommander de s'opposer à tout ce qui pourrait compromettre le service du Roi.
Le 4 octobre, on sut que l'armée du Prince s'approchait de Sens. Aussitôt , par l'ordre du Corps mu-
nkipal , dans chaque paroisse , les Officiers de la milice , assistes d'un Echcvin , parcoururent les maisons des hommes de leur compagnie , pour reconnaître l'état de leurs armes et de leurs munitions ; enjoignant à ceux qui n'avaient pas tout ce qu'ils devaient avoir, suivant leurs facultés , de s'en procurer dans la huitaine, et les prévenant que, s'ils ne se mettaient pas en règle à cet c'gard , on viendrait saisir et vendre une partie de leur mobilier , pour , avec le prix , leur fournir ce qui leur manquait. On s'empressa aussi de porter sur les remparts tout ce qui restait d'artillerie dans la tour Paradis , consistant en jauconneaux , pièces de campagne , grandes couleuvrines ei celles bâtardes.
Le 8 , les Députes de plusieurs villes et villages du ressort vinrent annoncer que des troupes s'établissaient chez eux sans ordre du l\oi ; les pillaient et les ruinaient ; que réduits au desespoir , ils demandaient qu'on les en débarassât , et qu'on les autorisât à user de la force contre eux , et à leur courir sus. Le Corps municipal , ne pouvant rien prendre sur lui , fit partir M. Thevcneau , Echcvin , accompagne' d'un archer du Prévôt des Maréchaux , pour Dijon ; le chargeant d'en rendre compte au Gouverneur de la province. MM. Sot i veau , Echcvin , et Charles , Receveur, se rendirent à Ncvers , avec la même mission , auprès du Gouverneur pour les pays dépendant de son Gouvernement.
On apprit , le 1 5 , que l'ennemi e'tait près de Sens ; que l'armc'e royale couvrant cette ville , le Prince se portait sur Villencuvc-lc-Roi ; le 19, qu'il était
entre cette ville et Joigny; enfin le 21 , qu'il passait l'Yonne à Bonnard ; que déjà le château de Hégennes était en son pouvoir ; qu'Appoigny avait été pillé ; que des meurtres et des viols y avaient été commis jusque dans l'Eglise. Alors l'effroi est à son comble, le Maire dépêche un courrier à l'Armée royale; la population entière est appelée sur les remparts; la proclamation porte que tout habitant doit être en armes, et fidèle au poste gui lui est assigné, à fn que chacun soit à son devoir , sans désordre ni con- • Jusion. Cependant un peu de calme succéda à cette épouvante ; le Marquis de Mirehcau , Aide de Camp du Duc de Bellcgardc , vint, de sa part, rassurer les habitans ; leur annoncer qu'il serait à Auxcrrc avant l'ennemi , et que l'armée royale commandée par M. de Bois-Dauphin , poursuivant celle du Prince , l'empêcherait de faire le siège de la ville. En effet , le 22, le Duc de Bellcgardc se présenta à la porte du pont, qui lui fut ouverte par le Maire, à la tète de presque toute la population, dont sa présence dissipait les alarmes. L'armée du Prince ne dépassa pas Appojgny ; se jetant sur Branches , Charbuy , Pourrain , etc. , elle se rapprocha de la Loire.
L'Evèquc , M. de Donadicu , fut celui à qui ce passage coûta le plus. Il venait de faire d'énormes dépenses dans son château de Rcgennes , ruiné lors des guerres du siècle précédent ; et comme on vient de le voir , le Prince s'en était emparé. Tout en conduisant son armée vers la Loire , il y avait laisse une garnison commandée par le Capitaine de S.-Georges , très - probablement pour rançonner l'Evoque, il 5
Effectivement ,M. de Donadieu fut oblige de traiter avec ce Capitaine, qui exigea 3,ooo livres, et rejoignit l'armée du Prince. Pour éviter une nouvelle surprise , M. de Donadieu mit dans son château une garnison de 36 hommes , et l'y entretint à ses frais, jusqu'à la fin des troubles.
La ville eut aussi à payer les dépenses faites par le Marquis de Mi rebeau et le Duc de Bellegarde , venus sur les instantes prières des hahitans. Leur suite était composée d'un nombre considérable de Gentilshommes , Arquebusiers, Carabiniers et Valets. L'état de leurs dépenses dans i4 logis s'éleva à 3,o34 livres 12 sols 6 deniers.
Cette année de transes et de fatigues militaires fut terminée par des réjouissances. Le 1 o novembre , une lettre du Duc de Bellegarde informa le Corps municipal du mariage du ltoi avec Anne d'Autriche , Infante d'Espagne : il fut en conséquence arrêté que, le i4» un Te Deum serait chanté dans l'Eglise de S.- Etienne ; que le soir il serait allumé un feu de joie sur la place de cette Eglise ; que les canons et artillerie seraient tirés , et que le publie en serait prévenu par publication.
I. 7 janvier , M. Bérault , Echevin , est Député par le Corps municipal anx Etats convoqués à Dijon.
II. Les Officiers municipaux , croyant s'apercevoir que leurs démarches pour parvenir à la suppression de l'Election t et l'état de guerre ouverte subsistant rntve les doux autorités, nuisaient un peu à l'impartia-
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lïtc des Conseillers de ce siège , chaque fois qu'ils avaient à y être jugés , soit pour leurs intérêts personnels, soit pour ceux des habitans, demandèrent au Roi que les instances les concernant sous ces deux rapports , et déjà portées devant ces Conseillers , comme celles qui, par la suite, devraient leur être dévolues , fussent attribuées au Conseil d'Etat. Leur demande fut accueillie par des lettres patentes du i3 avril.
III. Le 17 du môme mois, les Chevaliers de l'Arquebuse, qui avaient obtenu l'enregistrement de leurs lettres patentes, nonobstant l'opposition de MM. Chevalier et Lahbé, les présentèrent au Bailliage, où elles furent également enregistrées ; et au Corps municipal qui en ordonna l'exécution : « pourvu qu'il ne » fù* admis dans cette compagnie que des gens de » probité, d honnête et louable conversation; et à » condition que les Chevaliers feraient serment de » vivre dans la religion catholique , apostolique et >» romaine , comme aussi de servir le Roi en toute » occasion ; et qu'ils feraient connaître le lieu où ils » établiraient le jeu , pour reconnaître s'il était con- » venable. » Six jours après , ils se réunirent dans le cloître des Cordcliers pour élire leur Capitaine. Ce fut M. Duval , Officier de Mesdames, sœurs du Roi. V. 1&20 , n. v.
IV. 20 juin , enregistrement au Bailliage , affiche et publication dans la ville, d'w» £dit donné à Lou~ dun le mois précédent , pour l'entière pacification des troubles. Par cet Edit , sous le nom du Roi , la Reine mère , qui continuait à gouverner , on plutôt à laisser
gouverner le Maréchal d'Ancre , semblait avoir conquis la paix , en prodiguant les hommes , ainsi que l'argent du trésor, aux Grands qui avaient pris les armes contre la Cour. Mais des écrits secrètement imprimes , et qu'on appelait livrets , faisaient voir qu'il n'y avait, dans cette suspension d'hostilités , de sincérité' ni du côte' de la Cour, ni du côte' des Princes. Aussi voit-on dans une délibération du Corps municipal du 18 août, que, loin de se livrer à la sécurité qu'inspire une paix faite de bonne foi , le Maire fut autorisé à acheter 1 20 piques et 74 bois de pique en frêne. Bientôt , en effet , on lut dans les livrets , que les dissension* de la Cour s'étaient rallumées plus vives encore qu'auparavant ; que le 1er septembre , le Prince de Condc , arrêté dans les appartenons du Roi , avait été conduit à Vincennes , et qu'à l'exception du petit nombre de Seigneurs attachés par l'intérêt à la fortune du Ministre , tous les autres Princes et Seigneurs avaient couru s'emparer de quelques places pour leur sûreté. Ces nouvelles furent d'autant plus effrayantes pour Auxerre , que le Duc de Nevers était du nombre des mécontens ; qu'il levait des troupes dans son Duché , et que la rébellion s'étendait jusque dans le ressort de l'Evêché et du Bailliage , à Clamecy , Entrains , Donzy , etc. Cependant le 19 octobre , le Maire reçut de M. de Clermont-Tonnerre , nouveau Lieutenant général de la province , une lettre du 16, qui l'autorisait à suspendre le service de la garde. V. 161 7 , n.11.
V. Cette année, le pavillon de la porte du Temple fut reconstruit et couvert en plate-forme , comme l'ancien.
I. 1 3 janvier , acte par lequel le P. Provincial des Capucins , après avoir énuméré tout ce que les habitans d'Auxcnre avaient fait pour les Religieux de son Ordre , cède à la ville 2000 livres à recevoir sur les libéralités du frère Pascal , l'un des membres de cet Ordre. Sous cet humble nom , se tenait cache' un jeune de Chabannes , issu d'une famille noble et riche de Picardie , qui , à l'exemple du Duc de Joyeuse , avait quitte' le monde, pour s'ensevelir dans le plus pauvre des Ordres monastiques ; et comme , avant d'être admis à s'y lier par des vœux irrévocables , il fallait qu'il se réduisit à la mendicité' , il avait lègue sa fortune à son frère aîné , en le chargeant de distribuer une somme importante aux plus pauvres des couvens de son Ordre. Les Capucins d'Auxerrc saisirent cette occasion pour obtenir de leur Provincial les 2000 livres ; qui , reunies à de nouvelles largesses des habitans , servirent, d'abord , à payer les 1200 e'eus dus à M. Chrc'ticn , pour les constructions par lui faites dans ce couvent , en exécution de la délibération du 24 juillet 161 3; puis à y construire une infirmerie , et à mettre une porte à l'Eglise qui n'en avait pas encore.
