‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 20 sur 71 · IV. Même jour , ban de vendange pour le 8. Ni ji · texte numérisé non relu

IV. Même jour , ban de vendange pour le 8. Ni ji

1 CHAPITRC XIII ,

avant cette année , ni depuis , il n'est pas mémoire d'une vendange aussi hâtive dans l'Auxcrrois.

V. 8 septembre , assemblée des habitans , qui élurent pour Maire , M. Claude Girardin , Prévôt royal, et deux nouveaux Echevins. Cette élection fut attaquée par les gens du Roi du Bailliage , comme étant le produit de brigues et de cabales ; mais leur appel au Parlement n'eut pas de suite , et les nouveaux Magistrats restèrent en place.

VI. 1 3 octobre , le Maire et les Echevins sont informes que des gens de guerre , qui ne justifient d'aucune commission , se sont établis en grand nombre , et de leur autorité privée , dans les villages de la banlieue ; qu'ils forcent les habitans à leur fournir des vivres , et tout ce qui leur convient ; qu'il en résulte chaque jour vols , viols et meurtres. Un des Echevins , M. Àncelot , est envoyé à Dijon , conjurer M. de Bellegarde de prendre des mesures pour faire cesser ces désordres , auxquels les autorités du lieu ne peuvent pas remédier.

I. 2 mars , M. de Cormarin , Lieutenant général de la province , arrive sans s'être fait annoncer , et mande sur-le-champ , à l'hôtel de ville , le Maire et tous les membres du Corps municipal. 11 leur annonce que Monsieur , frère du Roi , s'est retiré de la Cour ; qu'il est t avec un grand nombre de Seigneurs , en rébellion ouverte; que s étant porté sur Orléans , il y est poursuivi par l'armée royale, coin-

mandée par le Roi en personne; qu'on sait que son projet est , s'il y est contraint , de se retirer par Auxerre , sur la Bourgogne , dont le Gouverneur, M. de Bellegardc , est secrètement dans son parti ; que si cela arrive , le Roi l'y suivra ; qu'il importe , en conséquence , que la ville se tienne soigneusement sur ses gardes , pour ne pas tomber sous la main du Prince rebelle , et retomber ensuite sous celle du monarque irrite'.

Cette nouvelle alarmante circula promptement, et, à l'instant même , sans convocation , toute la milice courut aux armes. Le Maire et les Echevins , craignant que le Prince n'eût dans la ville des agens secrets , ajoutèrent aux mesures ordinaires , dans les temps d'alarmes , de désigner pour chaque porte celui d'entre eux dont la demeure en était la plus rapprochée , le chargeant d'en surveiller la garde , et de s'en faire remettre la clé pendant la nuit.

Gaston , en effet , poursuivi dans l'Orléanais , se dirigea avec sa petite armée sur l'Auxcrrois ; mais prévenu probablement qu'à Auxerrc , il trouverait bonne garde , et une résistance qu'il ne pourrait pas vaincre , avant l'arrivée de l'armée du Roi , qui le suivait de près , il passa à Toucy , de là à Cravan , où il était le i5. Dès la veille, le Maire avait reçu une lettre du Roi , le prévenant que le i \ , il serait à Auxerrc. Aussitôt tout changea de face dans la ville : à l'effroi qu'inspiraient les préparatifs de défense , succéda la plus franche allégresse ; il ne s'agissait plus de fermer les portes à des séditieux, mais de les ouvrir au Souverain légitime; on no s'occupa donc

plus que des moyens de recevoir Louis XIII et son Ministre redoute' , d'une manière digne de la Majesté royale.

Le cérémonial adopte' dans cette circonstance solennelle va faire connaître les habitudes , les usages et les goûts de ce temps. D'abord, dans une assemblée gc'nërale , il fut arrête' que, sur les deniers communs , il serait pris la somme nc'cessairc pour être distribuée à la milice bourgeoise , afin qu'Officiers et Soldats fussent armes et habillés convenablement ;qua l'égard du Maire , des deux Gouverneurs et des douze Echevins , il leur serait fourni des habits neufs. On envoya ensuite à Sens deux Echevins , MM. de Frasncy et Regnard , chargés de présenter au Roi le respect des habitans , en le remerciant de l'honneur qu'il daignait leur faire.

