‹ Histoire de la ville d'AuxerreChapitre 26 sur 71 · III. 16 mai, on apprend que Louis XIII, â^é · texte numérisé non relu

III. 16 mai, on apprend que Louis XIII, â^é

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seulement de 4^ ans , a succombé , le 1 4 , à la maladie de langueur , qui depuis long-temps faisait craindre cet événement. 11 laisse le tronc à un enfant de 4 2115 et demi , Louis XIV .

IV. 7 juin , service funèbre pour le Uoi. La ville fit tous les frais du catafalque et de la tenture entière de la Cathédrale; elle fournit aussi 84o cierges et 108 écussons aux armoiries de France.

V. 24 août , Te Deum pour la victoire de Rocroy , remportée sur l'armée espagnole , le \lY mai , cinq jours après la mort du Roi , par le Duc d'Lnguien , qui n'était encore que dans sa 22e année.

VL i3 septembre, assemblée des habitans; M. Claude Girardin , Lieutenant général du Bailliage , est élu Maire, et M. Gaspard Berault, Conseiller, Gouverneur du fait commun. Peu de jours après , le Corps municipal fit un règlement pour la surveillance de la ville. Depuis la mort du Cardinal de Richelieu , qui avait su comprimer les factions , et surtout depuis celle de Louis XIII, la paix publique était ébranlée. Les rênes du gouvernement étaient entre les mains d'Anne d'Autriche , mère du Uoi , à qui le Parlement avait déféré la régence du royaume, et la tutelle de son fils , sans restriction. Le Cardinal Mazarin , que le Roi , quelque temps avant sa mort , avait fait entrer au Conseil , s'emparait de toute la confiance de la Régente , au grand déplaisir de Monsieur , oncle du Roi , ainsi que des autres Princes et déjà le Duc de Beaufort , soupçonné d'avoir attenté à la vie du Cardinal , avait été enferme* it Tincennes. A Auxerre , comme flans Joute In France,

on se rappela les troubles civils du temps de la régence de Marie de Médicis ; et persuadé qu'ils allaient renaître , on crut devoir redoubler de précautions. 11 fut arrêté que les Officiers municipaux s'assembleraient tous les dimanches et les jeudis , indépendamment des convocations extraordinaires en cas d'urgence ; que chaque Echcvin , dans son quartier , inspecterait assidûment les murs , tours , portes et autres propriétés communes , pour avertir des réparations devenues nécessaires ; que s'il y avait sédition t il ferait , sur-le-champ , fermer les portes cl se rendrait à l'hôtel de ville ; que si elle avait lieu la nuit , il devrait , en outre , faire mettre des lumières aux fenêtres , et tendre les chaînes ; que dans ces deux cas , il devrait encore faire réunir les habitans près de leur Capitaine , leur faire prendre les armes , et former des corps-de-garde , partout où il le croirait convenable , pour éviter les surprises.

VU. ii novembre , audience solennelle du Bailliage , pour la réception de M. Georges Filsjean , Seigneur de Chcmilly , en qualité de Grand-Bailli.'

I. Dan* les premiers jours de mars , les Cordclicrs tinrent à Auxerre , dans le Couvent de leur ordre f un Chapitre provincial. La ville donna 200 livres pour les aider dans leurs dépenses. Le P. Edmc Vinot , Gardien d' Auxerre , fut élu Provincial.

D. Dans le même mois , passage et séjour du Cardinal Grimaldi. La Compagnie des garçons alla

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à une demi-lieue au-devant de lui sur la route de Dijon. A la porte du pont , il fut reçu par le Corps municipal , et conduit à son logis. A son départ , il reçut les mêmes honneurs.

III. Le 12 mai , au lever du soleil , tout espoir de récolte se trouva anéanti. Une gelée universelle n'épargnant aucune des productions de la terre , l'avait frappée d'une épouvantable stérilité. Ce désastre se fit d'autant plus vivement sentir qu'on venait de recevoir la nouvelle d'un subside extraordinaire de 6,600 livres. C'était le contingent de la ville dans le droit , fort improprement appelé en telle occurencc , de joyeux avènement , auquel l'avénement de Louis XTV au trône donnait ouverture.

