X. Dans cette même année , les terrasses du jari
<:iîàpitrk XIII , din de l'Evèchédu coté de la rivière, furent agrandies, par 1 achat que fît l'Evcque de plusieurs maisons , et reconstruites p comme elles existent actuellement.
I. Dans le mois de janvier , le Prélat-Gouvcrneur ajouta aux précautions déjà prises pour la garde de la ville , Tordre aux mariniers de garer leurs bateaux sous les murs , de manière à ce qu'on ne put pas s'en servir pour franchir la rivière. S'étanl fait rendre compte par M. Marie, Gouverneur du fait commun , de l'état des fortifications , et apprenant que dans les murs des brèches nombreuses ouvraient aux malveillans des entrées faciles ; que les corps-dcgarde et lenr mobilier étaient dans un e'tat déplorable de ruine , il ordonna de réparer sur-le-champ ces dégradations , et à cet effet , d'imposer une levée de 4,ooo livres sur tous les habitons , sans avoir égard h aucun privilège. Enfin Jacques Cazard , nommé Commissaire des poudres et salpêtres , fut autorisé par lui à faire la recherche du salpêtre dans les caves des particuliers , à la condition que ses ouvriers ne s'y introduiraient qu'en présence d'im Echevin. Il l'autorisa aussi à établir sa fabrique de poudre dans une maison dépendante de l'Hôtel-Dieu , a la ebarge de vendre à l'administration municipale et aux habitons , la poudre en menus grains , 18 sols la livre , celle à canon, 16 sols; et de livrer à l'administration municipale tout ce qu'elle jugerait convenable de prendre sur les premières pondres fabriquées. Il lui fit avancer 100 livres.
La garde se faisant avec exactitude , les Capitaines et Sergens de la Compagnie de S. -Père réclamèrent l'ancien usage , en pareil cas , de réduire à moitié les cottes de taille de ceux qui faisaient le service. Les Echcvms reconnurent la justice de leur demande , et sur leur attestation que cela s'était fait dans les dernières guerres , les Officiers de l'Election l'ordonnèrent , en reportant , au marc la livre , la partie retranchée , Sur tous ceux qui , à cause de leur âge ou de leur fonctions , avaient été dispensés du service personnel.
II. Dans les premiers jours de mars , M. Girardin , Conseiller à la Prévôté , ancien Maire , et Echevin en exercice , ayant été à Paris pour ses affaires , y fut arrêté et emprisonné à la Conciergerie du Palais , à la requête des fermiers généraux , pour une somme de c),5oo livres qui leur était duc par la ville. M. Bourgeois , autre Echevin , arrivant aussi à Paris pour les intérêts des habitaits , y apprit cette fâcheuse aventure , et s'empressa de l'écrire au Maire , demandant qu'on lui envoyât des fonds pour faire rendre la liberté à son collègue. Il s en fallait de beaucoup que la caisse municipale eut la somme réclamée. Tout ce que put faire le Maire , fut d'assembler les habitans , de leur représenter les fimestcs conséquences de la suppression des octrois , qu'ils avaient demandée et obtenue en 1 635 , et tic les inviter à en solliciter de suite le rétablissement , sans quoi un Auxerrois ne pourrait plus mettre le pied sur le pavé de Paris, sans être exposé au sort de M. Girardin. Cette proposition ayant été adoptée , la délibération
1 36 CHAPITRE xni ,
fut aussitôt envoyée à M. Bourgeois , avec quarante feuillettes de vin , pour en faciliter l'accueil au Conseil. Le 3o mars , M. Bourgeois obtint en effet le rétablissement de l'octroi de 19,000 livres sur Ventrée des vins du pays à Paris ; en conséquence il emprunta du sieur Poule, la somme duc aux fermiers généraux , en lui assignant son remboursement sur les premiers produits de l'octroi , et M. Girardin put revenir chez lui , après un mois environ de captivité.