Sur la plate forme de la porte S.-Simon , furent placés les huit plus gros canons pour être tirés au moment où le Monarque serait aperçu sur le sommet de la montagne S.-Simon. Cette même porte fut couverte de tapis de Turquie , sur lesquels étaient les armoiries du Roi , et au-dessous celles de la ville. Les barrières et le corps-de-garde furent ornés de Hères et de clinquans. Les mêmes préparatifs furent faits à la porte du pont , par laquelle le Roi devait sortir.

Quelques jours avant le Roi , un Maître des Requêtes , M. du Chatelet , vint inspecter les logis préparcs pour le Roi , au Palais épiscopal t et pour le Cardinal , à celui de l'Abbé de S. -Germain.

Enfin, le 21 mars, 2,000 hommes armés furent

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envoyés au bas de la montagne S.-Simon , attendre le Roi , avec défense expresse de tirer. En dehors de la porte , se placèrent toutes les autorités ; le Maire , les Gouverneurs et les Echcvins e'taient au milieu , tous ayant pour escorte la Compagnie des gardes de la ville. Au moment où la voiture du Roi s'arrêta , le Maire seul le harangua , et prenant, des mains d'un des Echevins , les des de la ville entourées d'écharpes bleues et jaunes , les présenta au Prince.

Les canons qui avaient annonce' son apparition sur la montagne , célébrèrent également son entrée dans la ville. A son passage , près de la croix de pierre , où était la maison du Maire , sur un théâtre enrichi de peintures et de tapisseries couvertes de fleurs , Us joueurs d instrumens saluèrent le Roi avec leurs cornets à bouquin et autres instrumens. L'arcade de l'horloge était revêtue de Hères, de clinquans et de fleurs de lys , avec les insignes du Roi , les armes de la ville et celles du Royaume , ornées des devises propres et convenables au sujet Près de l'hôtel de ville , sur un théâtre orné de peintures et de tapisseries, les musiciens, avec les voix humaines , étaient chargés de saluer instamment Sa Majesté, Sur la place de la Cathédrale on avait élevé deux théâtres respectifs ; sur l'un étaient les orgues portatives , pour en jouer avec les voix ; sur l'autre les joueurs d'épinettes et autres. Sur la place de l'Evèché , logis du Roi , étaient appendues son effigie et ses armes , avec les devises convenables.

Six mille bouteilles du vin le plus esquis qu'on avait pu trouver , furent présentées à Sa Majesté , aux Princes et Seigneurs les plus signalés de sa suite.

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Pendant les repas de la Cour , les musiciens firent des concerts de musique. Deux Echevins restèrent constamment au logis du l\oi pour recevoir ses ordres. Deux fontaines , Tune de vin rouge sur la place S.- Gcrmain , l'autre de vin blanc et clairet sur le perron de l'hôtel de ville , coulèrent pendant tout le jour.

Le Roi séjourna le 22 ; et le 23 il fut reconduit avec le même cérémonial que lors de son entrée , MM. Bouchera et Dufrasney se mirent à sa suite jusqu'à Noyers , où il coucha ; et ils y furent admis à lui présenter de nouveau les remercimens des habitans.

Louis XIII se porta de suite sur Dijon. A son approche , son frère fit sa retraite du côté du Bourbonnais. Mais le Roi fut informé que le Duc de Bellegarde lui avait donné asile dans son Château de Seurc. Aussitôt qu'il fut arrivé à Dijon , le 3o mars , il fit enregistrer , par le Parlement de cette ville , une déclaration dans laquelle le Duc de Bellegarde , et tous les autres Seigneurs , partisans de Monsieur , étaient déclarés criminels de lèzc-majesté. Quelques mois après , la Chambre du domaine établie temporairement à Troycs , prononça la confiscation de leurs biens.