II. Au mois de février , les rigueurs de l'hiver ne suspendant pas les actes de rébellion des Princes contre la Cour , de nouveaux ordres du Roi firent réprendre le service de la garde. Le 20 , le Bailliage
70 CHAPITftR XIU ,
fit publier et afficher une ordonnance du Roi , qui déclarait les Ducs de Nevers, de Vendôme , de Mayenne , le Maréchal de Bouillon , le Marquis de Cœuvres et le Président le Jav , rebelles et criminels de lèze-Majesté ; mais les livrets firent connaître les lettres adressc'es au Roi par ces Seigneurs , dans lesquelles, en protestant de leur fidélité envers Sa Majesté' , ils lui déclaraient que ceux qui gouvernaient sous son nom , avaient porté leurs tyrannies et déportemens à un tel excès , <pte chacun les détestait publiquement ; que c'était le Maréchal d'Ancre , sa femme et leurs adhérens , qui , par leur avarice , étaient la seule cause des désordres.
Un mois après , le Bailliage fit publier et afficher une seconde déclaration du Roi , prononçant la con* fiscation des biens , des titres et des offices des Seigneurs rebelles. On distribua , en m Ame temps , et avec profusion , dans la ville , comme dans tout le royaume , la copie imprimée d'une lettre du Maréchal d'Ancre au Roi , par laquelle il lui annonçait avoir levé 5ooo hommes et 800 chevaux pour son service ; et qu'il les solderait pendant quatre mois. Mais aussi vinrent les livrets, qui, sur cette imprudente publication d'un Ministre généralement abhorré , relevaient , avec une énergie menaçante , l'offre d'une ddpensc aussi considérable, faite au Roi de France par un Italien, qui , disait-on, n'avait pas, en arrivant k Paris , de quoi payer un laquais !
La guerre ne se faisait pas seulement par des écrite ; dans plusieurs provinces et jusqu'au* portes d'Auxerre , les troupes royales étaient aux prises avec
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celles des Seigneurs coalisés. Dans le Nivernais elles étaient victorieuses ; le Maréchal de Montigny avait déjà enlevé au Dnc de Ne vers la plupart de ses places, particulièrement celles qui avoisinent Auxerre: Cussy , Donzy , Entrains , Clamecy, etc. Aussi , les Auxerrois mirent-ils le plus grand soin à ne rien faire qui donnât à ce Général occasion d'entrer dans le pays. La prudence des Officiers municipaux , à cet égard, alla si loin que, k 23 avril , le bruit ayant couru que la Duchesse de Nevers avait envoyé à la ville une sauve-garde , ils arrêtèrent d'en porter plainte au Procureur du Roi , « attendu que , fidèles - au service du Roi, ils n'avaient jamais pensé à de- » mander cette sauve-garde ni à Madame de Nevers T * ni à aucun des Seigneurs compris dans la Déclara - » tion du Roi. »
On attendait donc, avec une vive anxiété, k catastrophe qui devait terminer cette lutte à mort entre la Cour et les Seigneurs , lorsque , le 26 , on apprit k fin tragique du Maréchal d'Ancre. On sut que Louis XIII , déjà parvenu à sa seizième année , supportait avec impatience la tutelle de sa mère , surtout depuis la retraite des Princes de sa Cour , devenue presque déserte ; que de jeunes Seigneurs , et particulièrement M. de Luynes , l'avaient pénétré de la vérité des accusations surgissant de toutes parts contre le Maréchal d'Ancre et sa femme ; que le Roi , décidé à prendre enfin Je pouvoir , et à punir des étrangers qui mettaient sa couronne en péril , avait donné à Vitry, Capitaine de ses Gardes , Tordre d'arrêter k Maréchal mvri
72 CHAPITRE Xlll ,
ou vif ; qu'au moment où Yitry s'était présente au Maréchal , et lui avait déclaré Tordre du Roi , le Maréchal ayant porté la main à son épée , Vitry , d'un coup de pistolet, l'avait renversé mort ; qu'au même instant , le Roi avait rappelé les anciens Ministres éloignés par le Maréchal ; pour gouverner avec eux et M. de Luines ; que pardonnant à tous les Seigneurs qui s'étaient armés, à l'exception du Prince de Condé , il les avait rappelés auprès de lui ; qu'enfin , Marie de Médicis était reléguée à Blois , et que cette révolution avait terminé la guerre civile. V. n. iv.
111. Dans le même mois d'avril, les habitans virent, après 1 5 années d'attente , poser la première pierre du Palais de justice. Pendant les nouveaux délais qu'avait nécessités l'exécution de l'arrêt du 8 novembre 1 6 1 2 , l'état de ruine du vieux château avait fait de si grands progrès , que lorsqu'on avait voulu travailler aux réparations indiquées par M. de Tournay , il avait fallu y renoncer ; et la reconstruction entière, reconnue indispensable , avait été ordonnée par le Conseil. Le sieur Claude Martin , architecte du Roi , à Fontainebleau , d'abord charge par M. Camus , l'un des Trésoriers généraux , de faire les plans et devis des nouveaux bâtimens , en avait ensuite entrepris la construction , le 1 1 janvier , moyennant 78,000 livres ; s'obligeant de l'achever en six années , en sorte que le service de la justice et des prisons ne pourrait y être rétabli qu'en 1622. Mais la dépense à ce sujet ne se borna pas au paiement de l'architecte ; dans les pièces relatives à cette ope-
ration , on découvre combien alors , pour l'assiette et le recouvrement des impôts , les frais accessoires étaient excessifs , par la multiplicité des fonctionnaires appelés à y participer , et l'énormité des droits qui leur étaient attribués.
Dès 161 5, pour avoir 10,000 livres effectives , on avait imposé 1 4» livres. L'excédant se composait des attributions du Conseil , de celles des Trésoriers généraux, du Lieutenant général du Bailliage, des douze Elus , des deux Avocats du Roi, des deux Procureurs du Roi , des Greffiers , Receveurs , Commis , et enfin , de la Cbambre des comptes elle-même. Pour ne faire payer à l'architecte que 10,000 livres par chacune des sept premières années, et 8,000 livres la huitième , il a fallu , tous les ans , renouveler les mêmes formalités , et satisfaire aux mêmes exigences. Ainsi les 78,000 livres , prix des travaux , ont coûté aux habitans du ressort 110,000 livres, et plus; ce qui équivaut à 275,000 livres de la valeur actuelle de l'argent. Le marc à cette époque n'était qu'à 20 liv. 4 s. 5 d.
Je ferai néanmoins observer que les habitans d'Auxerre obtinrent un beau Prétoire; et que , cotisés seulement à 1,200 liv. sur les i4,i4^» ^s n'ont cu a payer, pendant les huit années, que g,3&> livres. V. 1 620 , n. 11.
IV. i5 mai , publication et affiche d'une déclaration du Roi , du 12, portant qu'attendu la prompte obéissance rendue à ses commandemens , depuis la mort du Maréchal d'Ancre , par les Princes , Ducs , Pairs , etc. , désignés dans ses déclarations de mars et avril ,
il les rétablissait dans tous leurs biens , honneurs et charges.
Le 18 , les hahitans furent convoques pour entendre la lecture d'une lettre qui leur c'tait adressée, comme aux Maire et Echevins , par le Roi lui-même sur ces événemens. Elle portait : « qu'il avait eu bien » agréable la fidélité et l'affection qu'ils lui avaient fait » paraître dans cette occasion ; qu'il était aussi dans » son intention de leur faire ressentir , dans toutes « celles qui se présenteraient , les effets de sa bonne >» volonté envers eux. »
V. Les honnêtes Demoiselles à qui , sur la recommandation de M. l'Eve1 que , le vieux Collège avait été abandonné en i6i3, pour s'y livrer à l'instruction des jeunes filles , avaient répondu parfaitement aux espérances des hahitans; mais sans cesser de remplir ce devoir , elles voulurent embrasser la vie monastique , et former une Communauté dans laquelle elles feraient vœu de la religion réformée sous les règles des Ursulincs , Ordre de S. Augustin. Elles en avaient déjà obtenu l'autorisation de l'Eveque ; et le 23 juin , elles demandèrent le consentement des Officiers municipaux. E leur fut accordé , à condition qu'elles observeraient la clôture ; qu'elles ne seraient plus capables de recueillir de successions ; qu'elles ne pourraient transférer leur Couvent dans un autre quartier de la ville , et qu'elles continueraient l'instruction des jeunes filles , moyennant la rétribution qui serait fixée par l'Eveque. Ces premières Ursulines de la ville étaient Louise Pontin , Marguerite Légeron , Eriennette Gervais , Marie
Prévost , Marie Coullant , et Eugène Garnier , toates uées k Auxerrc. Leur Communauté est restée propriétaire du vieux Collège à titre gratuit. C'est aujourd'hui une caserne d'infanterie. V. 16S8 , n. n.
VI. 24 septembre, assemblée des habitans. M. Chevalier y est réélu Maire pour un an. 11 fut installé le premier octobre , avec M. Edme Berault , Chanoine , Gouverneur ecclésiastique du fait commun.