III. Sur la fin de ce mois , un ordre du Prince permit de cesser la garde de la ville. Le eboe des armées ne se faisait qu'au loin, et le sort des armes était plus heureux que durant Tannée précédente. Mais un autre fléau , la contagion , qui s'était manifestée en décembre , augmentait chaque jour ses ravages , au point qu'il fallut envoyer à l'hôpital S.-Roch un commis aventurier de plus pour soigner les malades , et deux Capucins pour les assister. Dans la ville , il fallut aussi augmenter le nombre des Chirurgiens. Un sieur Guynoux , fils d'un marchand de la ville , fut reçu avec gages de âo livres par mois, plus f habit de camelot ci boutique avec enseigne et bassins.
IV. Les créanciers de la ville poursuivaient les Officiers municipaux avec tant d'acharnement , et leurs poursuites étaient si inutiles , toutes les ressources étant épuisées , que , le 20 juillet , un arrcl du Conseil prononça une surséanec contre ces poursuites , pendant quatre ans.
V . Le rétablissement de l'octroi , que l'emprisonnement de M. Girardin avait occasionné, eut le malheureux effet de réveiller la haine des artisans et des
DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. iSj
vignerons , contre les Jésuites. Le 26 juillet , le Maire fut informe' par le Recteur , que plusieurs de ses confrères avaient été injuries et frappes. La plainte fut aussitôt transmise au Procureur du Roi , avec instante prière d'arrêter ces désordres par un exemple éclatant.
VI. Le 3o , le Prévôt de la santé ayant déclare au Corps municipal qu'il n'y avait plus un seul pestiféré , ni dans la ville , ni dans les faubourgs , l'hô* pital de S.-Roch fut ferme' , mais le 1 3 août , la maladie recommença si vivement dans les faubourgs , qu'on reprit les précautions habituelles pour arrêter la communication de leurs habitans avec ceux de la ville. V. n. x.
VII. 20 septembre , assemblée des habitans ; M. Tribolc' , Lieutenant criminel du Bailliage , y est élu Maire.
VIII. Peu de jours après, on apprit que, le 18 de ce mois , M. Seguier , ayant donne sa démission de PEvêché d'Auxcrrc , avait été' transféré à celui de Mcaux , et qu'en même temps , le Roi avait nommé , pour le remplacer à Auxerrc , M. Pierre de Broc , à la recommandation du Cardinal de Richelieu , dont il était maître de chambre. A cette nouvelle , qui semblait promettre à la ville un précieux protecteur auprès du Ministre tout-puissant , le Maire fut envoyé à Paris , présenter au nouvel Evcque les hommages des habitans. Le Chapitre de S.-Etienne n'osa pas déclarer le siège vacant , en attendant la promotion de M. de Broc par le S. Siège , sans le consentement de M. Seguier. Mais il le don-
t 38 CHAPITRE XIII ,
na , de lui-même , par une lettre fort gracieuse du 5 octobre. Au reçu de cette lettre , la régale fut ouverte ; et par reconnaissance du procède de M. Seguicr , le Chapitre confirma tous ses Officiers , nomma cinq Grands-Vicaires pour l'administration spirituelle, et deux Economes pour le temporel de l'Evechc. V. 1 64o , n. il.
IX. Comme on l'a vu en 1620, cent mille livres et plus avaient été levées sur le ressort du Bailliage , pour la reconstruction du Palais de Justice , et depuis 1622 que les travaux étaient achevés, aucun compte n'avait été rendu des sommes considérables qu'ils avaient absorbées. Mais cette année , MM. Chevalier, Lieutenant général , Thibaut et Leprincc , Conseillers, qui s'étaient particulièrement occupés de cette opération , furent traduits au Conseil , pour avoir à en rendre compte , et un arrêt par défaut ordonna qu'ils le rendraient dans le mois , à peine , par chacun d'eux , de payer 3, 000 livres , et d'y être contraints par les voies usitées pour les droits du Roi. Les actes de la procédure n'énonçaient pas à la requête de qui ces Magistrats étaient poursuivis ; ils crurent en conséquence pouvoir demander la nullité des poursuites , ou , au moins , qu'on leur fit connaître l'anonyme officieux auquel ils les devaient. Mais le Conseil ne leur en donna pas la satisfaction , et le 3 octobre , sur leur opposition , un second arrêt leur enjoignît d'exécuter le premier et de rendre leur compte devant M. de la Houssayc, l'un des Conseillers; ce qu'ils s'empressèrent de faire.