Dans cet heureux temps de croyance , quels que fussent les maux , les peuples en trouvaient l'adoucissement dans la prière. A la vue du territoire totalement pétrifié , un vœu général s'éleva dans la ville , pour qu'une procession , aussi extraordinaire que le fléau , appaîsât Vire de Dieu. Ce vœu fut porté à M. de Broc , par le Corps municipal. Toutes les autorités civiles et religieuses se concertèrent , et l'on arrêta que la procession se ferait , en demandant particulièrement l'intercession des deux Saints les plus révérés dans le Diocèse , S. Germain et S. Edmc. Le 3i du même mois , en effet , TEvêque , le Clergé séculier et régulier , tous les Corps et la plus grande partie de la population , allèrent processionnellcmcnt et avec la châsse de S. Germain , que portaient les Bénédictins , jusqu'à l'Eglise de Pontigny , où la grand'messe fut célébrée. Probablement , pendant le surplus de

l6b CHAPITRE XIII ,

Tannée , la température a été plus favorable , et de nouveaux ensemencemens ont prospéré , car on ne voit pas dans les registres du Corps municipal qu'on ait eu recours aux mesures habituellement prises dans les temps de disette.

I. 8 janvier , M. de Broc , à qui l'Archevêque de Bourges venait de céder la surveillance spirituelle qu'il s'était réservée sur les Religieuses de l'Hôtcl- Dieu , fit avec le Corps municipal un nouveau règlement pour l'administration de cet hospice , à peu près semblable à celui de 1 643.

II. i3 avril , MM. Girardin, Maire, et Ancclot , Ecbevin , sont députés aux Etats convoques à Dijon pour le 3o.

III. 20 septembre , assemblée générale ; M. Philippe Leclerc , Seigneur du château du Bois , premier Président du Bailliage , est élu Maire.

IV. 2 novembre, le Corps municipal donne son consentement au rétablissement de l'Abbaye des Bénédictines , dans le faubourg S.-Martin-lès- S.- Julien. En 1 5go , comme on l'a vu dans le premier volume , p. S'jS , les Religieuses de cette Abbaye, dont les habitons avaient détruit le Monastère , s'étaient réfugiées à Charentenay; et depuis 55 ans elles ne s'étaient pas occupées de le reconstruire , malgré les invitations pressantes des trois Evôques qui avaient gouverné le Diocèse durant cette période. Elles prétendaient même n'être pas sujettes à leur juridiction , et leur avaient

refuse l'entrée de leur maison , où elles vivaient à leur gré. En 1 629 , M. de Souvré avait été obligé de les traduire au Conseil , qui , sans avoir égard à leur prétendu privilège , leur avait enjoint de le recevoir , mais elles avaient su éluder l'exécution de cette

décision. Enfin , M. de Broc , à force de patience et de bons procédés , parvint à se faire obéir. 11 intervint même entre lui et elles un acte qualifié de transaction , devant deux Notaires de Paris , le 1 5 juin i645 , par lequel elles reconnurent le droit de surveillance des Evêques d'Auxerre , s'obligèrent à reconstruire leur couvent dans le faubourg , et même à embrasser la réforme du Val-de-Grâce. V. 1 647 , n. v.

V. Pendant Luit ans , les créanciers de la ville avaient eu les mains liées par les arrêts de surséanec qu'elle avait obtenus, mais cette suspension avait cessé au mois de février ; et le désordre dans les affaires de la ville , malgré les octrois et la taille spéciale obtenus en 1641 , était toujours le même Les comme en 16^7 , n'osèrent plus mettre le de la ville, dans la crainte d'être emprisonnés pour des dettes qui, personnellement , leur étaient étrangères. Le sieur Lcprincc , Officier du Grenier à sel , étant allé à Paris pour ses affaires , y fut arrêté le 27 juillet , et ne fut remis en liberté que huit jours après , en payant de ses deniers. Le sieur Blaisot , marchand , eut le même sort le 8 décembre , et ne fut rendu à sa famille qu'après soixante-dix jours de captivité.

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