I. Au mois de janvier, M. Jacques de la Hivière, Baron de Couloutrc , est reçu Grand-Bai UL
II. La récolte des blés, en 1617 , ayant été trèsiaible , le prix en doubla pendant l'hiver , et il y eut de vives inquiétudes à Auxcrre. On voit dans une délibération du Corps municipal du 20 avril , que des enlcvcmens de grains se faisaient dans les environs , et jusque dans la ville ; qu'on n'en apportait plus au marché ; qu'une grande quantité de bateaux chargés de blés descendaient la rivière , sans en laisser un seul sac à Auxcrre ; que, le prix du blé augmentant , le peuple s'inquiétait , murmurait , et que la disette était imminente. Celle même délibération porte que ces faits seront dénoncés au Lieutenant général du Bailliage , pour qu'il soit pris les mesures convenables. Probablement ces mesures réussirent , car rien dans les archives ne signale les moindres troubles à cette époque. Mais on peut croire qu'une de ces mesures fut la création des Juges politiques qui eut lieu celte année , pour la première fois. C'étaient quatre Bourgeois , choisis dans chaque paroisse par
7 fi CHAPITRE XIII ,
le Corps municipal , pour veiller à l'exécution des réglcmcns de police , constater les délits , traduire les délinquans devant les Juges , et même les faire arrêter , lorsqu'ils jugeraient les cas assez graves. Ils étaient renouvelés tous les ans.
III. a3 septembre , M. Chevalier est encore réélu Maire. M. Chrétien-Fcrnier est élu Gouverneur du fait commun.
IV. 18 novembre , le Corps municipal députe M. Chevalier , Maire , aux Etats convoqués à Dijon , pour le 3o , et charge deux Echcvins , MM. Leprince et Hérault de Vézilly , d'aller à Paris , solliciter une décision du Conseil , sur une demande fort importante qui lui avait été adressée depuis long-temps , et restait sans réponse. Il s'agissait de faire au pont de fortes réparations , pour lesquelles une addition au péage était indispensable. Il en était de même des fortifications, auxquelles on n'avait fait , en 1614 et 1 6 1 5 , que les travaux les plus urgens. Mais cette dernière dépense ne pouvait être faite qu'au moyen d'une imposition directe, que les habitans , déjà surchargés , supporteraient difficilement ; et pour en alléger le poids , le Corps municipal demandait qu'elle fût répartie sur toutes les paroisses du Comté , attendu que la ville était leur chef-lieu , et renfermait les autorités qui les administraient. Celte seconde demande n'était pas d'une justice tellement évidente qu'on pût se dispenser de la recommander par d'autres moyens. En conséquence, on avait acheté 5z feuillettes de vin , et les deux Echcvins étaient envoyés a Paris , pour les distribuer tant à Monsei-
gneur le Chancelier , Monsieur le Garde des Sceaux , Monsieur le Président Jeannin , au à aucuns de Messieurs du Conseil. Le Chancelier alors e'tait M. Pompone de Bellievre , et le Garde des Sceaux , M. Manyot. Le vin fut probablement trouve fort bon et les demandes très-justes ; car , dès le 1 5 décembre , un arrêt du Conseil ordonna qu'il serait levé , sur tout le Comté, une imposition de i5,ooo livres, pour être employée aux affaires pressantes et nécessaires de la ville ; et dix jours après , des lettres patentes autorisèrent la levée de cinq sols par muid de vin passant dessus et dessous le pont , affectés à sa mise en état , indépendamment du péage de i5 deniers déjà perçu.
1. Le Ier mars , après plus d'une année de sécurité , il fallut , toul-à-coup , lever les passerelles , fermer les portes, et garnir de Bourgeois armés les tours et les remparts. Le Maire venait de recevoir du Lieutenant général de la province , Tordre de garder la ville avec le plus grand soin ; et de n'y laisser entrer personne qui détournât les babitans de leur fidélité envers le Roi. On apprit , en même temps, la cause singulière de cette alerte. C'était la prise d'Angoulèmc par Marie de Médicis , mère du Roi. Après avoir , pendant neuf ans , commandé en Reine , elle s'était vue brusquement privée , non-seulement du pouvoir , mais de sa liberté ; et n'ayant pas pu supporter ce renversement de fortune , elle n'avait pas craint de se mettre en état de rébellion contre son fils. Aidée
78 CHAPITRE Xllt ,
du Duc d'Epernon , elle s'était échappée du Château de Blois ; et avec des troupes secrètement levées pour elle , elle s'était emparée de Loches et d Angoulcme : elle n'avait fait que changer de prison , mais elle commandait dans celle-ci. Cette extravagance ne donna pas de vives alarmes ; et deux mois après on sut que , le 3o avril , par les soins de 1 habile Evêque de Luçon (depuis Cardinal de Richelieu) , un accord avait été conclu entre la mère et le fils. Le 23 juin , en effet , le Bailliage fit publier et afficher dans la ville une déclaration du Roi , accordant amnistie à tous ceux qui avaient servi Marie de Médicis dans cette folle entreprise.
H. 24 juin , M. Jean Bargcdé , Avocat , est élu Maire , et M. Claude Bourotc , marchand , Gouverneur du fait commun.
III. i5 novembre , les Officiers municipaux accordent 1 5o livres aux frères Prêcheurs , pour les aider à reconstruire leur grand dortoir , ruiné par ceux de la religion prétendue réformée.
I. 20 janv ier , à cette époque , la justice consulaire d'une ville avait pour ressort tous les pays plus rapprochés d'elle que des autres justices consulaires ; et comme il n'y en avait autour d'Auxerrc qu'à Troycs , Sens , Orléans , Nevers et Saulieu , celle d'Auxerrc avait une banlieue qui s'étendait au delà de Tonnerre , Joigny , A vallon , Ckmecy , Toucy , etc. , et appelait à AuxeTre les nombreux commerçons de ces contrées. Les habitans d Avallon, vovant avec envie l'heureuse
position d'Àuxcrre , voulurent lui en enlever une partie , et se pourvurent au Conseil pour obtenir l'érection d'une semblable juridiction dans leur ville. Déjà, sur leur requête, un arrêt les avait autorises à l'établir; mais les Juges-Consuls d'Auxcrre , ainsi que le Corps des marchands , y ayant forme opposition , le Corps municipal fut invite' à se joindre à eux. Il arrêta en effet d'intervenir , la ville ayant un intérêt sensible à conserver ce concours des commerçans , qui était une des sources de sa prospérité. Cette opposition réussit. B y a à peine 3o ans , qu'Avallon et Joigny ont im Tribunal de commerce.
II. 1 1 avril , la reconstruction du Palais de justice, demandée par les Officiers du Bailliage , était dirigée par eux. Les deniers levés pour cette dépense étaient verses chez le Receveur des domaines, M. de Frasnay , et ordonnances au profit de l'architecte par le Lieutenant général du Bailliage; enfin, les comptes en étaient rendus à la Chambre des comptes de Dijon ; en sorte que le Corps municipal était tout-à-fait étran- . ger à cette importante opération. Tant que M. Chevalier , Lieutenant général , avait été Maire , il n'avait pas fait mystère de toutes ces opérations aux autres Officiers municipaux. Mais depuis le mois d'octobre , le Maire, un des deux Gouverneurs du fait commun, et six Eebevms étaient nouveaux, et s'étonnaient qu'on ne leur rendît aucun compte, ni des trois rôles, de i4»»4& livres chacun , levéa dans les trois années précédentes , ni du quatrième auquel on travaillait pour 1 620 ; le public , suivant eux , s'effrayait de cette surcharge , et d'autant plus que la construction était loin d'ê~
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Ire achevée. Ils arrêtèrent , en conséquence , que MM. les Officiers du Bailliage seraient pries de communiquer au Corps municipal l'adjudication faite de ces travaux , pour en connaître le prix et les conditions. Les Officiers du Bailliage n'ayant pas défère à cette demande , le 24 » unc seconde délibération motivée , comme la première , sur les plaintes du public , autorisa le Maire i° à faire sommation aux Greffiers du Bailliage et de l'Election , de lui communiquer toutes les pièces concernant les impositions de 161 7, 1 618 et 1619, ainsi que l'emploi des fonds; 20 à former opposition à la levée annoncée pour 1 620 , jusqu'à ce qu'il en eût été délibéré par les habitans , en assemblée générale. Cette collision entre les deux autorités , n'eut pas de suite ; probablement la curiosité des nouveaux Officiers municipaux fut satisfaite : la levée de deniers fut continuée jusqu'en 1622 , et la même année vit achever la Maison royale. Cependant v. 1637 , n. vin.
III. 3o avril , M. Duval présente au Corps municipal son brevet de Capitaine de la Compagnie des arquebusiers , et demande qu'il lui soit indiqué le lieu où sa compagnie pourra faire ses exercices. Les Magistrats arrêtent qu'ils ne s'opposent pas à la mise en activité de cette Compagnie , mais qu'avant tout , les statuts réglant ses droits et ses devoirs doivent leur être communiqués ; que les membres de cette Compagnie doivent aussi prêter le serment dont la formule est fixée par la délibération du 17 avril 161 6, et qu'ensuite , il sera délibéré sur leur demande. V. 1621 , 11. ni.
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IV. 19 mai, arrêt du Conseil , qui proroge l'octroi de 5 sols par muid de vin , jusqu'à ce que son produit ait fourni 72,000 livres , somme reconnue nécessaire pour compléter les réparations du pont.