II. 23 avril , MM. Girardin , Maire , et Jodon , Echevin , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 28.

III. 5 juin , arrêt du Parlement de Paris , qui réforme un jugement du Bailliage , par lequel M. Claude Leclcrc , Conseiller , et un Avocat , nouveaux Echovins , avaient été admis dans leur prétention , de

prendre , comme gradues , le pas sur les anciens Ëchevins qui ne Tétaient pas. La Communauté' des marchands , intéressée à combattre ce système , intervînt sur l'appel des sieurs Ragot , Fayot et Salle' , marchands et Echcvins. Le célèbre Avocat général Talon , fit observer que le Bailliage d'Auxerre , dont la prérogative mise en question était la propre cause , aurait du s'abstenir ; qu'au fond , c'était comme habitant qu'un individu était appelé aux fonctions municipales , et non à cause de son rang ; que , d'ailleurs, il était utile que le nouvel Echevin fût instruit, et conséquemment précédé par l'ancien. L'arrêt annula lejugcment duBailliage comme incompétemment rendu , ordonna que les nouveaux Echcvins prissent rang à la suite des anciens , et condamna aux dépens l'Avocat et le Conseiller. V. 1748, n. m.

IV. 10 juillet , le sieur Lebriois , fermier des droits d'Aydes dans le Comté , voulut faire inventorier les vins dans les caves des Bourgeois ; les Officiers municipaux s'y opposèrent , prétendant qu'il ne pouvait le faire que chez les cabaretiers ; que ce serait attenter aux privilèges des habitans que de les exercer , même lorsqu'ils vendaient en détail les vins de leur récolte. Le fermier n'insista pas.

V. 29 août , par suite de nouveaux ordres du Roi , transmis par le Lieutenant général de la province , la milice bourgeoise est remise en activité pour la garde de la ville , pendant le jour et la nuit. L'état de rébellion dans lequel Monsieur persistait, fit reprendre cette précaution dans toutes les villes un peu importantes.

VI. 19 septembre, M. de Souvré meurt à Paris, à l'âge de 35 ans. Très-ami des sciences , surtout de celles physiques et naturelles , et zele' protecteur de ceux qui les cultivaient , il fut soupçonne' par les ignorans de s'adonner à l'étude des secrets de l'alchimie , et sa mort ayant e'te' presque subite , on débita qu'il e'tait mort victime d'un accident. Ce qui est beaucoup plus certain , c'est que tous les écrits du temps le présentent comme un Prélat accompli. Son corps fut rapporté à Auxerre , et deux Echevins , MM. Boucherat et Jodon , furent envoyés au-devant jusqu'à Régennes. V. i632 , n. v.

Vil. Sur la fin de ce mois et pendant le suivant , en exécution des ordres du Lieutenant général de la province , les Officiers municipaux firent transporter à Noyers une partie des munitions de guerre mises à la garde de la ville , en 1 6?.g.

VI II. Depuis un an , la contagion qui désolait les pays environnant la ville , mais à trois et quatre lieues de distance , se rapprocha , et le 5 octobre elle se manifesta à S.-Bris. Aussitôt , sur la demande du Maire et des Echevins , le Lieutenant général rendit une ordonnance faisant défense aux habitans de cette petite ville de fréquenter Auxerre , et à ceux d'Auxerre de fréquenter S.-Bris. Elle portait encore que quanti les habitans de S.-Bris auraient besoin de vivres et de niédicamens , ils enverraient leurs missives , les présenteraient aux portiers au bout d'un bâton , et que les portiers les enverraient au Maire. Cette sévère ordonnance fut aussitôt publiée à son de trompe ,

tant à Auxerrc qu'à la porte de S. -Bris , sur laquelle elle fut affichée.

