‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 24 sur 71 · VII. M. Jacques Boucher du Pavillon remplace · texte numérisé non relu

VII. M. Jacques Boucher du Pavillon remplace

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dans l'office de Prévôt , M. Claude Crirardin , qui est Lieutenant gênerai à la place de M. Chevalier.

I. Par suite des bons offices du Prince de Condé pour tirer la ville de rembarras où ses dettes l'avaient mise , le Conseil rendit deux arrêts : l'un prorogeant , pendant quatre ans , la surséance déjà prononcée contre ses créanciers ; l'autre rétablissant les anciens octrois , qui consistaient en deux deniers sur chaque livre de pain mollet , 3o sols sur l'entrée d'un bœuf, 20 sols pour une Tache , 5 sols pour un veau ou un mouton , 8 sols pour un porc , 3 livre* pour un baril de harengs , ou un cent de morues , 20 sols sur chaque bateau vide ou plein , du port de vingt muids, remontant la rivière , et pareille somme sur chaque muid de cendres passant dessus et dessous le pont. Le même arrêt autorisa la levée de 76,000 livres, uniquement destinées à liquider l'arriéré.

Les Officiers municipaux provoquèrent une assemblée générale , à laquelle furent appelés particulièrement ceux sur qui ces octrois devaient être perçus , savoir : les boulangers , les bouchers , les épiciers et les voituriers par eau. Us furent invités , ainsi que tous les autres habitans t à se résigner . et à exécuter tes arrêts , comme le seul moyen de libérer la ville , et par suite , d'y ramener la prospérité. H n'y eut pas la plus légère opposition ; en conséquence , la perception de ces droits ftit mise en ferme , et il y eut cinq adjudicataires.

Je ferai remarquer que le baH du droit sur les

s'éleva à 5,4oo livres par an , d'où il faut conclure qu'il passait à Àuxerre, chaque année , au moins 6,000 muids de cendres , tandis qu'aujourd'hui , il n'en passe pas un seul , circonstance qui fait apprécier les avantages que le flottage des hoîs en trains a procurés ; d'une part, aux propriétaires du Morvan , qui , auparavant , ne tiraient parti de leurs bois qu'en les convertissant en cendres, et de l'autre, aux hahitans de Paris, qui depuis, onttrouvé dans ces' bois leur chauffage et leurs cendres, (i)

IL 23 mai , les Officiers municipaux demandent à J Evoque une procession générale pour appaiser/Y/*d? Me» , les huberts, les limaces et les hannetons dévorant toutes les productions de la terre , et particulièrement les vignes , sans qu'on puisse parvenir à les détruire.

III. Quoique dans l'assemblée générale au sujet des octrois , il ne se fût élevé aucune contradiction , la ville en éprouva de graves lorsque la perception corn» mença. D'abord, les Syndics du Clergé prétendirent que les Ecclésiastiques ne pouvaient pas y être assujettis , sans porter atteinte à leurs immunités. H ne fut pas difficile , par la nature du droit et le texte de l'arrêt , de leur dessiller les yeux , et ils se désistèrent de leur opposition. Il en fut de même des voituriers par eau ; l'arrêt même les comprenait spécialement. Néanmoins , trente environ (2) se refusèrent

(1) Dés i»<7 , Hnoret lavait conçu; mais il Cillât plus d'an tiède pour applantr les difficulté* que celle heureuse idée rencontra.

fa; La délibération prise a ce sujet porle nue, quoique leur opposition soit en nom collectif, elle n'est l'œuvre que de ao ou 3o. Cettè locution suppose qu'un bien plus grand nombre gardait le «lence, et fait voir combien alors la marine était considérable.