V. 1" juillet, nouvelle alerte; le Maire reçoit , directement du Uoi , Tordre de faire reprendre les armes , et de veiller à la garde de la ville. Un nouvel essai de rébellion de Marie de Médiciscn était Tunique cause. Par suite de la pacification de Tannée précédente, ayant le gouvernement d'Angers , elle avait trouvé la garnison disposée à lui obéir; et, cette fois son entreprise inspira de sérieuses alarmes. Comme elle voulait ne retourner à la Cour qu'autant que son fils expulserait M. de Luynes , et partagerait le pouvoir avec elle, elle trouva dans les Seigneurs de la Cour , jaloux de la faveur dece jeune Ministre, un bien plus grand nombre de bras prêts à servir sa cause. « Depuis la fameuse » guerre du bien public, sous Louis XI, dit le Vassor, » la France n'avait pas vu de parti plus puissant que » celui à la tête duquel se mit Marie de Médicis. »
En effet, le 10 août, le Bailliage fit publier et afficher , dans Auxcrrc , une déclaration du Roi , du 28 juillet , portant que le Comte de Soissons , la (Comtesse sa mère , le Duc de Vendôme et Grand- Prieur de France , les Ducs de Longueville , de Nemours , de Mayenne , d'Epernon , de Retz , de la Trimouille , de Rohan , de Rohanais , le Maréchal de Bois-Dauphin , les Comtes de Candallc , Marquis de la Valette , l'Archevêque de Toulouse , et autres , eussent à mettre bas les armes dans le mois ; que , faute de ce faire , ils étaient déclarés criminels de
lèzc-majesté , et seraient poursuivis comme tels. Néanmoins la division se mit entre les membres de cette coalition , que des ambitions déçues , et non l'amour du bien public , avaient formée ; elle se dissipa aux premiers revers , et le 18 août , le Maire reçut , du Comte de Qermont-Tonnerre, une lettre par laquelle il informait les babitans du traite de pacification conclu entre le Roi et sa mère. 11 avait été oblige d'assiéger en personne , avec 3tooo hommes de piedf 4<>o chevaux et 3 pièces de canon , la ville dans laquelle Marie de Médicis avait brave , pendant quelques jours , l'armée royale. Mais après quelques escarmouches , par l'entremise du Cardinal de Sourdis et de l'Evêque de Luçon , elle avait enfin abandonné ses prétentions au pouvoir , et la paix était jurée. Cependant le service de la garde ne cessa dans Âuxerre , que le 3 septembre , sur une lettre écrite par le Roi aux habitans , et datée de Tours. Le même jour , le Bailliage fit publier et afficher une déclaration du Roi , du 16 août, par laquelle il accordait amnistie à tous ceux qui avaient pris les armes pour sa mère , à la condition de se séparer dans les huit jours suivans.
VI. Jadis , un Roi des merciers , dans chaque ville et sa banlieue, exerçait par lui et ses Officiers sur tous les merciers , c'est-à-dire les marchands et les ouvriers , un pouvoir fort étendu. Il donnait les brevets d'apprentissage et les lettres de maîtrise. U faisait lui* même , et faisait faire par des subalternes , des visites pour les ouvrages , les marchandises , ainsi que pour les poids et mesures. Celte institution , qui remonte
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au siècle de Charlemagne , et avait été fort utile dans les temps où la police n'avait pour surveillans que les agens des Seigneurs , avait dégénéré ; et les derniers revêtus de ce singulier office avaient commis des abus si multiplies , qu'ils Turent supprimés par un e'dit d'Henri IV, en 1597. Malgré cet édit , on découvrit que , dans Auxerre même , et dans plusieurs endroits du Comté, des individus , usurpant encore ce titre de Roi des merciers , extorquaient de l'argent des petits marchands. Ces faits ayant été dénoncés par les Officiers municipaux au Procureur du Roi, le 3o septembre, une sentence du Bailliage fit défense à qui que ce fut , de prendre cette qualité , et d'en faire les fonctions , à peine d'être poursuivis comme coupable de crime de faux.
VII. 1" octobre , installation de M. Jean Bailly , Chanoine , Gouverneur du fait commun.
VIII. 8 novembre , MM. Bargedé , Maire , et Duvoîgnc , Procureur du fait commun , sont députés aux Etats convoqués à Dijon , et chargés d'y présenter un nouveau mémoire contre les Officiers de l'Election, au sujet des honoraires énormes qu'ils s'attribuent sur les rôles de toutes les impositions dont ils font la repartition. V. 1628 , n. iv.
IX. 27 décembre , Denis Vatard , imprimeur et libraire , voulant empêcher les merciers , qui jusqu'alors avaient vendu des livres , de continuer ce commerce , les traduisit devant le Prévôt. La Communauté des merciers intervint, et le Prévôt ordonna que les pièces du procès seraient communiquées aux Officiers municipaux. Leur réponse fut « que les
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" poursuites de \ alard étaient contraires à la liberté' » de ce qui s'était pratiqué, de tout temps, dans la » ville , dans laquelle il a été libre à toute personne » de mettre en vente heures, bréviaires et prières » approuvés par la Sorbonne, et tous autres livres » approuvés et non censurés. » Sur cet avis , la demande de Vatard fut rejetée par le Prévôt.
1. 9 janvier , le Maire reçoit une lettre du Roi , du 25 décembre, annonçant une tentative des Proteslans surla ville de Navareins,ct portant qu'il juge à propos de pourvoir a la sûreté des autres villes; quAuxerre est du nombre de celles dont la conservation lui importe le plus ; qu'en conséquence, il ordonne de faire tout ce que le Duc de Bcllcgardc , plus particulièrement informé de ses intentions , prescrira , ou qui le sera par le sieur de la Rivière. Le Duc , en transmettant cette lettre , recommande d'apporter à la garde de la ville le plus grand soin.
La cause de ces mesures était l'état hostile des P rot es tans dans le Vivarais , le Béarn , et à la Rochelle. Au mois d'octobre , le Roi ayant visité Bordeaux et le Béarn , avait changé les Gouverneurs de plusieurs places , notamment celui de Navarcins. Mais , à peine s'était-il éloigné , que celte ville avait failli lui être enlevée. Cette tentative et plusieurs autres dans diverses provinces , révélèrent que le parti Protestant concevait encore de coupables espérances.
Le jour même de la réception de ces lettres , la porte d'Eglcny et celle de Chante-pinot furent fermées , les ponts-levis levés et les grils abattus. Une escouade de la milice fut placée à chacune des autres portes , pour y faire le service de jour et de nuit, avec les rondes accoutumées. 11 fut enjoint à tous les habitans , privilégies ou non privilégiés , de quelque qualité qu'ils fussent , de se rendre à cette garde , quand ils seraient commandés , à peine de soixante sols d'amende. Les murs de la ville depuis la porte du Temple, jusqu'à celle d'Eglény , étaient dans un tel état de ruine qu'ils n'étaient plus susceptibles de réparation. En peu de jours, 197 toises en furent reconstruites à raison de 67 livres 10 sols la toise. On reconstruisit aussi enparticlagrandearchcdupont , et les deux premières du côté du faubourg ; ce qui coûta 42,000 liv. Le seul étayement du pont fut payé 18,000 livres à Louis Vatard , charpentier.
IL Le fermier des Aydcs dans le Comté de Tonnerre crut qu'il serait plus heureux que ne l'avait été , en 161 4» celui du Comté d'Auxerre, et qu'il parviendrait à assujettir les Auxerrois au droit de Gros , pour les vins provenant de leurs vignes situées dans le ressort de Tonnerre ; mais , par arrêt du Conseil , du i3 février , celui du 4 mars 161 4 fut maintenu. V. i658, n. iv.
III. 10 mai, après sept années d'efforts, le sieur Duval , parvient à faire reconnaître sa Compagnie de Chevaliers de l'arquebuse. Un arrêt du Conseil , du 24 avr|l t avait rejeté l'opposition de MM. Chevalier et Labhé à un premier arrêt. Sur le vu du dernier,
Je Corps municipal les autorise à se réunir au son du tambour >ei à se livrer à leur exercice. Les contradictions que cet établissement avait éprouvées, se prolongèrent probablement après cette autorisation , car il ne reste dans les archives aucune autre trace de son existence ; et l'on verra, en iy3o , une autre Compagnie se former , sans môme qu'il soit fait mention de celle-ci.
IV. 22 juin , on répand le bruit qu'il se forme des réunions mystérieuses dans les environs. Les Officiers municipaux en furent tellement effrayés, qu'ils demandèrent au Duc de Bellegarde l'autorisation de prendre , sur les deniers destinés aux réparations du pont , ce qui serait nécessaire pour réparer de nouvelles dégradations survenues aux fortifications. Mais dans leur supplique à ce sujet , on voit toute la peine qu'ils avaient à obtenir de la milice bourgeoise un service régulier. Us disent au Duc que les habitons sont négligeas et paresseux dans la garde de la ville , et qu'il importe que des peines rigoureuses les rappèlent à leurs devoirs. Le Duc autorisa l'emploi des fonds comme il était demandé , et recommanda aux Magistrats de provoquer un règlement sévère pour le service de la milice. En conséquence , une assemblée des habitans eut lieu , devant le Lieutenant général , le 8 juillet , et il y fut arrêté « que tous les » habitans , tant ecclésiastiques que laïcs , prétendus » privilégiés ou non , qui seraient commandés , obéi- » raient à tous ordres , à peine de 6o sols d'amende , » pour la première contravention , de dix livres pour « la seconde , et de peine arbitraire pour les sui- *» vantes ; que tout habitant serait tenu d'avoir arme
» et même bâton à feu (fusil) ; que des rondes seraient » faites en dehors, comme en dedans de la ville, m pour réprimer les gredins et autres mauvaises gens. »
Les Officiers municipaux s'empressèrent aussi de profiter de l'autorisation du Gouverneur pour la mise en état des fortifications , et y dépensèrent 12,000 liv.
Au mois de décembre , les rigueurs de l'hiver rassurant sur les mouvemens des gens de guerre , les Officiers municipaux devinrent plus tolcrans pour la garde , et finirent par en suspendre le service.