Une précaution aussi excessive n'empêcha pas la maladie de pénétrer dans la ville, et d'y faire des victimes , dès le 20 novembre. Aussitôt l'hôpital S.-Roch fut ouvert. Toutes les paroisses de la ville furent prévenues d'avoir à lui fournir 25 livres par semaine , suivant la répartition à faire entre elles , conformément aux anciens états. Denis Mignard , fils d'un marchand de la ville , fut chargé , comme chirurgien , de soigner les malades , moyennant 3o livres par mois , et un habit de camelot , à son entrée. V. 1 633 , n. iv.

I. i5 février, le Maire reçut deux lettres, l'une du Roi , portant que la ville eût à reconnaître le Prince de Condc en qualité de Gouverneur de la province , à la place du Duc de Bellegarde; la seconde du Prince , lui-même , exprimant son désir de contribuer au bonheur des habitans , et , pour cela , d'avoir dans la ville une maison où il pourrait résider, quand il le croirait convenable. Cette lettre était formulée à la fin par ces mots : Votre meilleur ami , Henri de Bourbon. On s'empressa de louer , pour cinq années , et moyennant 200 livres par an , la maison de l'Abbé Lemuet , Chanoine, à la charge , par lui , de la rendre digne de recevoir le Prince.

II. L'aqueduc de Yallan subsistait encore , mais en ruine. Les habitans conservaient l'espoir de le rétablir dans un moment prospère, qui s'éloignait tou-

jours , les dettes de la ville étant énormes , et les troubles civils , ainsi que les maladies contagieuses , y ajoutant chaque jour. Cependant le mal étant extrême , en attendant qu'on pût faire la dépense considérable de ce rétablissement, on se borna à chercher des sources plus rapprochées de la ville , et l'on crut que celles du vallon de Ste-Margueritc, près de la léproserie seraient suffisantes. On fit venir de Paris , le sieur de la Vrille , fontainier , qui , le 25 mars , présenta un projet d'exécution. Le 28 , il fut soumis à une assemblée générale. Mais les habitans apercevant une dépense très-supérieure à celle qu'on avait présumée , et un volume d'eau beaucoup moindre que celui qu'on avait espéré ; effrayés, surtout, de ce que les eaux n'arriveraient à la ville qu'après avoir servi aux lépreux , rejetèrent ce projet.

III. Dans les premiers jours du mois de mai , le Prince de Condé vint passer quelques jours à Auxerre ; le cérémonial de sa réception fut le même que celui pour M. de Cormarin , en 1 626. Il habita la maison qui lui était destinée. Pendant son séjour, et sous son inspection , les vingt canons et tout ce qui restait des munitions de guerre déposées à Auxcrre , furent remis au sieur de Chaumont , Commissaire d'artillerie , pour être conduits au siège de la Rochelle , qui n'était pas encore terminé.

IV. Au mois de juillet , une partie de l'armée qui devait surveiller celle de Monsieur , s'approcha d'Auxerre , venant de Champagne , et établit pendant quelques jours son camp près de Maligny. Le 1 6 , le Maire reçut une lettre du Maréchal de Camp de

Choubrcy , par laquelle il lui annonçait qu'il avait ordre de faire passer la rivière , près d'Auxcrrc , aux troupes qu'il commandait ; qu'elles n'entreraient pas dans la ville ; que lui et les autres Officiers supérieurs seulement y logeraient ; que le passage se ferait le lendemain 1 7 , et qu'il fallait tenir prêt le blé nécessaire pour lui fournir 1 ,5oo rations , dont il payerait la valeur , sur le prix moyen des trois derniers marchés de la ville. Ses ordres furent exécutés , et le passage se fit sans aucun désordre notable. Dans la campagne seulement t quelques chevaux furent enlevés aux paysans par les soldats ; mais le Maréchal chargea le Commissaire Labrèche de s'entendre avec le Maire et le Prévôt des Maréchaux , pour la recherche de ces chevaux , qui furent retrouvés et rendus à leurs maîtres.

V. i5 septembre , M. Dominique Séguier , fils de M. Jean Séguier, Lieutenant civil de Paris , nommé à TEvAché d'Auxcrrc , le 6 octobre de l'année précédente , en prit possession. Tout le Corps municipal avait été au-devant de lui jusqu'à Régcnncs.

