VI. 28 septembre , M. Duvoigne est re'e'lu Maire
VII. 21 octobre, au bruit qui courut que la ville allait avoir encore de nombreux passages de troupes , le desespoir du peuple fut extrême , et les Officiers municipaux , sachant que le Prince de Coude était à Mailly-lc-Châleau , y dépêchèrent M. Boucher , Avocat et Echcvin , pour le supplier de préserver la ville des grandes ruines dont elle était menacée : il promit de lui éviter ces passages , autant que les circonstances le lui permettraient. Mais bientôt celte crainte de recevoir des troupes protectrices , fit place à celle d'une invasion par l'armée ennemie. Aussitôt que le Duc de Lorraine et le Comte de Gallas , commandant les forces impériales , curent appris qu'une partie des troupes de la Franche -Comte eu avait etc* détachée , ils marchèrent sur cette province , et entrèrent en Bourgogne. Leur armée , forte de 3o,ooo hommes et 4o pièces de canon , prit Mircbeau et assiégea , en même temps , Dijon et S.-Jean-dc-Lôsnc. L'effroi se repandit bientôt dans toute la province , et jusqu'à Auxerre. La garde y fut reprise, avec le zèle qu'inspire l'approche d'un ennemi fort et victorieux. Cette ardeur se souftnt jusqu'au 29 ; mais ce jour , les Officiers de garde vinrent dire au Maire que , pendant ia nuit, des courriers extraordinaires avaient traverse
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la ville , en le» chargeant de le prévenir que l'armée du Comte de Galias avait été mise en de'route; qu'une moitié' s'était noyée , et que Vautre avait déserte. Us ajoutèrent que , sans doute , il ne mettrait plus la même rigueur au service que faisait la milice depuis cinq à six jours. Le Maire , se confiant , en effet , dans ce rapport , permit de diminuer le nombre des hommes de garde; mais il parait qu'à ce mot, qui circula rapidement , toute idée de danger s'éva» nouissant , la garde entière se licencia. Cependant , doux jours après , le Maire découvrit qu'il avait été la dupe d'une imposture imaginée pour faire cesser le service , qu'aucun courrier n'était passé , et qu'il n'y avait de vrai que la comédie Lien conçue et parfaitement jouée devant lui. Il fut , d'autant plus , piqué de cette mystification , qu'il sut qu'en se concertant à ce sujet , ses auteurs avaient tenu sur lui , et les autres personnes en place f des propos outrageans. Non-seulement il fit reprendre le service , mais il porta plainte , et un monitoire fut publié et fulminé. Mais je n'ai pu en découvrir les suites. Peut-être l'oublia-t-on , lorsqu'on reçut officiellement des nouvelles plus rassurantes encore que celles fabriquées pour duper le Maire.
Effectivement , les deux villes assiégées avaient assez long-temps résisté aux attaques des Lorrains et des Impériaux , pour que le Maréchal de Rantzaw , eût pu venir à leur secours , et contraint les ennemis à lever le siège le 3 novembre. Le Cardinal de ï*a Valette et le Duc de Wcimar les avaient ensuite poussés jusqu'au î\hin , et leur avaient fait périr environ 8,000
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hommes. Ces avantages furent chèrement payés par la province. Dès le 5 novembre , le Prince de Condé convoqua les Etats à Bcaunc ; Auxcrrc y députa MM. Bourgeois et Baujard , Echcvins , et, le 18 , rassemblée réunie chargea les Elus généraux de nourrir cette armée, qui était venue sauver la Bourgogne.
VIII. Depuis quelques jours , plusieurs personnes du peuple , mais en petit nombre , furent atteintes de la maladie qu'on avait l'habitude d'appeler indiféremment la contagion ou la peste. Au lieu d'ouvrir l'hôpital S.-Roch , ce qui aurait répandu la terreur dans la ville , on envoya ces malades au château des Choux , vieux château abandonné , dans la plaine de S.-Maricn , près de la rivière. Mais le 20 novembre , le sieur Berthier , Prévôt de la santé , vint réclamer du Corps municipal des mesures plus conformes à l'humanité , déclarant qu'envoyer des pestiférés dans cet endroit marécageux et malsain , c'était les condamner à une mort certaine ; il obtint qu'on ouvrît l'hôpital S.-Roch , et sur-le-champ les malades y furent transportés. V. i63y , n. m.
IX. 28 décembre , le feu de la guerre portait ses ravages si près de la ville, et les habitans se prêtaient si difficilement au service de la garde , que le Boi , ou plutôt le Cardinal Ministre , prit le parti d'investir des fonctions de Gouverneur , l'Evêque , M. Séguier, en le chargeant particulièrement de veiller à ce que la ville se maintint dans son devoir , avec injonction aux Officiers municipaux et aux habitans de lui obéir en tout ce qu'il leur commanderait.