L Dans les premiers jours du mois de mai , on sut que Tannée des Protestans se remettait en campagne. Aussitôt le Maire fit publier , à son de trompe , que les réglemcns de Tannée précédente , pour la garde de la "ville et le service de la milice , seraient exécutés dans toute leur rigueur. Le Corps municipal prit , en outre , une délibération portant « que les Chanoines m de S.-Etienne , prétendant à être exempts de la ^et de payer les impositions que nécessitent ^ M. le Doyen serait prié de les avertir » qu'ils ayent à assister aux gardes , et à faire payer * le bois de la garde , comme d'ancienneté , sinon m qu'ils y seront contraints par la saisie et la vente » sans déport de leurs biens , comme d ancienneté. »
II. Les Etats de la province furent réunis à Dijon , deux fois en très-peu de temps , le 1 3 juin et le 17 août. Chaque fois , indépendamment des intérêts particuliers du pays , il y fut demandé et accordé des
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subsides extraordinaires, que nécessitaient l'audace et l'opiniâtreté des Proteslans , particulièrement à la Rochelle , dans le Poitou et la Saintongc. A ces deux sessions , la ville eut pour Députes , le Maire , M. Bargedé , et un Echevin , M. Leprince.
III. 19 septembre , un convoi considérable de poudre à canon , destine pour le camp de Montpellier , et devant remonter la rivière jusqu'à Cravan , s'arrêta devant le port S.-Nicolas. Le sieur de la Bruyère , Lieutenant d'artillerie , et prépose à ce convoi , vint déclarer aux Officiers municipaux , qu'il était prévenu que les rebelles se disposaient à le lui enlever , dans le trajet qu'il avait à faire par terre , de Cravan à Chalon-sur-Saône ; qu'en conse'qucncc , il demandait , au nom du Roi , qu'il lui fût fourni tous les voituriers nécessaires pour le transport par terre , et une escorte de 100 hommes de pied , au moins, avec un Capitaine et des Scrgens. On s'empressa de répondre à ses désirs , Les Capitaines de la milice furent invites à se rc'unir , à l'effet de choisir dans toute la milice 100 à 120 hommes d'élite et de bonne volonté, pour en former une Compagnie temporaire , et de leur donner également des Officiers et Sous-Officiers , pris parmi ceux qui se présenteraient d'eux-mêmes pour faire ce service. Ces Officiers furent MM. Bounon , Capitaine , Bernier , Lieutenant , Dclyc , Enseigne. On y ajouta quatre Scrgens. Il fut aussi arrêté « que cette troupe serait conduite par M. Soufflot , » Echevin ; qu'elle marcherait tambour battant , en- *» scigne déployée , et que pour empêcher qu'il ne » se fit désordre dans le plat pays , le Receveur dîs-
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h tribucrait aux personnes de l'expédition, les sommes » qui seraient fixées par le Maire et M. Soufllot. >• Cette petite troupe remplit sa mission , sans avoir éprouvé la plus légère escarmouche.
IV. Ier octobre , installation de M. Chevalier , Lieutenant général , nommé Maire pour la quatrième fois , et de M. Guillaume Berault, marchand, Gouverneur du fait commun.
V. Le môme jour , les Jésuites , à qui la direction du Collège venait d'être confiée , en ouvrirent les classes, à la grande satisfaction des familles dont les enfans allaient recevoir une instruction vivement désirée.
On a vu , dans les notions historiques que j'ai données sur le Collège , au commencement du siècle , que l'Evcque Amyot , en le construisant , le destinait à cette société ; et que le vœu des habitans , à ce sujet , était si conforme au désir de l'Evcque , que , malgré la disgrâce dans laquelle étaient alors ces Religieux , et le peu d'espoir qu'on pouvait avoir de les obtenir , on continuait néanmoins de donner à la maison d'Amyot le nom de Collège des Jésuites , qu'il lui avait donné lui-même.
Cependant , il ne paraît pas qu'il ait été fait des démarches pour les y établir, avant 1617. On voit dans les registres du Chapitre que » le 3 1 décembre de cette année , trois Conseillers du Bailliage , MM. Germain Leclerc , Germain Lauvcrjat et Nicolas Barge de , se présentèrent comme députés de leurs collègues et des Officiers municipaux , lui firent part du projet conçu par ces deux autorités , d'appeler les Jésuites
au Collège , pour procurer aux enfans du pays un enseignement plus étendu que celui qu'ils y recevaient , et que cette proposition fut agréée par le Chapitre. On y lit encore que , le 16 juin 1619 , trois autres députes du Bailliage vinrent inviter le Chapitre à contribuer aux sacrifices que la plupart des Corps et des Bourgeois étaient disposés à faire à ce sujet , et que le Chapitre promit 1 ,600 livres.
Probablement on n'obtint que difficilement tout ce qui était nécessaire pour ce grand établissement, car ce n'est qu'après trois années de négociations , que le Maire et le P. Provincial des Jésuites furent d'accord sur les conditions. Le P. Imbcrt Bouetc , fondé de pouvoir du P. Provincial , vint à Auxerre le 21 septembre , et le traité fut signé. Il ne fut pas seulement souscrit par les Officiers municipaux ; ils n'y stipulèrent qu'avec le concours des députés du Clergé , du Bailliage , de l'Election et de la Prévôté.
Ce traité portait en substance que le Maire , pour les habitans , s'obligeait à payer aux Jésuites 4»°°° livres par an , à la charge par eux d'avoir un Recteur , quatre Régens pour les classes, et quatre Pères pour les prédications et les confessions. La société s'obligeait , en outre, d'avoir, par la suite, une chaire de rhétorique, moyennant 4°° livres de plus par an , si la ville la demandait; et même deux Régens de philosophie , en ajoutant encore 1,000 livres. Indépendamment de ces promesses pour l'avenir, ils reçurent, afin de se procurer des livres et des meubles , de la ville 3,5oo livres, de l'Evèquc 1,600 livres, du Chapitre i,6oo livres , d'une souscription faite par i3 Conseillers du
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Bailliage et six Bourgeois 4790 livres. Deux Bourgeois de Vczelay , dans l'espoir que les jeunes gens de leur ville pourraient participer aux avantages de cet établissement , ajoutèrent à tous ces dons 600 liv. La ville avait encore fait de grandes dépenses pour la mise en état des bâtimens , qu'elle avait agrandis par Tachât de plusieurs maisons voisines. Enfin , M. de Bcllegarde , Abbé de S.-Germain , leur assurait 100 livres par chacun an, sur sa mense.
Les Jésuites, flattes et reconnaissans de la confiance dont ils recevaient des te'moignages si évidemment sincères , invitèrent les autorités et les notables à se réunir , le 18 du même mois, dans la grande salle des exercices. L'assemblée fut très-nombreuse ; l'Evèque et tous les dignitaires du Clergé et de la Magistrature s'y trouvèrent. Après qu'un des Régens eut exprimé la reconnaissance de la Société envers les habitans,un autre prononça un discours latin, parfaitement conforme aux idées qui alors dominaient les esprits dans la ville. Son sujet était l'éloge de l'Eglise d Auxerre : de laudibus et sacrâ majestate Ecclesiœ Autissiodorensis. V. 1624, n. 1.
I. Le traité avec les Jésuites n'avait été fait que sous la condition qu'il serait agréé par le IVoi. En conséquence , M. Lalouat , Avocat , avait été envoyé à Dijon , pour obtenir la recommandation de M. le Duc de Bellcgardc , qui , plein de bienveillance pour les habitans , l'avait donnée ; et , le 26 décembre , un
brevet avait approuve rétablissement , avec autorisation , pour les Jésuites , de recevoir des dons jusqu'à concurrence de 600 livres de revenu. M. Duval , savant interprète des langues étrangères , ne' à Auxerre, qui avait aussi employé son crédit pour l'obtention de ce brevet , voulut l'apporter lui-même , convaincu du grand avantage qui devait résulter pour le pays , de l instruction donnée par ces savons Religieux. C'est ainsi qu'il s'en est explique, lors de la remise qu'il fît de ce brevet aux Officiers municipaux , et que ces derniers l'ont constate dans leur délibération du 8 janvier.
II. 11 n'existait alors ni pont ni chaussée pour traverser , dans le faubourg S.-Martin-lès-S.-Julien , les divers cours d'eau qu'y formaient le ruisseau de Vallan et ceux de la fontaine S.-Amatrc. L'écoulement de toutes ces eaux était môme obstrue par les ruines de l'Abbaye de S.-Julien , détruite en i5gi ; il en résultait une espèce de marais qu'on ne franchissait , à pied , qu'à l aide de planches mobiles , ce qui occasionnait de irequens accidens. Ce n'était même pas sans danger , pour peu que ces ruisseaux fussent gonfles par les pluies , qu'on y passait à cheval ou en voilure. Depuis long-temps , le Corps municipal avait reconnu qu'il c'tait indispensable d'y construire une chaussée et un pont , au moins sur la branche de ces eaux la plus rapprochée de la ville , et appelée le ru de Rcnthcaumc. Une délibération du 28 novembre précédent , portait môme qu'on s'occuperait de ces travaux , aussitôt que la caisse municipale pourrait en fournil les fonds. Mais , dans le
mois de janvier , les eaux sVtant élevées à une hauteur extraordinaire , les communications entre la ville, le faubourg et les pays au-delà , furent totalement interrompues. Des imprudens , ayant voulu braver les difficultés , y périrent. On cessa d'ajourner cette dépense. Elle fut ordonnée le 1 5 janvier , exécutée au mois d'août , et coûta 3, 200 livres , y compris l'achat des terrains dont il fallut élargir la voie publique.
