o mars , arrêt du Conseil privé du Roi , qui
DIX -SEPTIÈME SIÈCLE. i6l
termine une grande partie des différends survenus entre les membres du Chapitre de S. -Etienne , depuis la conclusion capitulai rc du 29 octobre 1640 , au sujet de la bordure du camail. Dans l'état d'irritation où ce premier différend avait rais les esprits , il en naissait à chaque instant de nouveaux , sur les prérogatives du Doyen , des deux Archidiacres et des autres Dignitaires. Cette contradiction continue avait occasionne des scènes de violence, non -seulement dans le Chapitre , mais même dans l'Eglise. Pendant une délibération , Y Abbe'Housset et plusieurs autres s'étaient emparés du bureau , pour empêcher le Greffier d'écrire. Le 26 mai 1 642 , une conclusion capitulairc avait interdit au Doyen, Amyot, et à l'Archidiacre, Leclerc , l'entrée du Chapitre pendant trois mois. Quelques-uns des capitulans ayant protesté contre cette décision , la même interdiction pendant six mois avait été prononcée contre eux.
Le Conseil , par son arrêt , annula la sentence du Bailliage d'Auxerrc , au sujet de la bordure du camail , attendu que cette question de discipline ecclésiastique était hors de sa compétence , et renvoya Tappel de la sentence de l'Evêquc d'Auxerrc à la Primatic de Lyon , annula les conclusions capitulaires qui avaient interdit l'entrée du Chapitre à plusieurs de ses membres ; prononça sur les prérogatives des dignitaires, de manière à faire cesser les collisions; condamna l'Abbé Choin , pour le scandale par lui commis dans la Cathédrale , la veille de la Toussaint 1641 , en vingt livres d'aumonc ; prononça contre lu
l6a CHAPITRE XIII ,
et quatorze autres Chanoines la condamnation aux deux cinquièmes des dépens qui s'élevaient à 2,a5o livres. Ce ne fut que quelques années après que la Primatie de Lyon statua sur la bordure contestée ; la sentence de l'Evèque d'Auxcrrc fut confirmée , et le eamail resta sans bordure.
II. 3o avril , une colonie des Religieuses hospitalières de Bourges , de Tordre de S. Augustin , prend possession de l'hôpital de Ste-Marie-Madclcine. A la sollicitation du Corps municipal , M. l'Evèque , de Broc , les avaient demandées à l'Archevêque de Bourges. Les conditions de leur admission , concertées entre les trois autorités, furent qu'à l'égard du spirituel, elles resteraient sous la surveillance de l'Archevêque ; que l'administration du temporel continuerait d'être exercée par les administrateurs des Grandes-Charités ; que les anciennes Religieuses ne formeraient avec les nouvelles qu'une seule Communauté , dont la Supérieure serait élue par toutes les Religieuses réunies ; qu'elles prendraient soin de tous les pauvres malades que leur enverrait l'administration municipale , pourvu qu'ils ne /tissent entachés de lèpre , éc rouelles, maladie vénérienne , ou mal caduc ; qu'en cas de maladies contagieuses, elles desserviraient l'hôpital S.- Roch ; qu'au décès de chaque Religieuse , elle serait remplacée , mais de préférence par une fille de la ville , s'il s'en trouvait de capable. Le lendemain de cette prise de possession , les Religieuses procédèrent à l'élection de la Supérieure. Ce fut la sœur Pélagie de Laval , l'une des nouvelles. V. 1 645 , n. i.