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à payer le droit , quoiqu'un bien plus grand nombre ne fît pas de difficultés. Après une délibération motivée sur cette circonstance , comme sur les grandes considérations qui avaient déterminé le Conseil du Roi , et portant qu'ils seraient poursuivis , ils se soumirent. La résistance des marchands de cendres de Paris fut plus opiniâtre. Le 1 3 août » ils obtinrent du Conseil un arrêt sur requête qui les exemptait de l'octroi. Le 1 8 , ils le firent signifier au sieur Leroi , fermier du droit , et au Procureur du fait commun. Leroi dénonça ces poursuites aux Officiers municipaux , et 1rs traduisit au Bailliage , pour qu'ils eussent à le faire jouir ou à l'indemniser. Dans le même moment , un bateau chargé de cendres fut arrêté devant le pont par ses commis , pour refus du droit. 11 fallut donc soutenir deux procès ; l'un devant le Bailliage , contre le fermier , l'autre au Conseil , contre les marchands. Dès le 22 du même mois , le Conseil révoqua l'arrêt que les marchands avaient surpris , et les condamna aux dépens. Ce succès entraîna de plein droit la validité de la saisie du bateau , et le Bailliage la prononça.

Mais avec les bouchers , il ne suffit pas d'avoir raison ; réunis en assemblée de Communauté , ils dressèrent un projet de statuts pour l'exercice de leur profession , et en demandèrent l'homologation au Bailliage , en déclarant dans leur requête que , si on ne leur accordait pas tout ce qui était exprimé dans leur projet , ils cesseraient d'exercer la boucherie. Les Officiers municipaux intervinrent et consen-

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tîrcnl à l'homologation des statuts, avec trois clauses additionnelles : la première , qu'il serait permis à tous habitans , autres que les tavernicrs , cabarctiers et hôteliers , d'acheter de la chair dans les campagnes , même des bestiaux sur pied , pour leur consommation personnelle , et non pour les débiter , conformément aux privilc'gcs de la ville ; la seconde , que les bouchers exécuteraient sans fraude l'arrêt qui rétablissait l'octroi sur les bestiaux ; la troisième , que si un bouclier renonçait à son e'tat , il quitterait aussi la place qu'il tenait dans la boucherie , les maisons ainsi occupées n'ayant c'te' concédées par les Comtes d'Auxerre que pour y étaler et vendre chair ; et que le boucher qui se retirerait, ne pourrait ni directement ni indirectement se permettre de vendre chair ; ni s'associer avec ceux qui en vendraient. Le Bailliage reconnut légitimes ces clauses additionnelles , et elles furent ajoutées aux statuts. Cependant , le 8 septembre, l'adjudicataire s'ëtant présente' à la boucherie pour percevoir son droit , la plupart des bouchers se rc'voltcrcnt , et le chassèrent. Leur rébellion fut suivie de plainte , informat ion , décrets de prise de corps. Mais ce qui eut plus d'efficacité' sur les perturbateurs , ce fut l'action civile que dirigèrent les Officiers municipaux contre les plus solvables des bouchers devant le Bailliage ; pour qu'à dc'faut de perception du droit , ils fussent condamnes solidairement à en indemniser la ville et l'adjudicataire. Par-là , la coalition fut rompue ; ceux qui avaient à perdre se soumirent ; peu de jours après , ils amenèrent les autres à l'obéissance , et un jugement d'expe'dient , en les

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condamnant tous , termina cette lutte , qui , pendant quelques jours , avait mis le trouble dans la ville.

I. 27 janvier , on conçut des alarmes sur un grand nombre de gens de guerre réunis dans les environs , auxquels se joignirent les vauriens de la ville ; on re> douta des larcins ei des meurtres ; le Corps municipal , par ce motif, ordonna que les portes et les poternes fussent fermées depuis sept beures du soir jusqu'à six beures du matin , et que les cle's fussent , pendant la nuit , déposées cbez l'Ecbcvin le plus voisin de chacune des entrées.

II. Au printemps , les Jésuites commencèrent à construire leur nouvelle Eglise. V. 1646, n. iv.

III. 16 mars , MM. Fernier , Maire , et Bargcde , Ecbcvin , sont députes aux Etats convoques à Dijon pour le 25.

IV. 28 , arrivée d'un re'gimcnt suisse, qui , le lendemain , est embarque sur vingt bateaux , et conduit jusqu'à Villcneuvc-S.-Georges. Toutes les dépenses furent payées par M. de la Sourdière , Commissaire à la conduite.