III. Au mois de février, il y eut à Auxerrc , et pendant quelques jours , une conférence mystérieuse entre le Prince de Condé , le Connétable Albert de Lu) nés , le Duc de Bellcgarde , et plusieurs Conseillers de la Cour des comptes de Dijon. Son seul résultat pour les habitans fut une dépense de 1 ,484 liv. 18 sols, qu'il fallut faire pour les recevoir et les traiter pendant leur séjour , sans avoir pu pénétrer le sujet de leur réunion.
IV. 3i mars, lettres patentes du Roi qui accordent aux Grandes-Charités un droit de douze deniers à percevoir , pendant six ans , sur chaque minot de sel vendu au Grenier ; pour servir à agrandir les bâtiinens , et entourer de murs le grand cimetière.
V. 28 juillet , audience solennelle du Bailliage , pour la réception de M. Jacques Régnier, Vicomte d'Aulnay , en qualité de Grand-Bailli , sur la résignation de M. de la Rivière. Le Maire , les Gouverneurs et les Echcvins intervinrent, et demandèrent acte de leur protestation contre le titre de Gouverneur de la ville , que lui donnaient ses provisions ; déclarant qu'eux seuls ont toujours eu la clé des portes , donne le mot de garde , et fait toutes les fonctions
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de Gouverneur , quoique les provisions de ses prédécesseurs continssent la même erreur.
VI. 6 octobre , le Chapitre de S.-Eticnne , informe que M. de Donadieu , cédant aux instances de sa famille , venait d'être nommé Evêque de Comminges , crut pouvoir déclarer le siège vacant et la régale ouverte. Il s'empara, en conséquence, de l'administration du spirituel et du temporel du Diocèse , mais M. de Donadieu , prétendant que tant qu'il n'avait pas été préconisé à Rome , il ne cessait pas d'être Evêque d' Auxerrc , traduisit le Chapitre au Parlement. V. 1624 , n. in.
I. 28 janvier , assemblée des habitans : le Maire , au nom du Conseil municipal , leur expose que l'enseignement des Jésuites , pendant la première année scolaire , a fait faire aux écoliers des progrès si satisfaisais , qu'on désire généralement de voir les jeunes gens du pays achever leurs études , sous des maîtres aussi capables. Il propose , en conséquence , d'user de la faculté que la ville s'est réservée dans son traité avec les Jésuites , et de leur demander un Régent de rhétorique , pour ^00 livres par an. Cette proposition fut accueillie unanimement , et peu de jours après la classe fut ouverte.
IL La léproserie rebâtie, en i582, par Michel le Caron, médecin d'Auxerre, tombait en ruine ; Jehan Lavaux , qui en était Chapelain et Administrateur , étant mal payé des rentes dues à cet établissement , et hors d'état de faire les dépenses de la reconstruc-
tion , proposa au Corps municipal de resigner ce bénéfice moyennant une modique pension. Ses offres furent acceptées par une délibération du 1 1 avril , qui autorisa les maîtres des Grandes-Charités à traiter avec lui , et à faire , auprès du Grand-Aumônier , les démarches nécessaires pour en obtenir l'incorporation de la léproserie au grand hôpital ,àla charge d'en réparer les bdtimens , et soi isj aire à toutes les charges selon les occasions qui se présenteraient. L'incorporation , en effet , a e'te' prononcée , et l'Hôtel-Dicu , en 1790, possédait encore l'emplacement assez étendu où existait cet établissement. V. 1673 , n. iv.
III. i5 avril , arrêt du Parlement qui déclare abusif l'acte capitulairc du 6 octobre , par lequel le Chapitre de S.-Etiennc s'est emparé de l'administration de l'Evèché , et lui fait défense de troubler M. de Don adieu dans ses droits.
IV. 6 mai , arrivée du Cardinal Barberin , neveu du Pape Urbain VIII , et son Légat en France. Conformément aux ordres du Roi , il fut reçu hors de la ville , par toutes les autorités , ayant pour escorte une Compagnie d'élite de la milice bourgeoise. Les clés de la ville lui furent offertes. On le conduisit ensuite, sous un dais rouge Jusqu'à son logis. Toutes les rues sur son passage étaient tapissées. Il avait avec lui le Datairc Pamphilc. Le 7 , il célébra la messe dans la Cathédrale , et , le 8 , il continua son voyage , se rendant à Paris.
V. 28 juillet , le Connétable Albert de Luynes repassa par Auxerre. D'après les instructions du Gouverneur, le Duc de Bellegarde , il fut reçu comme
chef d'armes. Tout le Corps de la milice alla audevant de lui , hors de la ville. La porte S. -Simon , par laquelle il arriva , et celle du pont , par laquelle il devait sortir , étaient garnies de canons , pour le saluer à son arrivée et à son départ. Celte cérémonie fut troublée par un fâcheux accident. Au moment où le Connétable accepta les clés de la ville, que le Maire lui présentait , toutes les armes , canons et fusils , furent tires, et un père de famille, Claude Mallot, fut blesse. Le Maire et les Echcvins en prirent soin , et lui donnèrent une indemnité après sa guerison.
VI. ier octobre , installation de M. Boyrot , avocat, élu Maire le 24 juin.
I. 1 7 janvier , la translation de M. de Donadieu à l'Evèché de Commingcs , ayant été rendue publique , le Chapitre de S.-Etienne reprit , sans difficulté , l'administration du Diocèse , et nomma à cet effet quatre Grands Vicaires.
M. de Donadieu fut généralement regrette'. H avait beaucoup de fortune , et en faisait remploi en bonnes oeuvres. On a vu avec quelle générosité il a aide' les Auxerrois dans tous les établissemens qui se sont faits de son temps. Il ne voulut jamais qu'on payât, soit à lui, soit à ses Officiers , la moindre chose pour les dispenses relatives aux mariages , ainsi que pour les provisions des Officiers à sa nomination. Lorsqu'il revenait des assemblées du Clergé , tout ce qu'il y avait reçu d'honoraires était distribué aux pauvres.
Plein de pieté , mais d'une piété éclairée , il fit disparaître des cérémonies religieuses , des usages devenus ridicules. Le jour de la fête du patron d'une confre'rie , le chant du Magnificat servait à jouer une pantomime plus risiblc qu'édifiante. Au verset Deposuii poientes de sede , l'officiant retirait le bâton des mains de l'ancien Bâtonnier , et au verset Suscepit Israël y son successeur s'en emparait comme d'une chose conquise par sa valeur.
Aux processions de la Fête-Dieu , on voyait les douze apôtres en perruques , avec de fausses barbes , des habits superbes et des auréoles.
Ces spectacles bizarres ne se mêlèrent plus aux exercices de dévotion.
II. Au mois de mai , on reconstruisit l'arche du pont sur laquelle était élevé le pavillon de la porte de la ville. Ce travail , pendant lequel il fallut tenir la presque totalité de cette masse énorme suspendue, avait été préparc par les Ingénieurs de la province , et fut surveillé par deux Echevins. La dépense s'éleva à 636o livres.
III. Au mois d'août, MM. Boyrot, Maire, Chevalier , Lieutenant du Bailliage , Fernicr , Conseiller , et Thibault , Avocat du Roi , vont à Varzy , conférer avec les Officiers de M. le Duc de Nevers , sur l'affaire du Donziais. V. 1602, n. ni, et 1703 , n. 1.
I. Les récoltes de 1625 ayant été presque nulles, Auxcrre, comme dans une grande partie du royaume,
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«prouva , pendant l'hiver , une affreuse disette. Elle fut telle que , le 1 8 mars , le Maire et les Echevins s'apercevant que le marche ne recevait plus de grains , et qu'à la vue des nombreux bateaux qui , chaque jour , descendaient des blés à Paris , le peuple , maigre tous les secours qu'il recevait, faisait entendre les murmures précurseurs de la révolte , arrêtèrent que le premier bateau qui serait aperçu serait saisi , et que le blé serait conduit au marche' , où il serait vendu pour le compte du propriétaire. Cette mesure ne déconcerta pas ceux qui voulaient une sédition. Quand le peuple souffre , il compte pour rien les causes naturelles , et en imagine d'autres pour avoir occasion de satisfaire sa malveillance. Cette fois , ce fut aux impôts que les agitateurs attribuèrent la cause de leur misère ; et comme la taille venait d'èlre augmentée de ^oû livres pour la classe de rhétorique , il ne fut pas difficile d'émouvoir les artisans et les vignerons sur une dépense qui ne devait profiter qu'aux enfans des Bourgeois. Le but des séditieux fut donc de piller et de massacrer les Olïciers de l'Election, qui avaient fait cette addition à la taille , et les Jésuites qui devaient en profiter.