1. Au mois de février, M. Charles de Loménie obtint des lettres patentes qui lui accordèrent , à perpétuité, le droit exclusif d'avoir , pour le transport des personnes , entre Paris et Auxerrc , deux bateaux ou coches par eau , sur la Seine et l'Yonne. Déjà celte concession lui avait été faite par un brevet du Roi , le 26 janvier 1620 , et il en avait fait régler les cou-

ditions par le Prévôt des marchands de Paris , le 21 mars 1622 , mais probablement il avait rencontre' des obstacles, qu'il n'avait pu faire lever que par ses lettres patentes. Elles furent l'origine du monopole qui enleva aux voituriers par eau de la ville , un des plus importans bénéfices qu'ils faisaient auparavant , et qu ils n'ont pas pu recouvrer depuis. V. i635, n. 1.

II. 25 septembre , M. Mclchior Duvoignc , Conseiller au Bailliage , est clu Maire.

III. 6 novembre , le Corps municipal députe le nouveau Maire , et M. Billard , Avocat , l'un des Ecbevins , aux Etats convoqués à Dijon pour le 24*

fl fut question dans cette assemblée des dettes dont toutes les villes de la province étaient surchargées , et de prendre des mesures pour les faire sortir de ce déplorable état qui empirait chaque jour. Auxerre était une de celles où ce mal était le plus grave. On arrêta d'en référer au Conseil du Roi. V. i635 , n. 11.

IV. 8 décembre , les désastreux effets de la contagion qui affligeait la ville depuis plus d'une année , ayant enfin cessé , le Corps municipal arrêta que les chirurgiens st les commis aventuriers de l'hôpital S.- Roch seraient congédiés.

I. 1 5 mai , nouvelles alarmes ; la contagion reparaît dans les pays environnans , on recourt aux mesures ordinaires, de fermer les portes pendant la nuit, et d'y mettre , pendant le jour , des gardes chargés

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d'en interdire l'entrée à toutes les personnes soupçonnées de venir des pays envahis par cette maladie ; et la ville en fut préservée.

II. Le nécrologe de la Cathédrale s'était tellement grossi d'anniversaires fondés par les anciens Evèques , les Comtes et les Comtesses d'Auxcrre , ainsi que par d'autres bienfaiteurs , que les Chanoines avaient à en célébrer pour tous les jours , et souvent plusieurs. Ne pouvant plus remplir ces obligations , sans que l'office canonial en souffrît, ils s'adressèrent au nouvelEvêque, M. Séguier , qui , par une ordonnance du 1 5 juillet, réduisit tous les anniversaires solennels à un seul par semaine , et les autres à une messe basse.

III. Le 21 octobre, on apprit que le Duc d'Orléans , réconcilié avec le Roi son frère , avait quitté la Flandre où il s'était réfugié , et était avec Louis Xlll , à S.-Gcrmain. A la nouvelle de cet événement inespéré , la joie fut si générale , que les Officiers municipaux firent tirer un feu d'artifice sur la rivière , sous les fenêtres du Palais épiscopal , où l'Evèque , M. Séguier , prenait part à l'allégresse des habitans.

TV. 1 o. novembre , le Prince de Condé adressa au Maire le signalement de plusieurs individus qui avaient voulu attenter aux jours du Roi , avec ordre de les arrêter s'ils étaient trouvés dans la ville. A l'instant même les signalemens furent remis aux postes qui occupaient les portes , et les Capitaines de la milice firent une perquisition générale , sans rencontrer nn seul des individus signalés.