V. Le Père André Boullanger , plus connu sous le nom de Petit Père André' , vint, sur l'invitation de l'Evôquc , prôcbcrle carême à la Cathédrale. Son genre burlesque eut bientôt scandalise l'auditoire. Entre autres pasquinades dont il assaisonna son premier sermon , il compara les quatre Pères de l'Eglise latine aux quatre Rois du jeu de cartes. S. Augustin , par

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sa grande charité , était le Roi de cœur ; S. Jérôme , par son style mordant , le Roi de pique ; S. Àmbroise , par les fleurs de son éloquence , le Roi de trèfle ; et S. Grégoire , par son peu d'élévation , le Roi de carreau. Les Chanoines ne le laissèrent pas achever, se retirèrent au Chapitre, et rédigèrent un procès* verbal, sur le vu duquel M. de Broc le renvoya.

VI. 10 mai, arrêt du Parlement entre les habitant et les administrateurs de l' hôpital des cent filles de Notre Dame de la Miséricorde de Paris , qui fait défense aux babitans de vendre leurs grains dans leurs greniers ; leur ordonne de ne les vendre qu'au marche , en payant à cet hôpital , le droit de minage. Il consistait dans le 4oe à prélever , soit en nature , soit en argent , sur tous les grains vendus dans la ville , durant Tannée , • à l'exception des quinze premiers Jours du carême , pendant lesquels ce minage était levé au profit de l'hôpital d'Auxerre. Les grains des Religieux de Ponligny en étaient seuls affranchis. Il avait anciennement appartenu au Président Antoine Séguier, qui lavait cédé à l'hôpital des cent filles. Les administrateurs de cette maison avaient prétendu exercer ce droit, même sur les grains vendus dans les greniers des Bourgeois. Ceux-ci , ne voyant dans cette interprétation du titre qu'une extension fiscale , avalent résisté. De là, un procès grave, terminé par l'arrêt. V. 1670 , n. m.

VIL 3i mai,. le Colonel Ridola, commandant 225 hommes d'infanterie , et 24 de cavalerie , devait , suivant l'ordre du Roi dont il était porteur , loger à S.Bris ; mais les habitans lui refusèrent obstinément

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rentrée de leur ville. Il vînt à Auxerre et demanda d'y être loge' , ainsi que sa troupe , promettant de payer toute sa dépense ; le Maire, sur le vu de Tordre du Roi , lui délivra des billets de logement , et l'on n'eut pas à s'en plaindre.

VIII. Les 1 8, 19 et 20 novembre, la ville eut encore à loger de nombreux détacbemens de l'armée qui avait fait le siège de Dôlc. Ils avaient été précédés par des bruits si effrayans sur leur indiscipline , que , pendant ces trois jours, la milice resta sous les armes, et fut ainsi placée : la Compagnie de S.-Loup à la porte S.-Simon ; celle de Notre-Dame-la-d'hors à la croix de pierre ; S.-Euscbe sous les piliers , tirant jusquà l'horloge ; S.- Regnobert sur la place de l'hôtel de ville ; S.- Pierre-cn-château au coin de la boucherie; S.-Mamert au coin du sieur Fayot , apothicaire , vers la rue du Grand-Renard ; S.-Pèlcrin devant l'Eglise ; et S.- Père à la porte du pont. Avec cette bonne contenance, il n'y eut pas le moindre désordre

IX. Dans les premiers jours de décembre , M. Fermer , Maire , fut député aux Etats convoqués extraordinairement à Dijon. En passant à Noyers , il y tomba malade, et mourut quelques jours après. Son corps fut rapporté à Auxerre.

X. 4 décembre , mort du Cardinal de Richelieu. M. de Broc , dont il avait été le bienfaiteur , fit célébrer pour lui , à la Cathédrale , un service magnifique , auquel il invita toutes les autorités.

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