Le dimanche 29 mars , sur le midi , le Corps municipal étant en délibération à l'hôtel de ville , on s'aperçut que 5o à 60 hommes, groupés sur la place , s'excitaient mutuellement. On en fit venir sept à huit, à qui le Maire demanda la cause de leur réunion ; ils répondirent qu'ils se plaignaient des tailles ; et sur ce que le Maire leur répliqua qu'ils devaient se pourvoir par les voies ordinaires , et non se révolter ,
comme ils y paraissaient disposes , deux vignerons audacieux , Bourdin et Marchant , lui dirent que le mécontentement était général , et que s'ils l'avaient voulu , ils auraient amené avec eux plus de 3oo personnes. Aucune représentation ne fut écoutée ; ils se retirèrent en murmurant. Cependant le tumulte parut s'apaiser; mais vers les cinq heures , les se'ditieux, maîtres du clocher de S.-Pèrc , sonnèrent le tocsin , et l'effroi se repandit dans la ville. Le Maire fit de vains efforts pour assembler la milice ; les Bourgeois qui prirent les armes, se trouvèrent en si petit nombre , qu'on crut qu'il y aurait imprudence à les envoyer au lieu du desordre. Il dura toute la nuit , et le tocsin ne cessa pas un instant. Néanmoins , les révoltes se bornèrent à quelques tentatives pour s'introduire dans une maison , dont ils furent repoussés. Mais , au point du jour , le 3o ? le rassemblement devint plus nombreux et plus menaçant. Le Maire , les Echcvins , tout le Bailliage en corps, allant au-devant de ces furieux , essaverent vainement de les calmer. La multitude enhardie par la terreur qu'elle inspirait , quitta le quartier S.-Pèrc , pour se porter sur le Collège. Heureusement , déjà le Maire , pendant qu'on parlementait , y avait conduit ce qu'il avait pu réunir de la partie saine de la milice. Cette opposition à la résistance n'en imposa pas aux séditieux , qui attaquèrent les premiers ; mais la défense fut vive , et l'un des plus obstines étant tombé mort aux pieds de ses camarades , en un instant la foule disparut. (1)
(•) V. les lellres du P. Pintreau, jésuite, publiées en i65f.
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Toutefois , ce premier moment de terreur passe' , les groupes se reformèrent dans le quartier de S.- Père , et redoublèrent de menaces. Les autorites , qui étaient restées re'unies , voyant cette opiniâtreté , envoyèrent en toute hâte à Tonnerre , instruire M. le Comte de Clermont-Tonnerrc , Lieutenant de Roi de la province , de la position critique de la ville t et le conjurer de venir y rétablir l'ordre. En l'attendant , les Capitaines de quartier furent charges de contenir la populace mutinée , autant qu'il leur serait possible; ce qu'ils exécutèrent avec plus de succès qu'on ne l'avait espéré. La nuit du 3o au 3i se passa dans des transes continuelles , mais au point du jour , le courrier envoyé à M. de Clermont rapporta sa réponse , portant qu'il arriverait le jour même , avec sa Compagnie de Gendarmes. Cette nouvelle , qu'on fit promptement circuler , fit seule „ sur les mutins , plus d'effet que toutes les démarches conciliatoires. L'effroi passa de leur côté f quand tous les hommes de bien se rassurèrent. M. de Clermont et sa troupe arrivèrent peu d'heures après sa lettre. Le Corps municipal, escorté de la Compagnie d'hommes d'armes de lamairic, auxquels on avait fait renouveler le serment d'obéissance , alla le recevoir à la porte duPont. Les Magistrats, après l'avoir remercié t le conduisirent à l'hôtel de la Grandc-Madclaiuc , où il fut défrayé de toutes ses dépenses. On logea dans les hôtelleries ses Gendarmes , qui y furent également nourris aux frais de la ville. Dès le lendemain , les Jésuites réfugiés à Monétcau , dans la maison de campagne de M. le Lieutenant gé-
néral Chevalier , rentrèrent dans le Collège , dont les classes avaient été fermées pendant deux jours.
Le Comte de Clermont resta jusqu'au 7 avril , et ne se retira qu'après qu'on eut fait prévotalcmcnt justice des chefs delà révolte, bien connus des Magistrats , avec lesquels ils avaient ose parlementer, quand on avait voulu les rappeler à la raison. Par ce coup d'autorité', la populace fut comprimée , mais sa haine contre la Bourgeoisie n'en fut que plus ardente , el se faisait remarquer à chaque instant. Les craintes qu'elle inspirait étaient si fortes , que , le 1 5 mai , le Maire et les Echevins , apprenant que M. Chevalier , Lieu* tenant général , dont l'influence avait été d'un grand poids dans la crise qu'on venait d'éprouver , allait s'absenter , prirent une délibération pour le prier de différer son voyage , » des bruits alarmans faisant » craindre de nouveaux désordres , contre lesquels il » était à désirer qu'on pût avoir ses bons avis. » Une aussi honorable invitation ne le trouva pas insensible.
Quelques jours après , la perplexité des habitans s'accrut encore. On apprit que le Parlement de Dijon venait , le 20 du même mois , de rendre un arrêt , prononçant défense de faire sortir les blés hors du Duché de Bourgogne , et ce n'était que de celle contrée que la ville recevait le peu de grains qui nourrissait ses habitans. On envoya aussitôt M. Bargedé , Echevin , à Dijon , solliciter une exception pour Auxerrc ; qui , sans être du Duché , en supportait toutes les charges , et n'avait pas d'autres
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ressources pour son approvisionnement. La réponse du Gouverneur fut pleine de bienveillance pour les habit an s.
Le 3 juillet , la tranquillité publique reçut une nouvelle secousse. La délibération du 18 mars, par laquelle les Magistrats de la ville avaient décide d'arrêter une partie des bles qui descendraient la rivière, avait c'te' sévèrement improuvec et annulée par un arrêt du Conseil, comme compromettant l'approvisionnement de la Capitale; il était, au contraire, cujoint aux Magistrats de protéger de tout leur pouvoir , la circulation des grains , mais au moment où deux bateaux immensément charges de bles , allaient passer le pont , quelques hommes trouvèrent le moyeu de les arrêter, et à leurs cris, une multitude effrénée se joignit à eux et couvrit les bateaux. Le pillage allait commencer, quand le Maire , un des deux Gouverneurs , le Prévôt , son Lieutenant , un Conseiller et le Procureur du Uoi , accoururent pour l'empêcher, lis y réussirent , mais ce ne fut qu'à la condition que le blc serait vendu de suite , à raison de 3 livres 7 sols le biebet. Les Magistrats , maigre les représentations de la dame Surcbcrt , femme du marchand , se virent contraints de satisfaire cette foule, décidée à ne pas lâcher sa proie. Ils ordonnèrent donc la vente , et la firent faire sous leurs yeux , pour éviter un plus grand mal. On en vendit pendant vingt -quatre heures , à tous ceux de la ville et des euvirons qui se présentèrent. La vente monta à 1 ,070 bichels , et U ne se trouva plus d'acheteurs. La dame 5>urebcrt fut invilc'e à recevoir le prix de ce qui était
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vendu , et à disposer des 24 bichets qui restaient. Sur son refus , ces 24 bichets furent conduits et vendus au marche suivant. 11 y eut , à ce sujet , une instance entre la ville et le sieur Surebert , mais au mois de décembre , il vint à Auxerre , et reçut les 3,586 liv. , prix de son blc.
La nouvelle récolte , aussi faible que la précédente , ne fit qu'augmenter la crainte des desordres , au point que, le 26 juillet, PAbbesse et les Religieuses des Des , par les conseils des Officiers du Bailliage , demandèrent au Corps municipal l'autorisation de transférer leur Communauté' dans la ville. Elles y furent admises , â la condition que, lorsqu'elles voudraient des novices , elles donneraient la prc'fc'rence aux filles des Bourgeois de la vifle. Il parait ne'anmoins qu'elles se rassurèrent , cl qu'attachc'es à leur Monastère , elles y restèrent jusqu'à ce que de nouveaux dangers les contraignissent à l'abandonner. V. 1 636 , n. v.
Il paraît qu'indépendamment des troubles intérieurs dont Auxerre était alors agite , on n'y était pas sans inquiétude sur les suites que pouvait avoir sur la ville, la division ouverte entre Louis XIII, voulant conserver son Ministre , le Cardinal de Richelieu , et Gaston , frère du Roi , ennemi déclare' du Cardinal. On voit effectivement le Corps municipal , par une délibération du 8 septembre , faire reprendre , par la milice , la garde des portes de la ville , pendant le jour et la nuit.
U. 9 septembre , MM. Boyrot , Maire , et Delà-
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chasse , Echcvin , sont députes aux Etats convoqués à Dijon pour le i3.
III. icr octobre , installation de MM. Boyrot , réélu Maire t et Petitfou , Gouverneur du fait commun.
IV. i5 octobre , arrivée imprévue de M. Gilles de Souvré , successeur de M. de Donadieu , sur le siège épiscopal. Instruit des maux sans nombre qui affligeaientlc pays, il voulut échappera une réception solennelle. Sans se faire annoncer , il descendit de voiture à sept heures du soir , se fit conduire au Palais épiscopal , et prévint ensuite le Chapitre et les autorités. Le lendemain , le Chapitre l'intronisa avec le moins d'éclat possible. Quoique fort jeune , son esprit , son instruction et son amabilité firent espérer qu'on retrouverait en lui tout ce qu'on avait perdu par l'éloignement de M. de Donadieu. Le surlendemain , il fut invité à un exercice public dans le Collège. Le Régent de rhétorique en prit occasion de rappeler , dans un discours latin , les vertus éminentes et les actions mémorables de la plupart des anciens Evoques d'Auxerre. Cet exposé frappa le jeune Prélat , le fortifia, ainsi que, depuis, il l'a dit, lui-même , dans le parti qu'il avait déjà pris , de remplir avec un entier dévouement , les nombreux et difficiles devoirs de l'Episcopat ; il y persévéra jusqu'à sa mort. V. 1 63 1 , n. vi.