I. i" janvier, départ du premier coche de M. de Loménic. Le retard qu'il mit à profiter des lettres patentes qui lui en donnaient le droit , et les conditions du premier bail qu'il en fit , prouvent qu'il ne parvint que difficilement à fonder cet établissement. Le bail fut consenti par lui , le 20 septembre 1 634 » pour neuf années , à Nicolas Falymard , voiturier par eau de Joigny , et Pierre Pignolet , aussi voiturier par eau d'Auxcrrc. H leur afferma son droit à la condition que l'un de ces coches partirait d'Auxcrre, tous les vendredis , à neuf heures pre'cises du matin , pour arriver à Paris le mercredi, à cinq heures du soir; et que l'autre partirait de Paris , tous les vendredis , à neuf heures du matin , pour arriver à Auxcrre , le jeudi suivant , à cinq heures du soir. Les fermiers s'obligèrent a tenir pendant les neuf années, deux bons bateaux ou coches pour voiturcr toutes personnes et marchandises de semaine en semaine , aux prix et conditions réglées par le Prévôt des marchands de Paris. Le prix de leur fermage fut fixé à 3oo livres par an , mais avec remise des six premières années , « en considéra- » tion des grandes sommes qu'ils seraient obligés » de dépenser pour avoir les deux bateaux , ainsi » que les chevaux , cables , cordages et équipages , » et de les faire voiturcr pleins ou vuides sans in- » termission.

II. 5 mars , lettres patentes du Roi qui ordonnent la vérification des dettes des villes de la province. En

éxecution de ces lettres , des Commissaires de Dijon vinrent à Auxerre , par ordre des Elus généraux , et constatèrent que l'arriére' de la ville s'élevait à 157,700 livres. V. i65o , n. Jii.

III. 18 juin, l'hôtel de ville n'était compose que d'une seule salle au rez de chaussée , en sorte que souvent les délibérations importantes étaient connues du public avant qu'on voulut l'en instruire ; on arrêta dans une assemblée générale, qu'il serait construit une seconde salle derrière la première , mais on fut oblige' d'ajourner cette dépense. V. 1 703 , n. ni.

IV. 22 juillet , une multitude de déserteurs de l'armée de la Lorraine, qui manquait de vivres, parcourut et pilla les environs ; ils inspirèrent de telles inquiétudes dans la ville, qu'on prit le parti de fermer toutes les portes à neuf heures du soir , pour n'être rouvertes que le lendemain matin à quatre heures , par l'Ecbevin désigné pour chacune d'elles et devant en garder les clés pendant la nuit.

Dans le même moment , sur le bruit que le Roi avait convoqué le ban et 1 arrière-ban , les Officiers municipaux firent publier et afficher une proclamation portant que tous les bahitans eussent , sans délai , à mettre leurs armes en èquipaige et ajustaige.

V. Dès le mois de décembre , la misère était si profonde dans toutes les classes , que , malgré l'énorme arriéré dans lequel la ville se trouvait , les habitans réunis en assemblée générale , arrêtèrent de demander au Roi , pour l'année suivante , la suppression de tous les octrois ; ce qui leur fut accordé par un arrêt du Conseil.

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VI. C'est dans cette année que l'Evèque , M. Scguier , mît à la place des Chanoines séculiers qui composaient l'Abbaye de S.-Pcre , des Chanoines réguliers de la Congrégation de Ste Geneviève.

I. 1 4 février , toute la milice bourgeoise , et soixante jeunes gens organises en cavalerie , allèrent jusqu'à Nangis , au-devant de M. le Duc d'Enguien. Les autorités le reçurent à la porte du pont , et le conduisirent à l'hôtel de M. le Prince de Condé son père , où le Maire , au nom des habitans t lui offrit quatre flambeaux d'argent massif, qui avaient coûté 58o livres. Le lendemain , à son départ pour Paris , il reçut les mêmes honneurs.

II. i o avril , le nombre des écoliers du Collège augmentant chaque année , et la petite Chapelle construite par TEvèque Amyot ne pouvant plus les contenir , les Jésuites se déterminèrent à en construire une nouvelle à leur frais ; ils demandèrent seulement que la ville leur fournît l'emplacement , par l'acquisition de plusieurs petites maisons continues au Collège. Leur demande fut soumise à une assemblée générale, qui l'accueillit favorablement. V. 1642, n. 11.