V. 1 1 Décembre , réception de M. le Comte de Cormarin , en qualité de Lieutenant général au gouvernement de l'Auxois , Autunois et Auxcrrois , en remplacement de M. de Clermont-Tonnerrc. Dès le 29 mars , une letlrc du Roi l'avait annonce aux
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Maire et Echevins , qui , de concert avec les Capitaines de la milice avaient arrête' le cc'rc'monial. Indépendamment du canon qui e'tait toujours sur la porte du Temple par laquelle M. de Cormarin devait entrer , quatre autres canons furent places sur la plate-forme qui e'tait entre cette porte et celle d'Egleny ; douze fauconneaux furent disposes sur la place de la Fénerie , et douze autres sur la plate-forme de la porte du Pont, par laquelle il devait sortir. Escortées de cent hommes d'élite de la milice , les autorités allèrent au-devant de lui, jusqu'à la porte du Temple. Au moment où il reçut les clés , toutes les pièces d'artillerie furent tirées pour annoncer et célébrer sa prise de possession. Sa suite était fort nombreuse ; les hôtelleries furent remplies par ses Gentilshommes et ses Gendarmes. Sa femme et sa fille furent logées chez une dame Chrétien , qui reçut 1 70 livres d'indemnité.
VI. 1 1 Décembre , réception d'une lettre du Roi , par laquelle il prévient le Maire et les Echevins que, la rareté et la cherté des blés augmentant chaque jour, il vient d'en défendre l'exportation , et les invite à lui adresser leur avis sur les mesures à prendre pour sauver le peuple des maux dont il est menacé jusqu'à la nouvelle récolte.
I. L'état de misère et de terreur dans lequel on passa l'hiver à Aux erre , est naïvement exprimé dans une délibération du Corps municipal du 1 8 avril. Des comédiens voulant donner un spectacle , et vendre
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leur orviétan à des gens qui mouraient de faim, desiraient l'annoncer par le tambour ; il est arrêté que l'autorisation leur en sera refusée :« eu égard à la cala- » mité du temps , et qu'il est plus besoin de prier >» Dieu , que de faire de telles assemblées ; joint le »» tumulte qui est arrivé, et les menaces qui sont » tenues. »
IL 27 juin , transaction entre le Corps municipal et le sieur Cailleau. La plainte par lui portée en 161 3 , fut suivie d'un énorme procès au Conseil. Il fallait réviser tous les comptes antérieurs à 1 6 1 3 ; sur chaque article, Cailleau trouvait quelques critiques à faire. 11 paraît qu'en effet les deniers communs avaient souvent été détournés de leur destination , mais toujours au profit des habitons , lorsqu'on était contraint à ces irrégularités par les malheurs des temps , et que jamais il n'y avait eu d'infidélité réelle. Néanmoins on n'apercevait pas le terme de ce procès, s'il était suivi dans toutes les torluosités que savait lui donner Cailleau , qui voulait lasser les Magistrats , et faire payerson prétendu zèle pour le bien public. H y parvint après 21 ans de chicanes. Le 12 juin, les notables assembles devant le Lieutenant général , convaincus que les torts des ancicnsOfliciers municipaux n'étaient que dans les formes ,ct qu'aucune prévarication n'avait été commise , autorisèrent le Corps municipal à transiger avec le dénonciateur, moyennant Gooo livres, au moyen de quoi il consentit à prendre un expédient au Conseil qui prononça un hors de cour. Ce qui prouve parfaitement l'injustice de ses plaintes , c'est que les Officiers qui terminèrent le procès 11 étaient plus ceux
qu il avait dénonces , et que ni le Procureur gênerai , ni le Conseil ne se refusèrent à l'expédient,
III. 12 août , Arrêt du Conseil d'Etat, qui réunit à la communauté des habitans l'office de Receveur des deniers patrimoniaux récemment créé , et qu'exerçait provisoirement le Directeur des Âydcs , en payant 14,160 livres pour \st finance ; le même arrêt accorde aux habit ans le renouvellement de l'octroi de 3 deniers sur le pain mollet , afin de se libérer de cette dette.
IV. 8 septembre , M. Jacques Leprince est élu Maire, et M. Pelitfou Gouverneur du fait commun.
V. 22 septembre , chûte subite du cloeber de l'Eglise de Notre- Damc-la-d'bors , qui écrasa le Jubé. Bargedé avait vu ces deux monumens d'arebitecture , et rapporte qu'ils, étaient magnifiques.
VI. 7 novembre , à son audience de rentrée , le Bailliage reçoit M. Pierre Camus Trésorier général des finances en Bourgogne , en qualité de Grand- Bailly.
VII. Le 19 décembre, les Officiers municipaux nomment chirurgien du grand hôpital de la Madelainc et de celui de S.-Roch , en cas de contagion , le sieur Billecaut, à qui il est promis 5o livres par an , et , s'il y a contagion , un habit de camelot ; on l'autorise aussi à tenir boutique ouverte , comme les autres chirurgiens.
VIII. Les récoltes de l'année furent , à peu près, comme celles des trois années précédentes , fort au
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dessous des besoins du pays. On le voit dans une délibération prise le 3o décembre par une assemblée des Députes du Comté. Le Roi venait de créer des offices de Courtiers de vin , et de Greffiers des dépris des vins , à qui il était attribué, savoir : aux premiers cinq sols et, aux autres deux sols six deniers, sur chaque muid de vin récolte , ce qui formait un impôt énorme. Il fut arrêté qu'on formerait opposition à l'établissement de ces offices dans le Comté , comme destructifs de ses privilèges ; qu'on adresserait la réclamation au Roi , en priant sa dèbonairetè de considérer la misère cl la pauvreté du pays , qui est si grande que la diseie se prépare , quasi comme r année précédente. V. 1 628, n. vi.
I. 20 janvier, passage et séjour d'un Milour anglais , qui était conduit à Paris par M. de Bourbon ne, avec une suite de 180 personnes. Malgré la détresse de la ville , il fallut supporter cette dépense.
II. 20 février , les Officiers municipaux reçoivent deux lettres , l'une de la Reine-mère, qui les prévient que les Protcstans méditent des entreprises sur plusieurs villes , et leur recommande de faire bonne garde de la leur; l'autre de M. de Cormarin, qui leur fait la même recommandation , ajoutant : votre ville est une des plus importantes de ma charge. Le Roi et le Cardinal de Richelieu étaient alors occupés au siège de la Rochelle , dernier boulevard des Proiestans , et avaient avec eux la plus grande et la meilleure partie de l'armée. Pour le contraindre à diviser
ses forces , ceux des chefs des Protestans qui ne s'étaient pas renfermes dans La Rochelle t firent, en effet , des tentatives sur plusieurs villes de l'intérieur.
Au reçu de cet avis on reprit la garde de la ville t de nuit et de jour. On fit aussi des ponts en bascule aux portes du Temple , du Pont et de Chante-pinot.
III. 2 avril, une maladie contagieuse , suite ordinaire de la disette . se déclara dans la ville. Les Ofliciers municipaux firent ouvrir l'hôpital S.-Roch , et y envoyèrent Nicolas Lcmcrle en qualité de Commis adveniurier , aux gages de sept écus par mois , pour y soigner les pestiférés. On s'empressa de reconstruire la chapelle et la chambre des Religieuses de l'Hôtel Dieu, qui étaient tombées.
IV. 1 4 avril , arrêt de la Cour des Aydc s qui , sur les plaintes portées contre les Officiers de l'Election , les condamne en 3 24 livres d'aumône pour le pain des prisonniers, et en 4»00° l'vrcs de réparations civiles , leur ordonne de faire leurs chevauchées à leurs frais , et leur défend de prendre de plus grands droits que ceux fixés par TEdit de i Gi 4- Aujourd'hui, non-seulement de telles prévarications feraient destituer les coupables , mais des peines afflictives en seraient la juste punition.
V. 7 mai , on place à chacune des portes de la ville deux hommes chargés d examiner el reconnaître ceux qui entreront et sortiront ; empêcher rentrée aux gredins et gens inconnus , el à ceux quils connaîtront venir des lieux infectés.
Le 1 5 , la contagion faisant des progrès effrayans , les Officiers municipaux firent venir un sieur Roi ,
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chirurgien à Champignelles , passant pour avoir (pande expérience en la cure de ce mal, et Tadj oignirent au sieur Barbier. Le 6 août , il fut autorise à se retirer, l'hôpital n'ayant plus que des convalescens ; mais , au commencement de septembre , une nouvelle crise, plus meurtrière encore que la première, fil , en peu de jours , de nombreuses victimes. On ad joignit encore au sieur Barbier, un chirurgien de Bonny-sur-Loire , jouissant d'une grande réputation ; lequel succomba lui-même deux mois après. Enfin , les premiers froids de l'automne firent cesser cette calamité.
VI. 1 5 septembre , nouvelle assemblée des députes du Comte. Les démarches faites pour obtenir la révocation des offices des Courtiers avant ete' inutiles , les députes prirent le parti de les acheter , pour éviter les vexations auxquelles la population serait exposée; cet achat leur coûta i33,6oo livres , qu'ils empruntèrent , cl dont Auxcrre seul supporta la moitié.
1. L'armée qui , le 28 octobre, avait enfin soumis la Rochelle, devant y rester pendant l'hiver, le Roi résolut d'accorder aux soldats un habillement convenable , et d'y faire contribuer toutes les villes importantes. Celle d'Auxerre fut du nombre , et son contingent se trouva de 1 20 habillemens. Ils devaient être composes d une: jupe , servant de pourpoint en bure doublée de Ju~ iaine , avec un haut de chausse et des bas de même clojjc, et une paire de souliers. Les souliers coûtèrent 4° s°ls la paire , et le surplus de l'habillement
i4 livres i3 sols 4 deniers. Un des Echevins , le sieur Vincent , fut charge de les conduire à Nantes. Parti le 5 mars , il n'y arriva que le 22.