III. 17 avril , MM. Duvoigne , Maire , Thierriat , Echevin , et Goureau , Receveur , sont députés aux Etats convoqués à Dijon pour le 25.

IV. 7 août , dans une assemblée des habitans , plusieurs pères de famille demandèrent que les études du Collège fussent complétées par une chaire de phi-

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iosophic , annonçant que les Jésuites étaient disposés à re'duîre les gages du régent à 3oo livres. La proposition fut admise pour la rentrée prochaine des classes.

V. Dans le même mois , la ville eut à supporter le passage de 20,000 hommes de guerre. Ils faisaient partie de l'armée qui , sous les ordres du Prince de Condé , tenait Dôle assiégée. Mais les revers éprouvés par celle qui , commandée par le Roi en personne , était aux prises avec les Espagnols dans la Picardie , déterminèrent Louis XIII à faire venir ces troupes , à marches forcées. Tout -à- coup , le Maire reçut l'ordre de préparer 20,000 rations , ainsi que tous les bateaux nécessaires pour embarquer sur l'Yonne , et conduire à Paris , les hommes et leurs équipages.

Sur l'annonce que cette multitude allait , pendant vingt -quatre heures, inonder la ville et les environs, les Bernardines , qui habitaient encore les Iles , épouvantées des dangers auxquels elles y seraient exposées, cédèrent enfin aux instances de M. l'Evoque , qui , conformément aux dispositions du Concile de Trente , voulait qu'elles s'établissent dans la ville: elles s'y réfugièrent le 25 août , veille du jour où l'armée était attendue (1). En effet , le 26 , les 20,000

(1) Le a septembre suivant , elles achetèrent de M. Jean Bcrault de VerMy , un corps de logis et jardin appJe Dufort , assis en la paroisse de Nolre-Datne-lo-d '/tors , rue Sous-les-CordeUcr* , au coin de cette de S. -Simon , , moyennant 5,3oo lir. , par contrat passé devant Mérat , notaire ( Arert déparie m. ) CVst la maison qu'elles

hommes arrivèrent , commandes par le Marquis de Lambert ; toules les rations furent fournies , et le Jcndcmaiu 6i bateaux emmenèrent la troupe et ses équipages. Ce passage coûta à la ville 12,000 livres.

Cette dépense n'était pas payée , qu'une autre lui succéda. Pour rendre à l'armée du Prince devant Dôlc , une partie de ce qui lui avait été retiré , il fut autorise à faire sur la province une levée de 3, 000 hommes d'infanterie , et 5oo de cavalerie. Le contingent du Comté , dans cette levée , fut de 260 hommes , que les Officiers de l'Election furent chargés d'appeler par la voie du sort. 11 fallut aussi les armer , équiper , leur donner un chef pour les conduire à Dijon , et fournir leur solde pendant un mois. Ce détachement partit d'Auxerrc le 9 septembre , sous les ordres de M. de Ste-Pallaye. Peu de jours après , une seconde levée, de 25 chevau-légcrs, fut ordonnée sur le Comté. Un des Echevins , M. Louiset , Avocat , fut envoyé auprès du Prince , pour le conjurer de révoquer cet ordre , en considérant l'énormité des

ont habitée jusqu'en 1790. Leur église témoignait encore de l'empressement qu'elles avaient mis .1 e retirer dans cet endroit. 1.11e avait peu de ce qui caractérise à l'extérieur un temple catholique. C'était quatre chambres évidemment appropriées à la hile à leur nouvelle destination. L'histoire de celte maison est bisarre. Pendant 1 54 ans , elle avait renfermé des Religieuses. En 1793, le Comité révolutionnaire y établit son siège, et la prison île cens qu'il déclarait suspects. Aujourd'hui elle est occupée par la Grodarmrrie.

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depeuses que la ville venait de faire pour le passage de la colonne du Marquis de Lambert , ainsi que pour la dernière levée. Ces représentations furent inutiles ; seulement le Prince dispensa le Comte de fournir le contingent en hommes , mais il fallut payer 600 liv.

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